21.11.2009

Soirée MARGUERITE DURAS. Avec Dominique Noguez et Laure Adler. Mardi 24 novembre à 18 h 30. 35 rue Jacob, 75006. Entrée libre.

Mardi 24 novembre, à 18 h 30, l'Espace Des femmes-Antoinette Fouque, qui vient juste de coéditer avec les éditions Montparnasse un magnifique coffret DVD + CD Marguerite Duras, vous invite à assister à une soirée unique consacrée à Marguerite Duras. C'est l'un des événements les plus importants de l'année : n'oubliez pas d'emmener tous les gens à qui vous souhaitez du bonheur !

Avec Dominique Noguez et Laure Adler.

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 Dominique Noguez

Né en 1942, normalien, agrégé de philosophie et docteur d'État, Dominique Noguez enseigne à l'Université de Montréal, puis à l'Université de Paris-I. Passionné de cinéma expérimental, spécialiste du cinéma underground, il passe son temps dans les cinémathèques. Se consacrant surtout à la littérature, l'auteur, écrivain et essayiste, publie une vingtaine d'ouvrages dont certains à la fois délurés et saugrenus tels Les Trois Rimbaud, publié en 1986 où il fait vivre Arthur Rimbaud jusqu'en 1937 ! Ou encore Lénine Dada, publié en 1989 où il imagine Lénine en quasi-fondateur du mouvement dada. Il obtient le prix Femina en 1997 pour son roman Amour noir. Proche de Jean-Pierre Chevènement bien qu'ayant voté oui au traité de Maastricht, il a été candidat aux élections européennes de 1994 sur la liste du MDC. Il s'attache à défendre et faire connaître les autres écrivains, notamment lorsqu'ils sont perçus comme mal-pensants par l'époque, comme Michel Houellebecq. Il défend aussi le rayonnement de la langue française ; La Colonisation douce porte la dédicace : « À Gaston Miron et à nos frères du Québec ; aux francophones de l'an 3000 ». En 2009, les frères Larrieu portent à l'écran deux de ses romans, Amour noir et Les Derniers jours du monde, avec Mathieu Amalric dans le rôle principal. Proche de Marguerite Duras, il a eu avec elle des entretiens filmés en 1983 ( La Couleur des mots, Benoît Jacob, 2001) et a organisé en 2006 des manifestations sur elle à Madrid et à Caen.

Laure Adler

De son nom de jeune fille Laure Clozet, Laure Adler passe son enfance en Afrique où son père est ingénieur agronome. Elle ne connaîtra pas la France avant l'âge de 17 ans. En 1968, elle rencontre Fred Adler, ethnologue, son premier mari. Après une thèse d'histoire sur les féministes au XIXe siècle, la jeune femme entre à France Culture en 1974 comme secrétaire, ne se doutant certainement pas qu'elle en deviendrait la directrice, vingt-cinq ans plus tard. A son grand étonnement, elle est nommée conseillère culturelle auprès de François Mitterrand, en 1989. En 1993, la journaliste se lance dans une carrière télévisuelle avec 'Le Cercle de minuit', sur France 2, dont elle assure la production et l'animation durant quatre ans. Responsable des essais et documents chez Grasset à partir de 1997, elle se voit proposé le poste très convoité de directrice de France Culture en janvier 1999, poste qu'elle quitte le 31 août 2005. Sa gestion de la programmation de la station, qui bouleverse les habitudes des auditeurs, est d'abord très contestée. Fidèle à son image de 'grande dame de la culture française', Laure Adler écrit de nombreux ouvrages, dont une biographie de Marguerite Duras, très commentée, sortie en 1998. Dans 'A ce soir', publié en 2001, elle évoque, dans un registre beaucoup plus intime, la mort de son fils Rémi, survenue dix-sept ans plus tôt. En dépit de ce brillant parcours, Laure Adler aime à résumer sa vie professionnelle en un mot : 'chance'.

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Duras, toujours  de Dominique Noguez (Actes Sud 2009)     

            

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Essai littéraire

En ami de Marguerite Duras autant qu’en spécialiste de son oeuvre, Dominique Noguez a visité les archives Duras déposées à L’IMEC. C’est pourquoi il est ici autant question du roman Caprice, encore inédit, que de la genèse des textes les plus fameux. Il en résulte un essai en forme de portrait, très documenté, sans la moindre complaisance et qui poursuit plusieurs objectifs :

- Essayer de rendre compte de ce miracle : Duras a échappé au purgatoire. Treize ans après sa mort, elle ne cesse d’intéresser, en France et à l’étranger où elle est l’écrivain français contemporain la plus traduite et la plus diffusée.

