07.11.2009

Laurent Fialaix consacre un long papier à Fanny Ardant dans "Questions de femmes" (novembre 2009), saluant la sortie de ses livres audio inclus dans le coffret Marguerite Duras (coédition Des femmes-Antoinette Fouque & Montparnasse)

QUESTIONS DE FEMMES  (novembre 2009) salue la sortie du coffret Marguerite Duras, coédité par les éditions des femmes-Antoinette Fouque... et les éditions Montparnasse.... Et avec FANNY ARDANT !
A la Une Fanny Ardant
Itinéraire d'une enfant très gâtée
Trente-cinq ans de carrière, une filmographie exigeante, une discrétion qui confine au mystère, Fanny Ardant multiplie les casquettes. Mais qui se cache derrière l'icône ? Par Laurent Fialaix
 
durascoffret.gifD'elle, on voit, d'abord, la beauté, l'immense classe, la voix si profonde et frissonnante, ce talent singulier qui fait d'elle l'actrice unique qu'on suit depuis le milieu des années 70 quand on la découvrit à la télévision dans Les Dames de la côte. On salue sa légende aussi, depuis qu'elle partagea deux films, deux chefs d'oeuvre (La Femme d'à côté  et Vivement dimanche), avec François Truffaut.
D'elle, pourtant, on ne sait pas grand chose, que quelques informations glanées, ça et là, au cours de ses interviews. Fanny Ardant est une passionnée. Fanny Ardant est un brin sauvage. Fanny Ardant n'a pas peur du temps qui passe, mieux, elle le devance. Fanny Ardant est une grande timide qui ne cherche pas à alimenter son apparente froideur, juste une carapace. Et Fanny Ardant est plutôt fragile sous son masque de force et d'austérité... De fait, quand bien même elle joue dans une comédie comme Pédale douce, ce n'est pas sa drôlerie que l'on retient le plus, mais ce côté sombre que l'on devine et qui attire en même temps qu'il interroge. Il n'empêche qu'elle peut nous faire rire, la Fanny ! Comme dans cette scène inoubliable de 8 Femmes, de François Ozon, où son personnage fait subitement son coming out et s'en va rouler une pelle d'anthologie à Catherine Deneuve !
Forte de ses rôles si marquants, la star pourrait rester campée dans sa tour d'ivoire. Au contraire, au fil des années, elle se montre de plus en plus, prend des risques, se met en danger. Une artiste toujours sur le fil. Ainsi, en 2008, on la voyait au cinéma dans Hello Goodbye, de Graham Guit ; elle mettait en scène une opérette (Véronique) au Théâtre du Châtelet et, en toute discrétion, travaillait déjà à son premier film en tant que réalisatrice, Cendres et Sang, un long métrage torturé, sombre et intello, sorti il y a quelques semaines, et qui fut très diversement accueilli par la critique comme par le public. Peu importe, Fanny Ardant n'est pas de celles qui se laissent dépérir par un échec. Cet été, elle fut récitante dans un festival de musique classique aux côtés de Gérard Depardieu. Pour les Editions Des femmes, elle vient aussi d'enregistrer des textes de Marguerite Duras qu'elle joua plusieurs fois au théâtre. Enfin, côté conéma, avant de l'apercevoir dans le dernier long métrage de son ami Claude Berri, où elle fait une apparition (Trésor), c'est dans Visage qu'on la verra. Un film tourné au musée du Louvre par le Taïwanais Tsai Ming-liang qui s'est inspiré des collections du célèbre musée pour imaginer une comédie musicale. Fanny Ardant ne pouvait pas ne pas y participer. Le film, en réalité, est surtout un hommage à François Truffaut. Car comme dans La Nuit américaine, on y voit un tournage et son héros (Jean-Pierre Léaud, l'éternel Antoine Doinel). Et Nathalie Baye et Jeanne Moreau, deux des héroïnes de Truffaut, en font aussi partie. Ou comment rester fidèles à celui qui fit de nous une star...
Justement, sur ce point, nul besoin de s'inquiéter : quand Fanny aime, c'est pour toujours. Lors de la promotion de Cendres et Sang, elle ne s'en cachait pas : en plein tournage, elle a beaucoup pensé à l'ancien compagnon disparu il y a vingt-cinq ans. "J'aurais aimé le consulter. Pas pour les grandes décisions, mais pour des petites choses : une tenue ou une réplique. C'est dans la trivialité du quotidien que l'absence se fait le plus sentir."
 
fa.jpgProfonde, sincère, toujours au coeur de sa propre vérité, l'actrice ne compose pas. Entière, elle se protège, salue le bonheur d'avoir trois filles qui lui ont été providentielles ("Elles m'ont empêchée de faire des choses destructrices, elles m'ont obligée à me construire"), et se réfugie souvent dans une foi qu'elle revendique avec force : "Je le vis comme une conversation avec le monde des dieux, avec mon ange gardien. Je ne suis pas toujours en harmonie avec le monde visible, mais j'ai toujours été à l'aise avec le monde invisible. Je me sens protégée. Et j'aime dire merci, sans rien demander." Et si c'était cela le secret du mystère de Fanny Ardant ? Une vie finalement ailleurs, très loin de là où on l'imagine. A bien y réfléchir, Fanny Ardant n'est pas la femme d'à côté. Non, elle nous vient d'un autre temps que les moins de 250 ans ne peuvent pas connaître. Et c'est exactement pour ça qu'on l'aime. A la folie !
 
Un coffret DVD (et deux CD) Marguerite Duras, "Ecrire" et "La mort du jeune aviateur anglais" est disponible. Les deux films sont réalisés par Benoit Jacquot, et sur les 2 CD les textes de Duras sont lus par Fanny Ardant.
1949 : Fanny Ardant naît le 22 mars à Saumur d'un père officier de cavalerie. Elle passe une partie de son enfance à voyager et vit à Monaco
 
1974 : Elle fait ses débuts au théâtre dans Polyeucte de Corneille, mise en scène par Dominique Leverd qui lui donne, en 1975, sa première fille, Lumir
 
1981 : Après avoir tourné plusieurs téléfilms, et quelques films sans intérêt, elle rencontre François Truffaut qui lui offre l'un de ses rôles les plus forts dans La Femme d'à côté. Elle devient sa compagne
 
1983 : Fanny Ardant et François Truffaut sont les heureux parents de Joséphine. Sur scène, elle triomphe dans Mademoiselle Julie.
 
1984 : Elle tourne pour son compagnon dans Vivement dimanche, son dernier film. Truffaut meurt la même année
 
1985-1994 :  Elle tourne pour Costa-Gavras, Ettore Scola, Volker Schloendorff, Alain Resnais, avant de connaître un bref passage à vide au début des années 90. Là, elle n'apparaît que dans des films mineurs. Jusqu'au Colonel Chabert, un téléfilm diffusé en 1994 et qui donne un second souffle à sa carrière
 
1990 : Elle donne naissance à sa troisième fille, Baladine, dont le père est le cinéaste italien Fabio Conversi (producteur du récent Je l'aimais, de Zabou Breitman, et de Romanzo ciminale, et, par ailleurs, directeur photo de nombreux films comme Pédale douce ou Un indien dans la ville)
 
1996 : Pour la première fois, elle apparaît dans une comédie, Pédale douce. Une performance saluée par un triomphe public, et par un César de la meilleure actrice. Elle enchaîne avec un autre rôle marquant, dans Ridicule, de Patrice Leconte
 
1997 : Au théâtre, elle est une inoubliable Maria Callas dans Master Class, mis en scène par Roman Polanski. Un rôle qu'elle prolongera quatre ans plus tard avec le film Callas forever, de Franco Zeffirelli
 
2001 : Elle charme la France entière dans 8 Femmes, de François Ozon
 
2007 : Elle provoque un scandale en Italie. On lui reproche ses propos tenus dans une interview. Elle y parle de Renato Curcio, le fondateur des Brigades Rouges, comme d'un "héros". Peu de temps après, elle présente ses excuses : "Je comprends que des gens m'aient traitée d'idiote. Je ne leur donne pas tort. Je ne suis pas une politicienne, je n'ai pas d'expérience. Je ne suis qu'une actrice, une personne ordinaire." Son seul et unique faux-pas en trente-cinq ans de carrière.
 
