01.06.2009

Coline Serreau se réfère à Antoinette Fouque dans Nouvelles Clés (juin-août 2009)

col2.jpgRésister - nouvelles clés juin-août 09
Propos recueillis par Patrice van Eersel
 
La grande colère de Coline Serreau
 
Toute la presse a parlé du grand documentaire écologique en six parties que prépare la réalisatrice la moins conformiste de France. Mais sans nous dire de quelle énorme indignation elle est partie - que son reportage autour du monde n'a fait que confirmer.
Selon elle, à peu près partout, les femmes continuent à subir l'inégalité, l'oppression et, pire que tout, la non reconnaissance du rôle créateur de leur ventre. Telle serait la cause n°1 de nos problèmes : le matricide, qui nie l'utérus et l'humus. Vous pensiez que la lutte des femmes était finie ?
 
Coline Serreau, dont nous avons adoré les fictions utopistes - La Belle Verte, La Crise, Saint-Jacques... La Mecque - est partie filmer toutes sortes d'acteurs de la mouvance des "rebelles de l'humus", de Pierre Rabhi à Nicolas Hulot, de l'Indienne Vandana Shiva au Marocain Hassan Zaoual, des savants libertaires aux paysans sans terre. On les verra à l'écran, cet hiver, dans une série de six documentaires-manifestes : La Terre vue de la terre - Solutions locales pour un désordre global. La réalisatrice se trouve en plein dérushage de ses 150 heures de tournage, au moment où nous débarquons chez elle pour lui demander en quoi elle croit, au fond.
 
Quels sont vos critères, pour trier le meilleur de toutes les images que vous avez tournées ?
Aujourd'hui, toute la journée, j'ai décrypté ma longue interview de la philosophe Antoinette Fouque, figure mythique du MLF et fondatrice de la Librairie des Femmes. J'adhère entièrement à ce qu'elle dit sur le meurtre du vivant. La terre et l'utérus, c'est le même mot. Mater, matière, utérus, terre, tout ça a la même racine. L'humus, l'humanisme, l'humilité, voilà mes critères. Les progressistes, dont je me suis longtemps sentie proche, n'ont jamais voulu voir le fond du problème : la relation entre la terre et l'utérus. Aujourd'hui, si les écologistes ne comprennent pas que l'urgence n°1 est l'arrêt du matricide, ils échoueront comme les autres. (...) L'interview fait plusieurs pages....
 

14.01.2009

Coline Serreau lit "Trois guinées" de Virginia Woolf pour la Bibliothèque des Voix

Trois guinées.jpgTexte recopié du catalogue des trente ans des Editions Des femmes :
col.jpgColine Serreau
Souvenirs d'une séance d'enregistrement de cassettes : Je me souviens d'une atmosphère concentrée mais détendue. J'ai lu avec beaucoup d'émotion les textes de Virginia Woolf, textes forts, intelligents et combattants. On reprenait tel ou tel passage, en toute confiance, jugeant et discutant ensemble de la meilleure prise. Quel bonheur de mettre son métier au service d'un grand texte pour une lutte essentielle.
Amitiés aux Editions des femmes.
C.S.
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C’est un texte politique. Virginia Woolf, ici, va droit aux faits avec la plus redoutable précision. Femme, elle reconnaît, décèle et dénonce en précurseur ce scandale d’autant plus occulté qu’il s’inscrit partout, s’étale avec une évidence majestueuse : le racisme ordinaire qui réduit les femmes à l’état d’êtres minoritaires, colonisés. Scandale politique. Dictature qui annonce toutes les autres.