- Depuis trois ans, des textes posthumes – les Cahiers de la guerre et le petit récit intitulé Caprice paru en 1944 (dont on trouve ici les preuves qu’il est bien d’elle) – changent l’image qu’on avait d’elle. Caprice, histoire d’adultère rompant avec la vision vaudevillesque et bourgeoise de l’adultère, éclaire à l’avance Hiroshima mon amour.

- Tout cela nous rappelle combien Duras est l’écrivain de l’amour (et qui a, paradoxalement, suscité tant de haine).

- Avec le recul, une nouvelle vision de son oeuvre se dessine. Au théâtre, le Shaga, monté en 1968 et qui doit être bientôt remonté, nous présente une Duras inattendue, d’un comique loufoque proche de Ionesco et de Pinget. Dans l’oeuvre romanesque et au

cinéma, la dimension voyeuriste (et visionnaire) ou l’obsession du nom nous apparaissent avec plus d’évidence.

- Les archives laissées à l’IMEC nous permettent d’aller plus loin. On le verra ici dans l’étude minutieuse (sur manuscrits) de la genèse de ce qui est peut-être son plus beau roman : Le Ravissement de Lol V. Stein.

Tout cela sans langue de bois : Duras, toujours se termine sur une lettre posthume sans concession, où l’admiration se nuance de réserves et même de reproches, mais, à la fin, somme toute, se trouve renouvelée.

Né en 1942, Dominique Noguez, écrivain, prix Femina 1997 pour Amour noir (Gallimard), a été proche de Marguerite Duras. Il a eu avec elle des entretiens filmés en 1983 ( La Couleur des mots, Benoît Jacob, 2001) et a organisé en 2006 des manifestations sur elle à Madrid et à Caen. Son roman Les Derniers Jours du monde (Robert Laffont, 1991) vient d'être adapté au cinéma par les frères Larrieu. FORMAT : 11,5 X 21,7 / 130 PAGES ENVIRON

Marguerite Duras de Laure Adler (Gallimard, 1998) (Folio poche 950 pages, 2000)

Qui était Marguerite Duras ? Experte en autobiographie, professionnelle de la confession, elle a pris tant de masques et s'est tellement plu à brouiller les pistes que c'est presque une gageure de vouloir distinguer la vérité de la fiction. Ce qu'il y a dans les livres, disait-elle d'ailleurs, est plus véritable que ce que l'auteur a vécu. Fruit des relations amicales que Laure Adler eut avec elle pendant une douzaine d'années, et de patientes recherches, cette biographie, sans avoir la prétention de dire la vérité du personnage, tente cependant de démêler les différentes versions que Marguerite Duras a données de sa vie. Elle essaie d'éclairer les zones d'ombre que l'écrivain a mises en scène avec tant de talent : la relation avec l'Amant à la fin de l'enfance, son attitude pendant la guerre et la Libération, ses passions amoureuses, littéraires et politiques. Car la vie de Marguerite Duras fut aussi celle d'une enfant du siècle, d'une femme profondément engagée dans les combats de son temps.

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Amour noir de Dominique Noguez (Gallimard, Prix Fémina 1997 et Folio, 1999)

Morceau choisi de Amour noir :
Jamais je n'avais regardé ses yeux de si près. Ils étaient d'un brun foncé, presque aussi sombres que leur pupille. Je ne pourrais pas écrire que je la regardais au fond des yeux car ces yeux-là n'avaient pas de fond. Ils n'étaient qu'une surface noire, désespérément opaque, des yeux inhumains, de rapace ou de lynx, d'une dureté de marbre ou de météorite, des yeux qui me regardaient mais ne me voyaient pas, qui ne m'aimaient pas, qui [... ]

derniersjours.jpgLes derniers jours du monde de Dominique Noguez (Robert Laffont 24/08/2009)