2008 : Pour la première fois, elle passe à la mise en scène, pour l'opérette Véronique, au Théâtre du Châtelet
 
2009 : Elle réalise son premier film, Cendres et Sang.
 
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 ***
 
Nathalie Rheims, écrivain productrice. Elle publie Claude aux Ed. Léo Scheer un livre consacré au souvenir de Claude Berri, son compagnon, et évoque pour nous son amitié avec Fanny Ardant.
"Fanny, c'est la lumière, un diamant brut, couleur d'encre, la femme absolue, le rire le plus éclatant qu'il m'ait été donné d'entendre, la grâce dans chacun de ses gestes, une élégance unique, une présence hors du temps, la beauté, la simplicité, la gentillesse, avec ce mystère qui la tient à distance du monde, tout en restant attentive à ceux qui l'entourent."
 
Gérard Depardieu, acteur. Dans La Femme d'à côté, puis dans Nathalie, ils forment un couple mythique du cinéma français.
"Ce qui est bien avec Fanny, c'est qu'elle bouscule le bonheur !"
 
Marcel Hartmann
Le photographe Marcel Hartmann l'a rencontrée lors d'une séance photo pour le journal Le Monde. Il raconte :
"(...) Quand elle est entrée dans la pièce, elle a complètement envahi l'espace : elle a une présence affolante. A la fois calme et gracieuse, et d'une grande classe. Elle s'est assise sur le canapé, a posé son sac dessus, puis ses lunettes, et elle a croisé les jambes. Tout ce qu'il me restait à faire, c'était prendre la photo ! Donc, ça nous a pris une minute trente, pas plus..."
 
Anne Fontaine, cinéaste. Ensemble, elles ont tourné Nathalie, sorti en 2004.
"Elle n'est pas douée pour le réel. Pas du tout pragmatique, elle est dans l'effusion, le romanesque... Ce n'est pas une pose d'actrice, elle est ainsi au quotidien."

Sylvie Brunel dédicacera son livre, jeudi 12 novembre, à 19 h 30, à l'Espace Des femmes

Manuel de guérilla à l'usage des femmes - Sylvie Brunel

Rencontre-dédicace à l'Espace Des femmes-Antoinette Fouque

jeudi 12 novembre à 19 h 30. Venez nombreuses !

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" J'ai décidé d'écrire ce livre pour toutes les femmes qui connaissent la douleur infinie de voir se détourner celui avec lequel elles croyaient avoir bâti une vie.
Pour toutes mes consoeurs qui entrent dans la solitude à reculons et doivent se reconstruire. Je l'ai écrit parce que nous sommes des millions de femmes à mi-vie, maltraitées non par la nature mais par une société qui glorifie la jeunesse et encourage l'irresponsabilité des hommes. Celui qui a partagé ma vie pendant trente ans s'appelle Eric Besson. Transfuge politique et transfuge amoureux, il fut par tempérament l'homme des ruptures assumées.
Nous sommes désormais séparés. Aujourd'hui, nous, les femmes, devons relever la tête et prendre le mors aux dents. L'avenir nous appartient. Manuel de guérilla... "
S.B.
***

Actuellement professeur de géographie à la Sorbonne, Sylvie Brunel a passé de longues années au service de diverses ONG. Elle est, par ailleurs, l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages, essais ou romans. Mère de trois enfants, elle s'interroge ici sur la situation des femmes dans nos sociétés dites évoluées. Sylvie Brunel - Broché - Paru le : 14/10/2009 - Editeur : Grasset - ISBN : 978-2-246-75861-7 - EAN : 9782246758617

Nb. de pages : 277 pages - Poids : 265 g - Dimensions : 13cm x 20,5cm x 1,8cm

Le passionné Georges Bertin livre une profonde étude sur Chantal Chawaf dans l'excellente Revue Esprit Critique (été 2009)

  Un article de fond sur l'oeuvre de Chantal Chawaf, écrit par un grand professeur !

Revue Esprit Critique logo_esprit_critique.gif

 

été 2009 - volume 12 - numéro 2

 
 
Georges Bertin
Docteur en Sciences de l'éducation, HDR en sociologie, membre du Centre de Recherches sur l'Imaginaire (GRECO CRI),directeur de recherches en Sciences de l'Education à l'Université des Pays de Pau et de l'Adour. Georges Bertin est directeur de recherches au CNAM des Pays de la Loire où il anime un séminaire d'anthropologie de l'Imaginaire - il est également directeur exécutif des revues Esprit Critique et Herméneutiques sociales. Il écrit dans la Revue Internationale de sociologie et de sciences sociales.
 
 
 

chawaf.jpgChawaf Chantal,

Le corps et le verbe, la langue en sens inverse.

Paris, Presses de la Renaissance, coll. « Les essais », 1992, 295 p.

Compte rendu de lecture par Georges Bertin  

Les hasards d’un colloque mélusinien au Centre d’études et de civilisation médiévale de l’université de Poitiers nous ont fait découvrir un auteur qui a écrit un ouvrage important, nous semble-t-il, sur le lien entre l’écriture et la vie, sur la privation de langue vivante dont souffre notre époque. 

Écrivaine française contemporaine, Chantal Chawaf a produit plus de 25 romans, plusieurs essais, de nombreux articles, dans lesquels elle explore la féminité, les relations mère - fille, l’écriture féminine et les langages du corps.   

Le corps séparé  

Dans cet essai très dense, écrit en 1992 et qui n’a pas pris une ride, le propos de l’auteure est défini d’emblée : la séparation du corps et de l’esprit doit être rapportée à la privation de langue vivante dont les humains sont victimes. En effet,  

« Depuis l’aube du christianisme, l’être humain est abandonné en partie à lui-même, à une partie réprimée de lui-même ».  

Sa parole, sa voix, son corps sont momifiés, puisque le corps se trouve, en quelque sorte, court-circuité dans sa respiration, sa relation au monde, asservi qu’il est par deux mille ans de division, d’angoisse, de culpabilité, de reniement ; puisque, dans sa haine et sa peur du vivant, l’homme prend la vie pour la mort et la mort pour la vie. D’où encore le fait que nos identifications soient partielles, que notre intimité reste interdite, inconnue, baignant dans un climat de honte et d’inceste. Car  

« La vie fait peur dès lors que l’on ne s’autorise plus à la connaître ».  

