01/11/2008
Eve Ensler publie "Souvenir, monologue, pamphlet, prière" (parution 26.02.09)
Souvenir, monologue, pamphlet et prière
Eve Ensler et Mollie Doyle
ISBN : 978-2-7210-0585-4
Format 13.5 x 21 cm – Environ 200 pages – 18 €
Office 26/02/2009
Souvenir, monologue, pamphlet et prière est un recueil de textes sur les violences faites aux filles et aux femmes. À l’origine, ces textes ont été écrits pour être mis en scène à l’occasion du festival « Until the violence stops » organisé à New York en 2006.
Ils ont été sélectionnés par Eve Ensler, auteure des Monologues du vagin et fondatrice du mouvement V-Day, qui lutte contre les violences faites aux jeunes filles et aux femmes, et par Mollie Doyle, écrivain, directrice de publication et productrice de pièces de théâtre et d’émissions télévisées.
La plupart de ces textes ont été écrits par des auteurs reconnus et impliqués dans la lutte pour le respect des droits de l’homme et de la femme. Les expériences relatées couvrent un large spectre de sujets : Maya Angelou aborde le travail des femmes, Dave Eggers les enlèvements d’enfants au Soudan, Carol Gilligan la violence conjugale, Edward Albee le sadomasochisme.
L’originalité de ce recueil réside dans la diversité des genres et des styles d’écriture. Poèmes, lettres, conversations et pièces de théâtre se succèdent convoquant tour à tour indignation, tristesse ou désespoir. Une partie de l’œuvre est également consacrée au mouvement V-Day et aux différentes manières de s’impliquer dans la lutte contre les violences faites aux filles et aux femmes. Cette fondation fête cette année ces dix ans d’existence et de luttes à travers une série d’événements aux quatre coins du monde.

18:09 Publié dans Eve Ensler, Salon du livre 2009, Violences contre les femmes | Lien permanent | Commentaires (2)
"Tableau d'honneur" de Guillemette Andreu (parution 19.02.09)
Tableau d'honneur
Guillemette Andreu
ISBN : 9-782-7210-0596-0
Format 13.5 x 21 cm – Environ 100 pages – 13 €
Office 19/02/2009
« ״Voyons Lise, vous êtes intelligente, servez-vous en…״ On venait, par magie, de lui donner la clé d’un trésor. Lise se jeta dans la lumière, elle était intelligente, c’était la solution du problème, pour elle de tous les problèmes. Désormais, l’intelligence serait son arme, un refuge, sa fierté. D’autres enfants pouvaient avoir des robes, des souliers chers ; de bonnes dames lui faire l’aumône et la morale, certaines interdire à leurs filles de la fréquenter, ni l’humiliation ni l’injustice ne lui seraient plus jamais aussi amères. »
Lise, orpheline de mère, abandonnée de père, s’arrache peu à peu à l’enfance, à la tendresse d’une grand-mère meurtrie par la vie, aux amours adolescentes de Marthe, Lise et Antoinette, pour partir vers sa vie d’adulte.
Une enfance française est un roman d’apprentissage qui se situe au lendemain de la guerre de 14 avec, pour toile de fond, des familles en deuil et la misère urbaine du Nantes de l’après-guerre. C’est le roman de formation d’une fille courage, où les femmes affrontent le combat du vivre.
18:06 Publié dans Guillemette Andreu, Salon du livre 2009 | Lien permanent | Commentaires (0)
Maglione se souvient de sa première exposition à la Galerie Des femmes (1981)
Texte recopié du catalogue des trente ans des Editions Des femmes :11:17 Publié dans Création des femmes, Maglione | Lien permanent | Commentaires (0)
31/10/2008
Pour un Grenelle des Femmes
Communiqué du 31 octobre 2008
40 ans du MLF, suite
L’année 2008 se termine sur de forts contrastes. Deux exceptions distinguent la France : la double performance des femmes et la laïcité.
- Les femmes françaises sont les championnes européennes de la fécondité et de l’engagement professionnel : 80% des Françaises travaillent et font plus d’enfants que la moyenne européenne (2 par femme).
- Cette victoire est précaire puisque la situation économique et sociale est à la crise. Les femmes, représentant 80% des familles monoparentales, ayant les emplois les plus précaires, seront les premières victimes de la récession et de la dépression. Face à ce danger, la vigilance est nécessaire.