 6 juillet 2010, 23 heures. Dans un discours télévisé, le président de la République annonce aux Français que de terribles événements se préparent et qu'il n'y a plus d'espoir. Depuis quelque temps déjà, les choses allaient assez mal pour décider le narrateur, vague scénariste de cinéma, à quitter Biarritz où il se remet d'une fin d'amour difficile. C'est le début d'une odyssée qui le mène, dans une France en proie à tous les périls, de Lourdes frappé par un tremblement de terre, à Limoges hanté par des bandes de tueurs, d'Orléans désert, à Paris irradié. Il connaît quelques accalmies à Pau, à Bordeaux où, comme en 1914 ou en 1940, beaucoup de Parisiens se sont repliés, voire encore à Brive-la-Gaillarde, dans la villa d'un milliardaire qui donne une ultime orgie. Ses errances sont l'occasion de retrouver de vieux amis ou de rencontrer des jeunes femmes qui l'aident à passer avec moins d'angoisse ces derniers jours du monde. Avec elles, avec eux, il parle de ce qui est en train d'arriver, de l'Histoire, du mal, de Dieu, de la littérature, de l'amour, du plaisir, de la mort, et surtout de la seule femme qu'il ait vraiment aimée, une jeune métisse belle et cruelle dont l'image le hantera jusqu'au bout. 

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Au cinéma :

Synopsis : Alors que s'annonce la fin du monde, Robinson Laborde se remet peu à peu de l'échec d'une aventure sentimentale pour laquelle il s'était décidé à quitter sa femme. Malgré l'imminence du désastre, et peut-être pour mieux y faire face, il s'élance dans une véritable odyssée amoureuse qui l'entraîne sur les routes de France et d'Espagne. http://www.lesderniersjoursdumonde.com/

Date de sortie cinéma : 19 août 2009
Réalisé par Jean-Marie Larrieu, Arnaud Larrieu
Avec
Mathieu Amalric, Catherine Frot, Karin Viard, plus
Long-métrage français. Genre : Comédie dramatique
Durée : 2h10 min Année de production : 2008
 

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718003-gf.jpg  Les femmes qui lisent sont dangereuses de Laure Adler & Stefan Bollmann (Flammarion, 2006)  

 Les femmes et la lecture dans l'art occidental "Les livres ne sont pas des objets comme les autres pour les femmes ; depuis l'aube du christianisme jusqu'à aujourd'hui, entre nous et eux, circule un courant chaud, une affinité secrète, une relation étrange et singulière tissée d'interdits, d'appropriations, de réincorporations." Laure Adler

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Les femmes qui aiment sont dangereuses de Laure Adler & Elisa Lecosse (Flammarion, 2009)
De la Vénus de Willendorf, image d'un idéal féminin tout-puissant, à la Mariée de Niki de Saint-Phalle, offrant le regard de la femme artiste sur sa propre destinée, la quête de l'éternel féminin jalonne l'histoire de l'art depuis les temps les plus anciens. Consacré au thème de l'amante fatale, cet ouvrage propose un choix de peintures, dessins et photographies du Moyen Age à l'époque contemporaine. Avec également une réflexion sur une thématique longtemps laissée aux seuls mains et regards des hommes.

14.11.2009

Patrick de Sinety a aimé le coffret Marguerite Duras (Magazine Page de novembre 2009)

Durasimage.JPGPAGE novembre 2009
 
DVD / Livres audio
ECOUTER / LIRE
 
Le succès des livres enregistrés ne se dément pas. Ce doit être une question d'époque. Les loisirs consacrés à la lecture font défaut, alors les livres dont on a entendu parler avec curiosité au cours des dîners en ville, à la télévision, à la radio, dont on a vu des commentaires enthousiastes dans la presse, mais que l'on n'a pas le temps de lire, on les écoute dans sa voiture, dans le métro ou dans son bain... Le foisonnement d'éditeurs qui se sont spécialisés dans le genre, et ceux, comme Gallimard, qui se sont mis à enregistrer sur CD les romans qu'ils ont précedemment édités sous la forme traditionnelle de feuilles reliées afin de composer un livre, témoignent de l'attente du public.
 