Et de proposer un rapprochement de la langue de la vie avec son origine vécue, « dans un langage où le verbe et la chair s’unissent au réel de notre corps et non plus seulement de notre croyance ».Ce constat posé, l’auteur va tenter de nous faire changer de direction en prenant soin de la langue au moyen de la force amoureuse de la vie qui peut « traverser le mot jusqu’au foyer de sa lumière intérieure et, tout en l’illuminant, cicatriser la blessure de la séparation ».   

Les mythes  

Au service de ce projet de revitalisation collective – lequel a des effets tant sur l’intime que le social – Chantal Chawaf va explorer plusieurs mythes. Celui de la Genèse nous raconte comment la connaissance du corps fut interdite à l’humanité en même temps qu’elle la fondait, car « le besoin de connaître est transmis à l’homme par la femme » et notre destin consiste à sortir du paradis du fantasme et à passer de l’inconscient au conscient en le payant de sa souffrance. La Bible, dés le début du texte sacré, nous apprend notre réalité d’hommes et de femmes terrestres, nos limites humaines. Mais le christianisme « fit du corps un péché et de la femme celle par qui le péché arrive ».

Dans l’Évangile de Saint-Jean, on ne trouve plus la Femme (le corps qui précède le corps), mais seulement le Verbe qui précède le corps,  

« Puisque le corps existe avant de savoir qu’il existe… que la parole est divinisée au prix de la perte de son origine biologique humaine ».  

C’est là, pour notre auteure, que va naître, encouragé par l’Église médiévale, « un langage désincarné qui exilera du verbe le corps, et donc la femme, la mère organique », privant le verbe de son altérité. Il n’existera plus dès lors qu’un genre le masculin, et si le féminin subsiste, ce sera sous la forme d’une androgynie cachée.

Pourtant, il n’y avait rien de tel dans l’antique épopée de Gilgamesh, où, grâce à l’amour d’une femme, l’intelligence d’Enkidou s’éveille et qu’il devient entièrement humain, car  

« S’il y a quelque chose de biologique, c’est bien ce passage de l’homme par la femme ». 

C’est ce que détruit, pour Chawaf, la religion chrétienne, et son mythe cruel pour la vie humaine, dont rend bien compte le mythe courtois. Le conte de Perceval va ainsi produire un langage affectif pour exalter la femme. Mais demande l’auteure, quand elle est idéalisée, que reste-t-il de la femme ? Et l’aventure chevaleresque ne peut se vivre que loin d’une femme « dont seule l’image trop idéalisée sera proche du chevalier qui aimera une femme imaginaire ».

Pour le christianisme, le corps est fille de l’enfer et l’esprit fils de Dieu. Elle ne peut inviter à l’union du corps et de l’esprit cette religion qui dresse une partie de l’homme contre l’autre partie de lui-même, alors qu’il « est vital de restituer à la vie physiquement et même dangereusement humaine sa spiritualité charnelle ».

La parole divine, sacrée, est là opposée à la chaire profane, elle est fermeture à la vie, abstraction.

Reich ne disait pas autre chose, quand dans la Révolution sexuelle, il décrivait les mécanismes pathologiques de l’ascétisme et du refoulement sexuels dans les sociétés autoritaires [1].

Il faut tuer le corps pour vivre, c’est le message chrétien, car le passé doit triompher, il est l’ordre, il fait loi, il sacrifie le futur.   

La thèse de l’auteure est donc un projet de vie  

« qui voudrait que la chair et l’esprit ne fasse plus qu’un. Soit une union intérieure où le corps et l’esprit en s’unissant en chacun de nous puissent s’ouvrir à l’autre et à l’extérieur en nous rendant pleinement humains avec soi et avec l’autre, dans le respect de l’altérité et de l’intégrité »,  

et de convoquer à son service nombre d’exemples littéraires :

- Perceval le gallois où la Parole Mère est oubliée, quand le roman met en scène les limites de l’incommunicable,

- l’écriture contemporaine quand, de Sainte-Beuve ou Flaubert et Maupassant (Pierre et Jean) à l’Autoportrait en érection de Guillaume Fabert et à Paul-Loup Sulitzer (la femme pressée), un leitmotiv traverse nombre d’œuvres : rendre compte de l’aliénation du corps, aboutir à la possibilité pour le corps de parler sa propre langue sensorielle, « d’élaborer une symbolisation charnelle qui manque au langage symbolique », faire qu’idées et émotions ne s’annulent plus réciproquement. En d’autres termes, et dans un autre domaine c’est ce que les sociologues Michel Maffesoli ou François Laplantine appellent « Sociologie du sensible », et nous-mêmes avec Jacques Ardoino et René Barbier nommons la posture impliquée… laquelle ne peut faire l’économie d’une pédagogie du symbole ancrée sur le trajet anthropologique entre pulsions subjectives et intimations du milieu (Gilbert Durand). 

Á l’inverse sont également explorées, dans cet essai, les postures romanesques du corps étranger à la vie ou de la haine de soi, dans un monde où  

« la parole qui sort du corps ne sait plus y rentrer sauf pour devenir muette ».  La spiritualité elle-même est victime de cette vieille guerre des pouvoirs car « au pouvoir de la mère sur l’enfant succède et s’oppose plus tard, dans l’esprit, le pouvoir de la langue sur la mère ».  

Mais il n’est pas évident de revenir au monde natal pour passer à une langue mère non terrifiante, non menaçante, initiatrice… et la langue y tient une large part, « une langue aussi verbale que muqueuse ! »   

Les mots, le langage  

Suit alors un développement très intéressant sur le thème : d’où viennent les mots ? D’où vient la puissance de leurs sons ? Qu’est-ce qui communique dans la fusion de la voix et des mots ? Et Chantal Chawaf nous indique : le roman de la vie pour s’écrire doit être « un afflux de sang, de forces, de chaleur, une régénération verbale ». Ce n’est certes pas la langue des ordinateurs, des spots et des clashes qui y tendra, « dans la chute spirituelle rendue inexorable par l’asservissement médiatique ».

Elle en appelle, en littérature, au charnel symbolique, à une littérature qui supporte le malheur de l’être humain, pour réconcilier l’humain avec une partie de lui-même. Pour cela, pour se guérir de l’ingratitude, il doit écrire la vie dans sa réalité charnelle et non pas imaginaire, ce qu’elle nomme le charnel symbolique, quand les « origines langagières flottent dans le féminin des rondeurs maternelles du corps de la femme », langage des origines charnelles et affectives qui rappellent à l’homme « qu’il est autant concerné par la féminité que la femme » et ce « malgré la terreur qu’il manifeste de l’intérieur féminin ». Et ce langage charnel symbolique, pour progresser, doit d’abord surmonter les inconscients et faire entendre le féminin. Ce qui est désiré, ce n’est pas la chair, c’est le corps, c’est l’idée qu’on s’en fait, sauf à rendre proche mentalement cette chair par le langage verbal.

Ce que n’ont pas voulu ou réussi les troubadours, car, pour Chantal Chawaf :  

« La langue médiévale emprisonne la femme dans l’amour du mot […] volupté verbale et désincarnée dans de féeriques métamorphoses de la peur et de la haine et de la peur obsédante du corps réel ».  

Le langage courtois ne caresse pas, ne pénètre pas. C’est l’interdiction donnée au mot d’avoir une chair et une peau.

Il faut donc élaborer une langue qui entretienne un rapport avec le corps, ce langage des origines qui fait entendre la voix de la mère, qui s’approche de la maternité comme s’il était un peu une matrice de la langue où se formerait la vie symbolique.