- Le Grenelle de l’environnement a exprimé une volonté politique pour l’écologie. Le premier environnement de l’être humain est le corps d’une femme. La place faite aux femmes dans la société doit en tenir compte. Population ressource, les femmes sont les actrices principales et forces dynamiques des processus de démocratisation. L’autre exception française, la laïcité - modernisée par l’intégration des droits des femmes - donne à ces processus toute leur dimension éthique. Pour conserver et améliorer nos acquis et arrêter les régressions qui nous menacent - du retour des femmes à la cuisine à leur retour à la religion - Antoinette Fouque, Présidente de l’Alliance des Femmes pour la Démocratie, propose une mobilisation nationale sous la forme d’un Grenelle des femmes.
Contact : Jacqueline Sag de l'Alliance des Femmes pour la Démocratie : alliance.des.femmes@orange.fr
ou Guilaine Depis, attachée de presse d’Antoinette Fouque (06.84.36.31.85)
13:44 Publié dans Antoinette Fouque, Violences contre les femmes | Lien permanent | Commentaires (0)
30/10/2008
Joël Schmidt, excellent lecteur des "Obscures" (Réforme, 30.10.08)
REFORME 30 oct/5 nov 08
EXORCISMES. Quatre romans qui font appel des ombres, des stérilités, des tromperies, des noirceurs, de l'identité perdue...
FIN DE MONDES ?
(...)
YASHAR, LA TCHERKESSE
Le roman de Chantal Chawaf, "Les Obscures", porte bien son titre, transportant la narratrice, Lise, abandonnée par son époux, d'origine turque, qui lui a laissé une fille, Yashar, au bord des eaux noires d'un lac quasi méphitique, issu de quelques mythologies nordiques, et au coeur d'une banlieue ténébreuse, hostile et dangereuse.
Dans ce climat de haines sournoises, Yashar, la Tcherkesse, la fille des steppes, semble se confondre peu à peu à la désolation des lieux, visqueux, marécageux, rebelle, violents, au bord d'une démence provocatrice, révoltée et sauvageonne qui est à l'avers absolu d'une lucidité trop éblouie. Lise développe dans une série d'hallucinations visionnaires, rêveuses et auditives, tout ce qui dans sa condition de femme a pu la heurter au point que le lac la renvoie à ses humeurs, à l'humide, aux secrets et à l'effroi du corps féminin.
De cette noirceur apparente jaillit par éclairs plus ou moins étendus un appel à une libération de Yashar, condamnée aux camisoles, alors que l'amour, la compréhension, la liberté, et non point l'enfermement, sont les seuls remèdes à cette femme et à sa mère de substitution pour échapper au monde totalitaire d'une banlieue tyrannique. En apposant et en opposant ces deux femmes à cet univers stérile, Chantal Chawaf joue le clair-obscur magistral d'une partition romanesque qui, dans sa symbolique et son emblématique, pétries par nos terreurs contemporaines, n'a, une fois encore, pas d'égale dans notre littérature. (...)
14:24 Publié dans Chantal Chawaf | Lien permanent | Commentaires (0)
Pépita Dupont fait "le jour où" d'Antoinette Fouque dans Paris Match !!
« Je rêve maintenant d’un Grenelle pour les femmes.. », dit Antoinette, photographiée ici en 1988.
PARIS MATCH du 01 Novembre 2008 - 12:09
Le jour où... le MLF est né dans un petit studio. Par Antoinette Fouque
Récit. J’étais heureuse dans ma vie d’épouse et de mère mais je me sentais transparente dans la vie publique. Le 1er octobre 1968, nous nous sommes réunies dans un appartement prêté par Marguerite Duras pour "vider notre sac"...