Par Patrick de Sinety
 
(...) De leur côté, les éditions Des-femmes et Montparnasse publient un coffret DVD accompagné d'un double CD consacré à Duras. Et c'est encore la voix de Fanny Ardant que l'on entendra lisant deux textes de Marguerite Duras, La Mort du jeune aviateur anglais et Ecrire, lesquels textes furent écrits dans la foulée de rencontres filmées par Benoit Jacquot, qui fut l'assistant de l'écrivain sur les tournages de India Song et Nathalie Granger. Les deux DVD sont le fruit de ces entretiens réalisés en 1993 entre le réalisateur et l'écrivain. Dans le premier, intitulé La Mort du jeune aviateur anglais - qui inspira donc le livre du même nom - , Marguerite Duras raconte une histoire, celle d'un aviateur anglais dont elle découvrit la tombe aux environs de Deauville, récit dans lequel il est souvent difficile de faire la part de la réalité et de la fiction.
 
"L'événement de Vauville, je l'ai intitulé La Mort du jeune aviateur anglais, explique l'écrivain. En premier je l'ai raconté à Benoit Jacquot qui était venu me voir à Trouville. C'est lui qui a eu l'idée de me filmer lui racontant cette mort du jeune aviateur de vingt ans. Un film a donc été fait [...]. Ce film une fois fait, on est allé dans ma maison de Neauphle-le-Château. J'ai parlé de l'écriture. Je voulais tenter de parler de ça : Ecrire. Et un deuxième film a été ainsi fait avec la même équipe et la même production."
 
Ces quatre pièces, outre le fait que les deux documents filmés sont des témoignages exceptionnels sur la mécanique créatrice à l'oeuvre chez un écrivain de premier ordre, sont intéressantes en celaqu'elles montrent, pour ainsi dire en direct, le processus d'élaboration d'un texte. (...)

10.11.2009

Line Tubiana sur Judaïques FM consacre une soirée au coffret Duras (le 10/11/09)

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Catherine Guyot, représentante des éditions Des femmes-Antoinette Fouque, a été invitée par Line Tubiana à dérouler l'origine du projet et le contenu du nouveau coffret sur Marguerite Duras, coédité avec les éditions Montparnasse.

Je vous communiquerai le lien de l'émission sur Judaïques FM, à écouter en ligne dès que je le connaîtrai !

07.11.2009

Laurent Fialaix consacre un long papier à Fanny Ardant dans "Questions de femmes" (novembre 2009), saluant la sortie de ses livres audio inclus dans le coffret Marguerite Duras (coédition Des femmes-Antoinette Fouque & Montparnasse)

QUESTIONS DE FEMMES  (novembre 2009) salue la sortie du coffret Marguerite Duras, coédité par les éditions des femmes-Antoinette Fouque... et les éditions Montparnasse.... Et avec FANNY ARDANT !
A la Une Fanny Ardant
Itinéraire d'une enfant très gâtée
Trente-cinq ans de carrière, une filmographie exigeante, une discrétion qui confine au mystère, Fanny Ardant multiplie les casquettes. Mais qui se cache derrière l'icône ? Par Laurent Fialaix
 