Non pas sublimer qui nous rattache plus à l’imaginaire qu’au réel, mais traduire,  

« Copier la voix dans le souffle, dans l’écrit, ne pas être dupes de nos silences de nos idéalisations, de nos réticences et de nos pudeurs qui restreignent l’expression totale de la vie ».   

 

Médiation  

Et l’auteur de poursuivre par une apologie de la médiation (ce que nous-mêmes avec quelques autres appelons encore une pédagogie du symbole, une troisième voie), entre le corps et le langage, une langue à mi-chemin entre le langage et la chair, une langue qui n’a plus peur de l’angoisse, qui luttera contre ce qui provoque l’angoisse et que l’on préfère cacher, le caractère traumatisant de la vie. Il faut lutter contre le manque d’un langage symbolique originaire, celui qui a précédé le langage symbolique du père, le langage convenu, social, autorisé, un pré langage puisque la langue culturelle tue notre langue maternelle. On le voit bien, cette médiation est d’abord littéraire.

Et l’auteure de citer, dans ces pages très impliquées – et impliquant chaque lecteur – le travail littéraire de Régine Desforges, lequel justement s’appuie sur ce type d’émotions langagières car elle écrit à partir de ce corps intime, secret, inavoué, turbulent qu’elle partage avec le lecteur, et c’est sans doute ce qui le rend insupportable aux tenants de l’autre voie, celle de la parole divinisée au prix de la perte de son origine. Le superbe entretien que produit ici notre auteure avec cet écrivain met bien cela en lumière et nous vaut un témoignage éblouissant de sincérité de Régine Desforges sur sa propre vitalité, sur ses histoires d’amour, « celles dont on peut mourir ». Elle campe avec justesse la souffrance vécue, l’imaginaire obsessionnel, destructeur, de certains moments de crise et sur le fait qu’un amour peut disparaître avec le force du temps, en dépit de la peur panique qu’éprouvent ceux qui mettent un terme à leur histoire d’amour. Car  

« Aimer, c’est le grand dérangement le dérèglement, la possession, et encore la mystique du plaisir, l’extase, la confiance »…  

quand les hommes généreux, dit Desforges vous laissent libres,

« Quand le don de l’homme, c’est de permettre à la femme de s’exprimer et de faire plaisir et honneur à ce don ». 

C’est cela l’amour de la vie :  

« vivre ardemment, brûler la vie par les deux bouts, ne pas être économe, se gaspiller soi-même… ».  

C’est le pari d’un auteur « complètement physique » à l’encontre d’un monde où l’écart entre l’individu et le social est de plus en plus accentué.  

Suivent alors de pénétrantes analyses sur Freud et la guerre, la haine, la violence, la répression du régressif par le verbal, notamment dans le nazisme.

Á l’encontre de ces constats de haine omniprésents, et le nazisme en est l’épiphanie absolue, servis par un idéalisme récupéré, frelaté, l’auteure propose « d’incorporer le langage pour que le corps vécu et la langue de la vie ne fassent plus qu’un ». Car, à ne pas vivre nos corps, la haine peut revenir, sous d’autres formes et en d’autres lieux, hanter d’autres personnalités dénaturées, et corrompre d’autres foules...  

« La haine exclusive est une maladie tenace pour l’esprit […] quand le fantasme nous tient éloigné des problèmes de la réalité ».  

Il faut donc, et c’est à la littérature de le faire (nous ajoutons pour notre part les formes de l’expression artistiques, et encore les pédagogies initiatiques), « développer chez les individus, la culture de la vie sensible, la langue affective de l’amour et de la vie... » pour nous détourner du gouffre.

Chantal Chawaf prend ensuite plusieurs exemples dans la culture contemporaine, (les hippies, les rockers et leur mégalomanie infantile, certains romans policiers), quand nombre de formes du langage s’obstinent à s’occulter elles-mêmes jusqu’à ne plus être capables de faire face au malheur, à l’angoisse, toute une littérature bientôt remplacée par des pilules ou le bouton de télévision.

Chantal Chawaf nous montre ainsi que la parole du corps sacrifié est inefficace si cette rébellion charnelle se sépare du spirituel,  

« car l’humain est un tout et que quand ce tout est mutilé, un humain n’est plus humain »,  

la médiation doit donc surmonter l’ambivalence humaine, ne plus cliver la langue entre corps et esprit, sauf à satisfaire chez l’être humain une envie de tuer, à couper le vivant…

Pour réparer le processus destructeur, conclut-elle, il nous reste maintenant à travailler, à apprendre mot à mot le passé de notre corps. Soit former les noms sensoriels des éléments… porter à la lumière l’inscription primitive humaine et trouver chaleureusement son équivalent, sa trajectoire, spirituelle. Alors un nouveau langage percera nos replis intérieurs « comme le vagissement d’un nouveau né traverse la chair jusqu’au jour ».

Nous retrouvons bien ici la question de l’initiation, du trajet anthropologique, du passage du continu au discontinu, étudiée par Georges Bataille (1957) :  

« Nous sommes des êtres discontinus mais nous avons la nostalgie de la continuité perdue ».  

Nous supportons mal la situation qui nous rive à l’individualité de hasard, périssable, immergés que nous sommes dans la quête du sacré au début du troisième millénaire, laquelle est à la fois effort communautaire et exigence spirituelle.

Avec Chantal Chawaf, nous pouvons ajouter que ceci consiste, sur la base de l’expérience de nos sens, à agglutiner Le sens en le référant à des formes à la fois fixes et mouvantes, spiritualisées et en même temps soumises à l’altération. Elle implique, en même temps qu’elle nous implique, plasticité, pluralité des faits, doit contribuer et à l’ébullition sociale et à la perdurance des schèmes imaginaux dont Gilbert Durand a bien montré ce qu’ils devaient aux expériences corporelles fondamentales, « unis que nous sommes tous dans la vulnérabilité humaine, métaphysique... ».



[1] Bertin Georges, Un Imaginaire de la pulsation, lecture de Wilhelm Reich, Québec, Presses universitaires de Laval, 2003.

 

"Choses qui font battre le coeur" : Vernissage de l'exposition de Carole Bellaïche et Catherine Grive jeudi 19 novembre 2009, dès 18 h 30

B_mail.jpgAntoinette Fouque et les Éditions des femmes,

 

vous invitent au Vernissage de l’exposition de photographies de

 

 

 CAROLE BELLAICHE

  « SCENES D’ENFANTS »

 

 

tirées du livre Choses qui font battre le cœur de Catherine GRIVE

(Albin Michel Jeunesse)

 

 

Le jeudi 19 novembre 2009, à 18h30

35, rue Jacob 75006 Paris

Exposition ouverte du lundi au samedi de 10h à 19h jusqu’au 26 décembre 2009

 

 

Tirages réalisés par Mathilde et Pascal à l’atelier Publimod.

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Choses qui font battre le cœur  

Dans la vie, soudain, parfois le cœur s'emballe. Les photos/L'exposition de CB dresse(nt) l’inventaire des réalités qui peuvent toucher un enfant, une sorte d'inspection du coffret de ses émotions, plus ou moins gaies, plus ou moins tristes. Inspirée des Notes de chevet de Sei Shonagôn*, ces « choses qui font battre le cœur » – une quarantaine - sont comme une fenêtre donnant sur un décor intime de sensations, et tente ce projet, à la fois étrange et familier, de vouloir décrire le monde tel qu’il apparaît aux yeux d’un enfant. 