Le jour où... Propos recueillis par Pépita Dupont
Je suis une jeune intellectuelle de 31 ans, prof de lettres,en thèse avec Roland Barthes et j’écris un peu pour « La Quinzaine littéraire ». Mariée depuis neuf ans, je suis mère d’une petite Vincente, âgée de 4 ans, que j’ai désirée. Jusqu’à sa naissance, je croyais que nous étions égaux, filles et garçons, mais à l’occasion de cette grossesse je me suis aperçue que c’était moi qui avais fabriqué cette enfant. J’ai une santé fragile, et j’ai passé neuf mois à lutter contre l’angoisse. Celle de toutes les futures mères, car à l’époque il n’y avait pas d’échographie. J’ai accouché d’une très jolie petite fille mais je sais que si on met au monde un garçon, dans la culture méridionale à laquelle j’appartiens, on entre dans le patriarcat. On fait partie de la société du père et du fils, on est la Vierge Marie. Quand on met au monde une fille, c’est différent. Alors je m’interroge : « Qu’est-ce qu’une femme ? »
En janvier 1968, Josiane Chanel, une de mes amies, me présente Monique Wittig dans un bar de l’Odéon. C’est déjà un écrivain reconnu, elle a reçu en 1964 le prix Médicis pour « L’Opoponax ». Elle est en train de traduire « L’homme unidimensionnel » de Marcuse. Elle m’avoue qu’elle souffre terriblement de se sentir disqualifiée. Jamais elle n’apparaît sur les photos des auteurs du Nouveau Roman. Il n’y en a que pour les hommes. Monique me dit : « C’est pas possible, il faut qu’on se révolte. » Ça tombe bien, je suis d’accord. Nous partageons la même colère contre la misogynie ambiante.
Dans le milieu intellectuel que je fréquente, je me sens transparente. A la maison, j’ai un mari merveilleux, mais à l’extérieur je cherche ma vérité, dans la philo, la psychanalyse. Or Freud dit dans ses textes qu’à 30 ans une femme est vieille. Je me sens pourtant très jeune, très dynamique. Je veux comprendre pourquoi il n’y a pas de femmes sur les bancs de l’Assemblée nationale. Et puis 1968 arrive. Le 13 mai, avec Monique, Josiane et d’autres amies, nous créons un comité révolutionnaire d’action culturelle. Bulle Ogier, Danièle Delorme, Nathalie Sarraute, André Téchiné, Marguerite Duras, Michèle Moretti, Umberto Eco, Maurice Blanchot viennent nous soutenir. Il y a aussi Agnès Varda. Imaginez-vous qu’à l’époque elle était la seule femme cinéaste !
Le 1er octobre, jour de mon anniversaire, on se réunit dans un petit studio prêté par Marguerite Duras rue de Vaugirard. Nous sommes une trentaine de femmes de 16 à 33 ans. Chacune à tour de rôle prend la parole. Et apparaissent des choses qui ne peuvent se dire qu’en l’absence des hommes. Une avocate parle de sa mère qui a été battue par son père, une autre de son oncle, un photographe célèbre, qui l’a violée. Monique, elle, dénonce le culte de la virginité. Cela ressemble un peu aux « Monologues du vagin » avant l’heure. Par la parole, nous faisons tomber des tabous. Nous ne voulons plus avorter de manière sanglante, ni accoucher dans la douleur, faire des enfants que nous ne désirons pas, que l’on nous interdise d’entrer à Polytechnique, ou ceci ou cela. Il y a des rires, des larmes, une liberté d’adolescence.
C’est dans cette effervescence enivrante qu’est né le MLF. Au début, nous étions trois, puis on a été vingt. On nous traitait de folles mais, lorsque nous avons été des milliers, certains ont commencé à avoir peur et à se méfier. Evidemment, tous les hommes de cœur sont venus avec nous. La lutte que nous avons menée au MLF, je le dis, n’était pas contre nos compagnons, c’était une révolution des mœurs. Mon mari m’a toujours soutenue car pour lui cela allait de soi. Ma mère aussi venait à toutes nos manifs. Elle était analphabète.
Bio express
1936 Naissance le 1er octobre à Marseille.
1968 Cofondatrice avec Monique Wittig et Josiane Chanel du MLF. Animatrice du groupe Politique et Psychanalyse.
1973 Créatrice et fondatrice des éditions Des femmes.
1994 Députée européenne.
2008 Auteur de « Génération MLF. 1968-2008 », éditions Des femmes.
13:48 Publié dans Antoinette Fouque, Espace Des femmes, MLF (40ème anniversaire, octobre 1968 - 2008) | Lien permanent | Commentaires (0)