durascoffret.gifD'elle, on voit, d'abord, la beauté, l'immense classe, la voix si profonde et frissonnante, ce talent singulier qui fait d'elle l'actrice unique qu'on suit depuis le milieu des années 70 quand on la découvrit à la télévision dans Les Dames de la côte. On salue sa légende aussi, depuis qu'elle partagea deux films, deux chefs d'oeuvre (La Femme d'à côté  et Vivement dimanche), avec François Truffaut.
D'elle, pourtant, on ne sait pas grand chose, que quelques informations glanées, ça et là, au cours de ses interviews. Fanny Ardant est une passionnée. Fanny Ardant est un brin sauvage. Fanny Ardant n'a pas peur du temps qui passe, mieux, elle le devance. Fanny Ardant est une grande timide qui ne cherche pas à alimenter son apparente froideur, juste une carapace. Et Fanny Ardant est plutôt fragile sous son masque de force et d'austérité... De fait, quand bien même elle joue dans une comédie comme Pédale douce, ce n'est pas sa drôlerie que l'on retient le plus, mais ce côté sombre que l'on devine et qui attire en même temps qu'il interroge. Il n'empêche qu'elle peut nous faire rire, la Fanny ! Comme dans cette scène inoubliable de 8 Femmes, de François Ozon, où son personnage fait subitement son coming out et s'en va rouler une pelle d'anthologie à Catherine Deneuve !
Forte de ses rôles si marquants, la star pourrait rester campée dans sa tour d'ivoire. Au contraire, au fil des années, elle se montre de plus en plus, prend des risques, se met en danger. Une artiste toujours sur le fil. Ainsi, en 2008, on la voyait au cinéma dans Hello Goodbye, de Graham Guit ; elle mettait en scène une opérette (Véronique) au Théâtre du Châtelet et, en toute discrétion, travaillait déjà à son premier film en tant que réalisatrice, Cendres et Sang, un long métrage torturé, sombre et intello, sorti il y a quelques semaines, et qui fut très diversement accueilli par la critique comme par le public. Peu importe, Fanny Ardant n'est pas de celles qui se laissent dépérir par un échec. Cet été, elle fut récitante dans un festival de musique classique aux côtés de Gérard Depardieu. Pour les Editions Des femmes, elle vient aussi d'enregistrer des textes de Marguerite Duras qu'elle joua plusieurs fois au théâtre. Enfin, côté conéma, avant de l'apercevoir dans le dernier long métrage de son ami Claude Berri, où elle fait une apparition (Trésor), c'est dans Visage qu'on la verra. Un film tourné au musée du Louvre par le Taïwanais Tsai Ming-liang qui s'est inspiré des collections du célèbre musée pour imaginer une comédie musicale. Fanny Ardant ne pouvait pas ne pas y participer. Le film, en réalité, est surtout un hommage à François Truffaut. Car comme dans La Nuit américaine, on y voit un tournage et son héros (Jean-Pierre Léaud, l'éternel Antoine Doinel). Et Nathalie Baye et Jeanne Moreau, deux des héroïnes de Truffaut, en font aussi partie. Ou comment rester fidèles à celui qui fit de nous une star...
Justement, sur ce point, nul besoin de s'inquiéter : quand Fanny aime, c'est pour toujours. Lors de la promotion de Cendres et Sang, elle ne s'en cachait pas : en plein tournage, elle a beaucoup pensé à l'ancien compagnon disparu il y a vingt-cinq ans. "J'aurais aimé le consulter. Pas pour les grandes décisions, mais pour des petites choses : une tenue ou une réplique. C'est dans la trivialité du quotidien que l'absence se fait le plus sentir."
 
fa.jpgProfonde, sincère, toujours au coeur de sa propre vérité, l'actrice ne compose pas. Entière, elle se protège, salue le bonheur d'avoir trois filles qui lui ont été providentielles ("Elles m'ont empêchée de faire des choses destructrices, elles m'ont obligée à me construire"), et se réfugie souvent dans une foi qu'elle revendique avec force : "Je le vis comme une conversation avec le monde des dieux, avec mon ange gardien. Je ne suis pas toujours en harmonie avec le monde visible, mais j'ai toujours été à l'aise avec le monde invisible. Je me sens protégée. Et j'aime dire merci, sans rien demander." Et si c'était cela le secret du mystère de Fanny Ardant ? Une vie finalement ailleurs, très loin de là où on l'imagine. A bien y réfléchir, Fanny Ardant n'est pas la femme d'à côté. Non, elle nous vient d'un autre temps que les moins de 250 ans ne peuvent pas connaître. Et c'est exactement pour ça qu'on l'aime. A la folie !
 
Un coffret DVD (et deux CD) Marguerite Duras, "Ecrire" et "La mort du jeune aviateur anglais" est disponible. Les deux films sont réalisés par Benoit Jacquot, et sur les 2 CD les textes de Duras sont lus par Fanny Ardant.
1949 : Fanny Ardant naît le 22 mars à Saumur d'un père officier de cavalerie. Elle passe une partie de son enfance à voyager et vit à Monaco
 
1974 : Elle fait ses débuts au théâtre dans Polyeucte de Corneille, mise en scène par Dominique Leverd qui lui donne, en 1975, sa première fille, Lumir
 
1981 : Après avoir tourné plusieurs téléfilms, et quelques films sans intérêt, elle rencontre François Truffaut qui lui offre l'un de ses rôles les plus forts dans La Femme d'à côté. Elle devient sa compagne
 
1983 : Fanny Ardant et François Truffaut sont les heureux parents de Joséphine. Sur scène, elle triomphe dans Mademoiselle Julie.
 