*Sei Shonagôn a vécu au XIe siècle. Dame d’honneur de la cour impériale du Japon,  au service d’une princesse de quinze ans, elle a rassemblé des notes « sur les évènements qui s’étaient déroulés devant mes yeux et sur les réflexions que j’avais faites en mon âme », en une œuvre considérée comme majeure de la littérature japonaise.

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Carole Bellaïche est née à Paris en 1964.

Dès l’âge de treize ans, elle s’intéresse à la photo en faisant poser des amies de son âge.

C’est grâce à sa rencontre avec Dominique Issermann, un an plus tard, qu’elle comprend qu’elle peut faire de sa passion, un métier. La photographe suit son travail avec fidélité/attention et lui présente bientôt ses premiers clients, acteurs pour la plupart, afin de réaliser leur presse book. Ils deviendront au fil du temps, une source d’inspiration infinie. Les regards et les attitudes qu’elle sait capter témoignent toujours d’une grande complicité.

En 1985, elle entreprend une série de portraits de personnalités du cinéma qu’elle emmène dans les musées parisiens. Ce sera sa première exposition personnelle chez Agathe Gaillard en 1989. Puis s’enchaineront d’autres expositions, dont plusieurs pour le mois de la photo : « Sur l’enfance » en 1992, « Cahiers et légendes du cinéma » en 1994, « Les amants «  en 1998. Suivront deux grandes rétrospectives, une au musée des Archives avec le mois de la photo en 2002, et l’autre au musée du Cinéma de Turin, « La collectionneuse », qui regroupe quinze ans de portraits pour les Cahiers du Cinéma, en 2007.

Aujourd’hui, le portrait est toujours au cœur de son travail. Tout en y mêlant ses décors, ses lumières, ses ambiances, elle s’attache à exprimer le mystère d’une impression, à débusquer un éclat de rire, un geste qui en dit long...

Le travail sur l’enfance présenté ici est réalisé avec ses propres enfants, à l’occasion du livre co-écrit avec Catherine Grive « Ces Choses qui font battre le cœur » (Albin Michel).

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CATHERINE GRIVE

Née à Toronto au Canada, Catherine Grive est arrivée en France à l’âge de quatre ans. Elle a débuté dans la publicité et notamment participé à la création de la première régie publicitaire de radios locales privées. Elle a ensuite vécu à Londres, où elle a enseigné le français à de riches et gourmandes Américaines soucieuses d’enrichir leur vocabulaire culinaire. De retour à Paris, elle est partie sur la trace d’une histoire familiale, un aïeul disparu dans les premiers jours de la guerre de 1914-1918, et à l’origine d’un Guide des Cimetières militaires en France aux éditions du Cherche Midi. Elle a ensuite publié Bon Anniversaire, chez le même éditeur, un ouvrage truffé d'informations biographiques ou historiques, de citations littéraires sur chacun des âges de la vie. Pendant sept ans, elle a produit des émissions sur France Culture sur des sujets aussi sensibles qu’étranges (le Goût du Noir, la Peur du Vide, les Retrouvailles, les Salles d’attente…). Aujourd’hui, elle qui déteste voyager, traduit des ouvrages touristiques. Elle rédige aussi des beaux livres sur le patrimoine national, ainsi que des biographies familiales. Enfin, et pour son plus grand bonheur, elle écrit des livres pour enfants, poétiques et légèrement loufoques, pour différentes maisons d’édition, Gallimard, Albin Michel, le Rouergue…

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 Exposition ouverte du lundi au samedi de 10h à 19h jusqu’au 26 décembre 2009

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Des mots pour agir (sous la direction de EVE ENSLER) : sortie le 13 novembre 2009 - CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES

IMPORTANT : Vous êtes invité(e)s à UNE SOIREE MILITANTE ET EXCEPTIONNELLE DE LANCEMENT

DU LIVRE "DES MOTS POUR AGIR" LUNDI 23 NOVEMBRE THEÂTRE MICHEL (38 rue des Mathurins, 75008 Paris)

- Des précisions notamment d'horaires arrivent... Me téléphoner au 06.84.36.31.85 si l'impatience de les connaître se fait trop grande -

A paraître le 13 novembre 2009 aux éditions Des femmes-Antoinette Fouque

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 Des mots pour agir contre les violences faites aux femmes

Souvenirs, Monologues, Pamphlets et Prières

sous le direction de EVE ENSLER et Mollie Doyle

Traduit de l'américain par Samia Touhami / Première édition : 2007 par Villard Books/The random House Publishing Group - New York - ISBN : 978-2-7210-0585-4 - Format 13,5 x 21 cm, environ 280 pages, 18€

Préfaces de Rama Yade et Nicole Ameline

Postfaces de Jane Fonda et Antoinette Fouque

Parler de l’inexprimé. Parler de ce qui a déjà été exprimé d’une façon nouvelle et viable, parler de la souffrance, de la faim. Parler. Parler des violences faites aux femmes, parce que c’est un problème qui est au coeur même de notre monde et dont on ne parle pourtant toujours pas, qu’on ne voit pas, auquel on ne donne pas de poids ou de sens. Pour que les mots brisent l’engourdissement et la négation, la dissociation et la distance, les mensonges." EVE ENSLER 

Ensler_couv_dos[1].JPGEve Ensler, poète, comédienne, scénariste, consacre sa vie à la lutte contre les violences faites aux femmes. Elle est l’auteure de Les Monologues du vagin, une pièce militante jouée dans plus de 130 pays. Elle est aussi à l’initiative du mouvement et de la fondation V-Day qui soutiennent, partout dans le monde, l’action des femmes contre les violences.

Avec Mollie Doyle, auteure, productrice de pièces de théâtre et d’émissions télévisées, elle a sollicité une cinquantaine d’écrivains américains pour composer ce recueil. Leurs textes ont été mis en scène à l'occasion du festival Jusqu’à ce que cesse la violence (New York, 2006). Parmi ces auteurs, pour la plupart impliqués, selon des modalités très diverses, dans la lutte pour le respect des droits de l’homme et des droits des femmes, on peut citer Alice Walker, Edward Albee, Robin Morgan, Jody Williams

Ce recueil réunit des textes d'une cinquantaine d'auteurs américains, auxquels sont venus s'ajouter pour la version française des inédits de Nicole Ameline, Antoinette Fouque, Taslima Nasreen...

 

04.11.2009

Sylvie Bourgeois, lundi 30 novembre, à 18h30

Lundi 30 novembre, à 18 h 30, Antoinette Fouque fête Sylvie Bourgeois.

***

Invitation à sa dédicace de Brèves enfances agrémentée de lectures

***

à l'Espace Des femmes, 35 rue Jacob, 75006 Paris

Sylvie Bourgeois Brèves enfances  

34 enfants se racontent

34 regards drôles et cruels sur les adultes que nous sommes

 

Tous les personnages de ces 34 nouvelles sont des enfants entre 7 et 11 ans qui racontent leurs préoccupations, qu’ils soient enfant de curé ou de couple homo, enfant témoin des trahisons ordinaires du couple, enfant de famille décomposée ou recomposée ou enfant des démissions ordinaires, on ne peut rien leur cacher, même du plus sordide, et pourtant ils gardent en eux leur simplicité et leur sagacité, et aussi leur immense capacité d’indulgence et d’amour.

 

Sylvie Bourgeois tisse avec une douceur et une habileté remarquable le portrait en creux de ces enfances écourtées par une maturité acquise trop vite au spectacle intime du monde des adultes, de ses pieux mensonges et de ses arrangements secrets ordinaires. En écrivant toutes ses nouvelles au “je” Sylvie Bourgeois a su retranscrire la musicalité de la tonalité de l’enfance.

« Mon papa est curé. Tout le monde le sait, mais personne ne le dit. Je suis dans une école privée que le diocèse a payé. Je le sais. C’est comme ça que sont élevés les enfants des curés. Il paraît qu’on est nombreux à attendre que notre père change de métier. Moi je voudrais qu’il soit pompier. C’est peut-être dangereux comme métier, mais au moins j’aurais un papa. Quand mes copains me demandent comment s’appelle mon père, je dois répondre que je n’en ai pas. C’est dur de dire que je n’ai pas de papa alors que quand même tous les soirs, j’embrasse le curé de la paroisse. »

 

 

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Sylvie Bourgeois

a publié son premier roman Lettres à un Monsieur en 2003 aux éditions Blanche. L’année suivante paraît chez Fayard son deuxième ouvrage, L’amour libre. Elle est également l’auteur de plusieurs nouvelles (La Gloire de l’amour. J’aime mon mari… ). Elle a co-écrit, plusieurs scénarios avec son mari Philippe Harel, ou Edouard Waintrop et Eric Assous dont le plus connu est Les Randonneurs à Saint-Tropez.  

 

Romancière. Scénariste 

(pour la découvrir, lisez Basquiat en cliquant sur le lien titre.)

 

LIVRES

Lettres à un monsieur Editions Blanche. 2003

L’Amour libre Fayard. 2004

Brèves enfances Au diable vauvert. 8 octobre 2009

 

NOUVELLES

La gloire de l’amour Recueil collectif. Aime-moi encore.

Editions Nicolas Philippe. 2004

J’aime mon mari Recueil collectif. Extases de Femmes.

Editions Blanche. 2006

Bernard Recueil collectif. Doudou.

Editions Anabet. 2006

Basquiat Recueil collectif. Bordel. Basquiat.

Editions Stéphane Million. 2008

Un imposteur Recueil collectif. Bordel. Imposteur.

Editions Stéphane Million. 2009

Amour, Culture et Politique Recueil collectif. Bordel. Rat Pack.

Editions Stéphane Million. 8 octobre 2009

 

 

SCENARIOS

Les randonneurs à Saint-Tropez co-scénariste

réalisé par Philippe Harel

sortie en salles en avril 2008

Une vie française co-scénariste

(d’après le roman éponyme de Jean-Paul Dubois

Un homme inconsolable co-scénariste

(d’après le roman Une année sous silence de Jean-Paul Dubois)

Mémoires de mai co-scénariste

documentaire réalisé par Philippe Harel

diffusion sur Canal+ en mai 2008

La Faute co-scénariste.

Productions Les films de la Baleine/SND

 

Paru le 8 octobre 2009 au Diable Vauvert - Nouvelles -  224 pages – 17 €

ISBN 978-2-84626-209-5 - VAU 1968 - Diffusion CDE-SODIS

 

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03.11.2009

Antoinette Fouque : un nouveau livre, vendredi 13 novembre 2009, chez Bourin-Editeur

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Fouque

 

 

 

Entretiens avec Christophe Bourseiller

Collection Qui êtes-vous ?

 

En librairie

 

 

 

 

le 13 novembre 2009

Genre : Entretiens    Nombre de pages : 160

ISBN : 9782849411469 Code article : 724 548.2

Format : 140 x 216   Prix : 19 €

 

Le Livre :

 

Cofondatrice du Mouvement de Libération des Femmes, pionnière d’un certain « féminisme », Antoinette Fouque est aujourd’hui une théoricienne inclassable. On sait que le mouvement des femmes se divise depuis l’origine en deux branches. La première privilégie le social et milite pour les droits des femmes. La seconde est plus philosophique. Elle s’interroge : qu’est-ce qu’une femme ? C’est tout le travail d’Antoinette Fouque.  En quoi consiste l’être-femme ? Très critique à l’égard du féminisme, Antoinette Fouque place notamment la maternité au cœur de la féminité et en tire toutes les conséquences même les plus anticonformistes.

Un ouvrage court et synthétique. Plus qu’une introduction à Antoinette Fouque, ce livre est un témoignage unique sur la pensée et le parcours d’une des plus importantes militante et intellectuelle d’aujourd’hui.

 

Derniers ouvrages publiés par Antoinette Fouque : Génération MLF, 1968-2008 (Editions des femmes, 2008), Penser avec Antoinette Fouque, ouvrage collectif (Editions des femmes, 2008).

 

 

La Collection Qui êtes-vous ?

A quoi bon des penseurs, en un temps de détresse ? On est tenté de paraphraser Hölderlin : "A quoi bon des poètes, en un temps de détresse ?" Tandis que les ténors pérorent sous les sunlights, certains avancent pourtant des idées nouvelles, émettent des concepts, cherchent, défrichent. Cette collection Qui êtes-vous ?  a pour objet de faire connaître des penseurs, des oeuvres, qui, aujourd'hui, se positionnent dans l’inclassable.  Les faire connaître, c'est-à-dire dialoguer avec eux, partir à la rencontre de leur pensée, en un ouvrage permettant de les faire découvrir. Le choix des auteurs n’à évidemment rien de fortuit .Chaque ouvrage de cette collection pourrait ainsi constituer la pièce d'un puzzle. Les deux premiers volumes sont consacrés à Antoinette Fouque (novembre 2009) et Michel Maffesoli (février 2010).

 

Ecrivain, comédien, journaliste, Christophe Bourseiller a publié une quarantaine de livres dont Les Maoïstes (1996), Vie et mort de Guy Debord (1999, Les Forcenés du désir (2000), Histoire générale de l'ultra-gauche (2003) et  Génération Chaos (2008).

 

 

Contact presse : Isabelle Mazzaschi 01 40 13 87 74 (LD) 

06 14 32 95 09  /  01 53 05 99 59 (Std)

imazza@bourin-editeur.fr

 

01.11.2009

Marina Da Silva revient sur Kateb Yacine dans Le Monde Diplomatique de Novembre 2009 (auteur aux éditions Des femmes-Antoinette Fouque)

kateb-yacine2.jpgMarina Da Silva signe un dossier Kateb Yacine dans Le Monde Diplomatique de Novembre 2009

Des mots qui pratiquent des brèches

Kateb Yacine, l’éternel perturbateur

Mort il y a vingt ans, l’écrivain Kateb Yacine connaît toujours une popularité certaine en Algérie, où un colloque international vient de lui être consacré. En France, les hommages n’ont guère été médiatisés. Ce «poète en trois langues», selon le titre du film que Stéphane Gatti lui a consacré, demeure un symbole de la révolte contre toutes les formes d’injustice, et l’emblème d’une conscience insoumise, déterminée à rêver, penser et agir debout.

«Le vrai poète, même dans un courant progressiste, doit manifester ses désaccords. S’il ne s’exprime pas pleinement, il étouffe. Telle est sa fonction. Il fait sa révolution à l’intérieur de la révolution politique ; il est, au sein de la perturbation, l’éternel perturbateur. Son drame, c’est d’être mis au service d’une lutte révolutionnaire, lui qui ne peut ni ne doit composer avec les apparences d’un jour. Le poète, c’est la révolution à l’état nu, le mouvement même de la vie dans une incessante explosion .»