1984 : Elle tourne pour son compagnon dans Vivement dimanche, son dernier film. Truffaut meurt la même année
 
1985-1994 :  Elle tourne pour Costa-Gavras, Ettore Scola, Volker Schloendorff, Alain Resnais, avant de connaître un bref passage à vide au début des années 90. Là, elle n'apparaît que dans des films mineurs. Jusqu'au Colonel Chabert, un téléfilm diffusé en 1994 et qui donne un second souffle à sa carrière
 
1990 : Elle donne naissance à sa troisième fille, Baladine, dont le père est le cinéaste italien Fabio Conversi (producteur du récent Je l'aimais, de Zabou Breitman, et de Romanzo ciminale, et, par ailleurs, directeur photo de nombreux films comme Pédale douce ou Un indien dans la ville)
 
1996 : Pour la première fois, elle apparaît dans une comédie, Pédale douce. Une performance saluée par un triomphe public, et par un César de la meilleure actrice. Elle enchaîne avec un autre rôle marquant, dans Ridicule, de Patrice Leconte
 
1997 : Au théâtre, elle est une inoubliable Maria Callas dans Master Class, mis en scène par Roman Polanski. Un rôle qu'elle prolongera quatre ans plus tard avec le film Callas forever, de Franco Zeffirelli
 
2001 : Elle charme la France entière dans 8 Femmes, de François Ozon
 
2007 : Elle provoque un scandale en Italie. On lui reproche ses propos tenus dans une interview. Elle y parle de Renato Curcio, le fondateur des Brigades Rouges, comme d'un "héros". Peu de temps après, elle présente ses excuses : "Je comprends que des gens m'aient traitée d'idiote. Je ne leur donne pas tort. Je ne suis pas une politicienne, je n'ai pas d'expérience. Je ne suis qu'une actrice, une personne ordinaire." Son seul et unique faux-pas en trente-cinq ans de carrière.
 
2008 : Pour la première fois, elle passe à la mise en scène, pour l'opérette Véronique, au Théâtre du Châtelet
 
2009 : Elle réalise son premier film, Cendres et Sang.
 
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 ***
 
Nathalie Rheims, écrivain productrice. Elle publie Claude aux Ed. Léo Scheer un livre consacré au souvenir de Claude Berri, son compagnon, et évoque pour nous son amitié avec Fanny Ardant.
"Fanny, c'est la lumière, un diamant brut, couleur d'encre, la femme absolue, le rire le plus éclatant qu'il m'ait été donné d'entendre, la grâce dans chacun de ses gestes, une élégance unique, une présence hors du temps, la beauté, la simplicité, la gentillesse, avec ce mystère qui la tient à distance du monde, tout en restant attentive à ceux qui l'entourent."
 
Gérard Depardieu, acteur. Dans La Femme d'à côté, puis dans Nathalie, ils forment un couple mythique du cinéma français.
"Ce qui est bien avec Fanny, c'est qu'elle bouscule le bonheur !"
 
Marcel Hartmann
Le photographe Marcel Hartmann l'a rencontrée lors d'une séance photo pour le journal Le Monde. Il raconte :
"(...) Quand elle est entrée dans la pièce, elle a complètement envahi l'espace : elle a une présence affolante. A la fois calme et gracieuse, et d'une grande classe. Elle s'est assise sur le canapé, a posé son sac dessus, puis ses lunettes, et elle a croisé les jambes. Tout ce qu'il me restait à faire, c'était prendre la photo ! Donc, ça nous a pris une minute trente, pas plus..."
 
Anne Fontaine, cinéaste. Ensemble, elles ont tourné Nathalie, sorti en 2004.
"Elle n'est pas douée pour le réel. Pas du tout pragmatique, elle est dans l'effusion, le romanesque... Ce n'est pas une pose d'actrice, elle est ainsi au quotidien."

31.10.2009

Xavier Lardoux rend compte du coffret Duras dans la revue ETUDES (novembre 2009)

duras.gifLa Mort du jeune aviateur anglais et Ecrire

Deux films de Benoît JACQUOT avec Marguerite DURAS (1993)

Editions Des femmes-Antoinette Fouque & Montparnasse (Coffret 1 DVD et 2 CD lus par Fanny Ardant)