Romancier et dramaturge visionnaire, considéré grâce à son roman Nedjma comme le fondateur de la littérature algérienne moderne, Kateb Yacine était avant tout un poète rebelle. Vingt ans après sa disparition, il occupe en Algérie «la place du mythe ; comme dans toutes les sociétés, on ne connaît pas forcément son œuvre, mais il est inscrit dans les mentalités et le discours social ». Il reste aussi l’une des figures les plus importantes et révélatrices de l’histoire franco-algérienne.

Kateb, qui signifie «écrivain» en arabe, était issu d’une famille de lettrés de la tribu des Keblout du Nadhor (Est algérien). Le 8 mai 1945 — il n’a pas encore 16 ans —, il participe aux soulèvements populaires du Constantinois pour l’indépendance. Arrêté à Sétif, il est incarcéré durant trois mois à la suite de la répression, qui fait quarante-cinq mille morts. Sa mère, à laquelle il est profondément attaché — c’est elle qui l’a initié à la tradition orale et à la poésie —, sombrera dans la folie. Cette date du 8 mai marquera l’existence, l’engagement et l’écriture de Kateb à tout jamais.

C’est en septembre de cette même année, à Annaba, qu’il tombe éperdument amoureux d’une de ses cousines, Zoulheikha, qui va inspirer Nedjma («étoile»), rédigé en français, œuvre fondatrice qui a totalement bouleversé l’écriture maghrébine. Dans cette histoire métaphorique où quatre jeunes gens, Rachid, Lakhdar, Mourad et Mustapha, gravitent autour de Nedjma en quête d’un amour impossible et d’une réconciliation avec leur terre natale et les ancêtres, la jeune fille, belle et inaccessible, symbolise aussi l'Algérie résistant sans cesse à ses envahisseurs, depuis les Romains jusqu'aux Français. La question de l'identité, celle des personnages et d'une nation, est au coeur de l'oeuvre, pluridimensionnelle, polyphonique.

(...) Retrouvez la version intégrale de cet article dans Le Monde diplomatique actuellement en kiosques.

Marina Da Silva.

29.10.2009

Hommage à Kateb Yacine, auteur de "Parce que c'est une femme" (éditions Des femmes, 2004) par Marie-José Sirach dans L'HUMANITE du 29 octobre 2009

kateb-yacine.jpgL'HUMANITE - Article paru le 29 octobre 2009 - Hommage littérature par Marie-José Sirach

Kateb Yacine L’éternel insoumis

"Voici ma vie à moi / Rassemblée en poussière.../ Bonjour mes poèmes sans raison." Kateb Yacine

Le 28 octobre 1989 mourait Kateb Yacine 
à l’âge de soixante ans. 
Il laisse une œuvre poétique, dramatique et journalistique incommensurable.

Lire et relire Kateb Yacine. Pour ne pas mourir idiot. Pour garder les yeux ouverts sur le monde. Pour rire de la malice de son auteur, de son ingéniosité à défier, sans relâche, le pouvoir, tous les pouvoirs, qu’ils soient religieux ou politiques. Il fut et il reste un des plus grands écrivains de langue française même s’il affirmait sans se démonter  : « J’écris en français, mieux que les Français, pour dire que je ne suis pas français. » Cette langue de la colonisation, il se l’est appropriée (« butin de guerre », disait-il) pour mieux la réinventer, sans cesse. Racée, élégante, lyrique, populaire, elle est à la croisée de tous les chemins. Elle pétille d’inventivité, croisant une langue paysanne et savante, burlesque et épique. Irrévérencieuse, elle sent le soufre, elle ne peut qu’inquiéter le pouvoir, quel qu’il soit. Kateb Yacine déjoue tous les académismes, les règles du bien écrire faisant éclater son récit en des intemporalités narratives qui saisissent par leurs audaces. Inventeur d’un continent imaginaire, l’Anafrasie, il est l’éternel défenseur des « ânes » prolétaires contre « les Frères monuments qui gardent la loi et vendent le pétrole » et tous les Bou Dinar qu’il croise sur son chemin.

Il vient à la littérature sans être passé par la case école qu’il ne fréquente plus dès l’âge de quinze ans, viré après avoir participé aux manifestations de Sétif et purgé deux mois de prison. Cela ne l’empêche pas de lire, au petit bonheur la chance. Une chance qui lui ouvre bon nombre d’auteurs, dont Eschyle, Sophocle, Aristophane, Höderlin, Baudelaire…

Il vient à la littérature par une conscience politique qui jamais ne le lâchera. Le 8 mai 1945, les massacres de Sétif marqueront à jamais son engagement en littérature. Sa plume, ses mots seront désormais ses armes : qu’il tournera d’abord contre le colonialisme ; puis contre les diktats d’un FLN agrippé au dogme d’une identité arabo-islamique ; enfin contre l’obscurantisme des religieux de tout poil.

« Ici est la rue des Vandales. C’est une rue d’Alger ou de Constantine, de Sétif ou de Guelma, de Tunis ou de Casablanca […]. Ici je suis né, ici je rampe encore pour apprendre à me tenir debout » : ces mots sont prononcés par Lakhdar en ouverture du Cadavre encerclé. Publiée en 1954 dans la revue Esprit, la pièce, créée par Jean-Marie Serreau, sera frappée d’interdiction en France. Nedjma (l’étoile) est son premier roman. Publié en 1956, Nedjma est une allégorie, une première tentative pour dire l’histoire d’un pays sans mémoire, une histoire à la peau trouée comme le corps criblé de balles du peuple algérien. Plus tard, celle du peuple vietnamien (l’Homme aux sandales de caoutchouc, 1970), mais aussi palestinien (Boucherie de l’espérance ou Palestine trahie, 1975). La rue des Vandales trouve des échos dans d’autres ailleurs, dans ce vaste monde qu’il parcourt, et qui lui renvoient toujours ces mêmes scènes d’injustice et d’oppression. Toute sa vie, Kateb, cet Africain errant, ne cessera de faire des allers-retours. Paris, Alger, Berlin, Moscou, Rome, Le Caire… Et même La Mecque, si l’on en croit ce fameux reportage avec les pèlerins en route pour la ville « sainte » (Minuit passé de douze heures). Il arpente le monde, exerce différents métiers parce qu’il faut bien bouffer. Docker, maçon, vendangeur, argenteur dans une usine de luxe à Montreuil, « paradoxal métier pour un sans-le-sou », raconte-til, et même fossoyeur. Depuis 1947, il est membre du Parti communiste algérien. Ça lui vaudra des « ennuis » avec les autorités coloniales ; plus tard avec le FLN au pouvoir. N’avait-il pas créé, en 1957, « le CCK, le Comité central de la Khahta, autrement dit le soviet de la cuite héroïque ou de la beuverie contestataire » pour se moquer, dénoncer la morale bigote que le FLN imposait à tous les Algériens. En 1962, après l’indépendance, il revient à Alger et reprend sa collaboration à Alger républicain. En 1971, il crée sa troupe, l’Action culturelle des travailleurs (ACT), s’installe à Bab El-Oued et se lance dans une aventure théâtrale qui ne va pas sans évoquer celle de Lorca et de la Barraca. OEuvrant à l’élaboration d’un théâtre populaire, épique, politique et satirique écrit en arabe dialectal, il parcourt l’Algérie et présente des pièces incroyables par leur audace, leur humour féroce, leur liberté de ton, leur langue comme les personnages aux noms invraisemblables et les situations choisies, souvent rocambolesques.

« Les racines de ma poésie se trouvent sous la terre de mon pays », confie-t-il. Durant cette période prolifique, il écrit et joue avec sa troupe Mohamed fait ta valise (1971), la Voix des femmes (1972), la Guerre de deux mille ans (1974), le Roi de l’Ouest (1975), alias Hassan II. Certaines de ces pièces sont aussi jouées en France, en Allemagne de l’Est. Mais Kateb devient chaque jour qui passe plus gênant aux yeux du pouvoir algérien. Il est alors nommé au théâtre régional de Sidi-Bel-Abbès, une façon de l’exiler sans le dire. Il est interdit d’antenne à la télévision, ses pièces se jouent dans des lycées, quelques entreprises. Ses positions sur la langue tamazight, sur l’égalité de la femme et de l’homme, contre le retour du voile ne plaisent pas. Et plus le pouvoir se raidit, plus Kateb est libre. Libre d’aimer la littérature, les femmes, le vin. Et de rire. Il est mort le 28 octobre 1989. Quelques mois plus tôt, le FIS venait d’être légalisé. Les muftis font la loi, lançant des fatwas depuis leurs mosquées. Pour Kateb, ce sera une fatwa post-mortem. Ce 1er novembre 1989, la foule se presse.

Entonne l’Internationale, en français, en tamazight ; puis Min jibalina, le chant des partisans algériens. Hommes et femmes l’accompagnent au cimetière. Un cimetière interdit aux femmes qui braveront cette consigne. Voilà ce peuple d’Alger, ce peuple de mécréants qui le conduit à sa dernière demeure. Kateb Yacine est mort, et sa mort marque les débuts d’une période sanglante, une décennie noire où les prêcheurs, à l’ombre des indéboulonnables « Frères monuments », lancent des condamnations à mort depuis le haut de leur minaret, où les listes de poètes et de démocrates à abattre noircissent les murs des mosquées. Alors oui. Lire et relire Kateb Yacine. Pour réapprendre à vivre libre. Tout simplement.

MARIE-JOSÉ SIRACH

Les Lettres françaises de novembre consacreront un dossier à Kateb Yacine. Une soirée d’hommage à Kateb Yacine aura lieu le mercredi 9 décembre 2009, à 18 h 30 à l’Institut du monde arabe. « Kateb Yacine, le coeur entre les dents », textes de Benamar Mediene, dits par Fellag, Marianne Epin et Sid-Ahmed Agoumi, et chants berbères de Fettouma Bouamari. (Entrée libre et gratuite)

Bibliographie

- le Polygone étoilé, Éditions du Seuil, 1966  ;
- le Cercle des représailles, théâtre, Éditions du Seuil, 1959 et 1976  ;
- l’Homme aux sandales de caoutchouc, théâtre, Éditions du Seuil, 1970 et 1978
- l’Œuvre en fragments, Éditions Sindbad, 1986  ;
- Soliloques, poèmes, Ancienne Imprimerie Thomas, 1946, Éditions Bouchène, 1989, Éditions La Découverte, 1991  ;
- le Poète comme un boxeur, entretiens, 1958-1989, Éditions du Seuil, 1994  ;
- Minuit passé de douze heures, écrits journalistiques 1947-1989, Éditions du Seuil, 1999  ;
- Boucherie de l’espérance, œuvres théâtrales, Éditions du Seuil, 1999  ;
- Parce que c’est une femme, Éditions Des Femmes, 2004.

23.10.2009

Soirée "Artiste féminin singulier" avec Thierry Delcourt et "ses" artistes, mardi 27 octobre, 18 h 30, 35 rue Jacob

Mardi 27 octobre, à 18 h 30, Antoinette Fouque et Des femmes reçoivent Thierry Delcourt, Colette Deblé, Sylvia Katuszewski et bien d'autres femmes créatrices pour une soirée consacrée au livre Artiste Féminin Singulier de Thierry Delcourt (LÂge d'homme, juin 2009). 22419817_4288451.jpgVous êtes le(la) bienvenu(e) !

Espace des femmes-Antoinette Fouque

 35, rue Jacob – Paris VI – Tél. 01 42 22 60 74

Mardi 27 octobre 2009 - 18 h 30

Antoinette Fouque et Des femmes

reçoivent Thierry Delcourt , Colette Deblé, Sylvia Katuszewski, Catherine Lopes-Curval, ORLAN, Sophie Rocco, Michelle Knoblauch, Milvia Maglione, Catherine Seher, Ruta, Myona Rimoldi-Guichaoua, Virginie Roux-Cassé et d’autres artistes pour une rencontre-débat autour du livre de Thierry Delcourt :

Artiste Féminin Singulier

éd. L’Âge d'Homme, 2009

 

En 2009 et 2010, plusieurs expositions, dont celle du Musée des femmes d’Antoinette Fouque se tenant à l’Espace des Femmes du 8/09 au 17/11 2009, et de nombreux évènements confirment l’évolution remarquable et enfin remarquée de la place des femmes et de leur visibilité dans l’art contemporain. Leur engagement politique, culturel et artistique contribue à cet essor.

 

Copie de Biarritz 131.jpgArtiste Féminin Singulier soulève quelques questions à débattre:

La création a-t-elle un sexe ? Faudrait-il repérer des différences entre femmes et hommes quant à leurs pratiques créatives ? Entre distinction et spécificité, que met en jeu le processus de création au féminin au-delà de la singularité de chaque artiste et de chaque œuvre ?

 

Les artistes Lydie Arickx, Edith Canat de Chizy, Carolyn Carlson, Colette Deblé, Mame Faguèye Bâ, Anta Germaine Gaye, Louise Giamari, Sylvia Katuszewski, Florentine Mulsant, Marylène Negro, ORLAN, Sophie Rocco, Valérie Rouzeau, Agnès Thurnauer etc ont accepté de parler longuement et intimement de leur pratique, de la place qu’elle occupe dans leur vie et des incidences de leur création sur leur être-femme.

 

Thierry Delcourt est allé à la rencontre de ces femmes artistes en se dégageant autant que faire se peut des a priori. Il les a écoutées attentivement parler de leur acte. de leur oeuvre et du processus de création qui les anime. Ainsi, il est possible de mieux comprendre, au-delà des évidences, le formidable mouvement impulsé par les femmes dans la création artistique contemporaine. Il ne s'agit par pour autant de catégoriser ces artistes dans une spécificité discriminante, même positive. Cette étude permet de tracer, à partir des singularités de chaque artiste, une distinction qui traverse le champ féminin où il est possible de croiser des hommes, de ceux qui ont fait le choix éclairé de quitter des prérogatives aussi aliénantes qu'illusoires en s'exposant au risque de créer Forme, expression, concept, sensibilité, énergie se conjuguent ici avec recherche, déconstruction, subversion, hétérogène, identité questionnée, appropriation ...

anniversaire.jpgCette mise en chantier de l’art ouvre un espace de vie et de création passionnant qui tente de préserver un archipel d’humanité dans un monde où l’homme est sa propre crise.

(Michelle Knoblauch, Catherine Lopes-Curval, Milvia Maglione et d'autres non dans le livre seront là aussi)

 

(ci contre : Thierry Delcourt et sa petite fille, Maïa)