En 1993, Jacquot tourne deux films autour de Duras, dont il fut l’ami et le jeune assistant (Nathalie Granger, India Song) : devant la caméra attentive et silencieuse du cinéaste, l’écrivain raconte d’abord la mort du jeune aviateur anglais. D’un nom sur une tombe d’un village de Normandie, elle tire peu à peu le canevas de l’histoire d’un Anglais de vingt ans, tué pendant la guerre par les Allemands. Bouleversée par cette mort qui lui rappelle le souvenir de son frère Paul disparu sans sépulture pendant la guerre du Japon, Duras cherche ses mots, dit que l’écriture ne peut rien ici et que seul le cinéma peut déchiffrer la douleur qu’elle ressent. Si elle invente peut-être de toute pièce cette histoire au fil de ses paroles, le film n’en est pas moins un poème sur l’innocence de la vie, un témoignage saisissant d’humanité sur « la mort de n’importe qui, ce qu’est précisément la mort ». Juste après ce film, Duras avoue à Jacquot qu’elle ne lui a pas tout dit : ils partent alors dans sa maison de Neauphle-le-Château tourner Ecrire. Le cinéaste interroge alors l’écrivain sur l’acte d’écrire et le film dévoile peu à peu les liens entre l’écriture et la solitude. «Il n’y a pas d’écrit sans solitude. Ecrire, c’est ne rien dire. Un écrivain, c’est muet. » La caméra rivée sur cette petite femme perdue au fond d’un fauteuil, Jacquot fait briller ses yeux malicieux, écoute, fait entendre sa voix rauque à la conquête de la simplicité et du silence. « Ecrire, dit encore Duras, c’est tenter de savoir ce qu’on écrirait si on écrivait – on ne le sait qu’après…» Xavier Lardoux

15.10.2009

La Quinzaine littéraire annonce la sortie du coffret Duras (15/10/09)

duras.gifLa Quinzaine littéraire du 15 au 31 octobre 2009
 
Marguerite Duras aux Editions Des femmes Antoinette Fouque
 
Les éditions Des femmes Antoinette Fouque (en partenariat avec les éditions Montparnasse) éditent deux films sur Marguerite Duras réalisés par Benoit Jacquot. "C'est Benoit Jacquot qui a eu l'idée", confesse Duras, "de me filmer lui racontant cette mort du jeune aviateur de vingt ans. (...) Le film une fois réalisé, on est allé dans ma maison de Neauphle-le-Château. J'ai parlé de l'écriture. Et un deuxième film a été ainsi fait avec la même équipe".

27.09.2009

Le coffret Marguerite Duras vient d'arriver aux éditions Des femmes : demandez-le en service de presse ! (sortie office du jeudi 29 octobre 2009)

La Mort du jeune aviateur anglais - Écrire

avec Marguerite Duras

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1996 à 2009, 80 min, couleurs

de Benoit Jacquot

En partenariat avec les Editions Montparnasse.

1 DVD : La mort du jeune aviateur anglais - Écrire, deux films réalisés par Benoît Jacquot avec Marguerite Duras

La mort du jeune aviateur anglais - Écrire

« L'événement de Vauville, je l'ai intitulé La mort du jeune aviateur anglais. En premier je l'ai raconté à Benoît Jacquot qui était venu me voir à Trouville. C'est lui qui a eu l'idée de me filmer lui racontant cette mort du jeune aviateur de vingt ans. Le lieu était mon appartement à Paris. Ce film une fois fait, on est allé dans ma maison de Neauphle-le-Château. J'ai parlé de l'écriture. Je voulais tenter de parler de ça : Écrire. Et un deuxième film a été ainsi fait avec la même équipe et la même production ». Marguerite Duras

2 CD : La mort du jeune aviateur anglais - Roma - Écrire. Lecture par Fanny Ardant des textes de Marguerite Duras

À partir des propos échangés avec Benoît Jacquot en 1993, Marguerite Duras a écrit deux textes, auxquels s'ajoute ici la nouvelle Roma. En les lisant aujourd'hui, Fanny Ardant leur redonne voix. De la voix de l'auteure à la voix du texte.

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21.09.2009

Parution d'un coffret Marguerite Duras (DVD de Benoit Jacquot et 2 CD de Fanny Ardant) - Bibliothèque des Regards... des Voix, 29 octobre 2009

COFFRET MARGUERITE DURAS (UN DVD + DEUX CD)

Ecrire

Marguerite Duras

(en partenariat avec les éditions Montparnasse)

Entretiens avec Benoît Jacquot

Lecture par Fanny Ardant

EAN : 3328140021141

Le coffret (1 DVD, 2 CD), 30 €

 

Office : 29/10/2009

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Ecrire

La mort du jeune aviateur anglais

 

Ce coffret comporte deux films réalisés par Benoît Jacquot avec Marguerite Duras. Dans le premier, l’écrivain raconte, en l’improvisant, l’histoire d’un jeune aviateur anglais tué au combat durant la seconde guerre mondiale. Dans le second, elle évoque son rapport à l’écriture (1 DVD). De ces entretiens naîtront deux textes La mort du jeune aviateur anglais et Ecrire (Gallimard, 1993), ici lus par Fanny Ardant (2 CD).

 

La mort du jeune aviateur anglais - Ecrire

1 DVD plus deux CD :

« L’événement de Vauville, je l’ai intitulé La mort du jeune aviateur anglais. En premier je l’ai raconté à Benoît Jacquot qui était venu me voir à Trouville. C’est lui qui a eu l’idée de me filmer lui racontant cette mort du jeune aviateur de vingt ans. Un film a donc été fait par Benoît Jacquot. L’image est de Caroline Champetier de Ribes, et le son de Michel Vionnet. Le lieu était mon appartement à Paris.

Ce film une fois fait, on est allé dans ma maison de Neauphle-le-Château. J’ai parlé de l’écriture. Je voulais tenter de parler de ça : Ecrire. Et un deuxième film a été ainsi fait avec la même équipe et la même production ».

(…) « Écrire, c'était ça la seule chose qui peuplait ma vie et qui l'enchantait. Je l'ai fait. L'écriture ne m'a jamais quittée. »

(…) « Ce livre n’est pas un livre.

Ce n’est pas une chanson.

Ni un poème. Ni des pensées.

Mais des larmes, de la douleur, des pleurs, des désespoirs qu’on ne peut pas encore arrêter ni raisonner. Des colères politiques fortes comme la foi en Dieu. Plus fortes encore que cela. Plus dangereuses parce que sans fin »

Production INA, 1993

Réalisation : Benoit Jacquot avec la collaboration de Yann Andréa. Image : Caroline Champetier, Julien Hirsch, Dominique Texier.

Son : Michel Vionnet, Patrick Collot.

Montage : Eric Vernier

Production executive : Sylvie Blum.

Atelier de production : Sylvie Ronchal, Monique Pascual

Direction des programmes de création : Claude Guisard.

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2 CD - textes lus par Fanny Ardant

La mort du jeune aviateur anglais - Ecrire - Roma

  

Production Des femmes-Antoinette Fouque, 2009

Réalisation : Michelle Muller - Piano : Joëlle Guimier

 

"C'est curieux un écrivain. C'est une contradiction et aussi un non-sens. Ecrire c'est aussi ne pas parler. C'est se taire. C'est hurler sans bruit. C'est reposant un écrivain, souvent, ça écoute beaucoup. Ca ne parle pas beaucoup parce que c'est impossible de parler à quelqu'un d'un livre qu'on a écrit et surtout d'un livre qu'on est en train d'écrire. C'est impossible. C'est à l'opposé du cinéma, à l'opposé du théâtre, et autres spectacles. C'est à l'opposé de toutes les lectures. C'est le plus difficile de tout. C'est le pire. Parce qu'un livre c'est l'inconnu, c'est la nuit, c'est clos, c'est ça. C'est le livre qui avance, qui grandit, qui avance dans les directions qu'on croyait avoir explorées, qui avance vers sa propre destinée et celle de son auteur, alors anéanti par sa publication : sa séparation d'avec lui, le livre rêvé, comme l'enfant dernier-né, toujours le plus aimé." Marguerite Duras

 

Comédienne, Fanny Ardant a été l’héroïne de très nombreux films parmi lesquels : La Femme d’à côté (François Truffaut, 1981), La Vie est un roman et L’Amour à mort (Alain Resnais, 1982, 1984) , Trois Sœurs (Margarethe Von Trotta, 1988). Elle a joué récemment au théâtre avec Gérard Depardieu La Bête dans la jungle (James Lord, 2004) et La Maladie de la mort (Marguerite Duras, 2006) . Ces textes ont été enregistrés pour « La Bibliothèque des voix » (Des femmes-Antoinette Fouque, 2005 et 2006). Pour cette même collection, elle a également lu La Musica Deuxième, de Marguerite Duras, avec Sami Frey, La Duchesse de Langeais, de Balzac, La Peur, de Stefan Zweig, Jane Eyre, de Charlotte Brontë.