18.03.2008

Mercredi 19 mars, Soirée exceptionnelle pour le Vernissage de l'exposition de Catherine Lopes-Curval (dès 18 h 30) !!

Pour les pressé (e) s - oranges ou citrons, c'est idem : agrumes mâles et femelles traitées de la même manière aux éditions Des femmes !!! - filez décrocher le bijou (imprimable) ici d4226b05c871f59cec76a33c71e889bf.jpg: il vous fera office de carton d'invitation moderne pour notre chic soirée Catherine Lopes-Curval... (en présence d'Antoinette Fouque... murmure t-on !!!)

Pour ceux qui disposent d'une minute, je vous suggère de la scinder en deux (Attention, le compte à rebours commence ! Symptôme de l'attachée de presse soucieuse de la gestion de votre temps) : 30 secondes politiques humanistes et militantes en consultant le lien Tibet Libre d'Irène Frain http://www.dailymotion.com/IreneFrain/search/irenefrain/video/x4qggi_tibet-libre-contre-la-repression_blog et 30 secondes esthétiques contemplatives plus parisiennes mais tout aussi militantes (pour la création artistique des femmes !) en jetant un coup d'oeil sur l'oeuvre de Catherine Lopes-Curval ici http://www.artnet.com/artist/654765/catherine-lopes-curval.html.

Spécialement nourrie et inspirée par les écrivains (Kafka par-dessus tout), cette peintre dont l'univers me semble aussi nocturne et inquiétant que celui de la précédente exposition (Colette Deblé, illustratrice du si bel agenda Des femmes 2008 - encore en vente, précipitez-vous !) était diurne et jovial nous honore de venir nous habiter, au 35 rue Jacob, jusqu'au 17 mai prochain.

Le travail présentement exposé "chez nous" de Catherine Lopes-Curval, à l'imposant dossier de presse, mondialement célèbre (jusqu'en Chine !), comme Colette Deblé, porte sur "Les métamorphoses d'Alice", à partie de Lewis Carroll. Rien d'étonnant à ce qu'une grande psychanalyste comme Antoinette Fouque ait eu un violent engouement pour son talent il y a quelques années déjà, ait acquéri plusieurs de ses tableaux et désiré mettre son oeuvre en valeur...

Une Alice aussi brune que celle de Walt Disney est blonde doit être un argument suffisant pour vous convaincre de venir assister CE MERCREDI 19 MARS (clôture du Salon du Livre) DES 18 H 30 au vernissage que nous organisons à la Galerie des femmes. Adresse : au bout de l'allée fleurie, 35 rue Jacob, Paris 6ème.

Cet émile vaut invitation personnelle.

Philippe Djian a déjà remarqué la peinture de Catherine Lopes-Curval, aussi délicieuse que Colette Deblé l'a été tout l'hiver ; et Guy Goffette - autre auteur Gallimard - sera amicalement des nôtres ce soir-là.

En espérant que vous en serez aussi, je vous laisse deux mini pubs : une pour la Galerie Trigano qui expose habituellement Catherine Lopes-Curval et une pour notre livre audio (durée plus de trois heures) d'Arielle Dombasle lisant de son inimitable voix le texte de Lewis Carroll. (parution Bibliothèque des Voix 2006) + photo de couverture en PJ.

Bises pressées...! (décidément, je reste dans le "pressé" cde mon "accroche" cette nuit... Sûrement pour aller me coucher...! ) N'hésitez ni à m'appeler ni à me rappeler pour des infos en bonus....! La prochaine fois, je vous parlerai du Salon (Passez me voir mardi ou mercredi, ça me fera plaisir ! Stand S 55, Danielle Michel-Chich, Thérèse Clerc, Michèle Ramond, Catherine Weinzaepflen et Benoite Groult seront là...........) et de nos livres.............

G.

La Galerie Trigano :
http://www.artnet.com/galerietrigano.html
Galerie Patrice Trigano
4 Bis, Rue des Beaux-Arts
75006 Paris

36dc9f97e402accd6bd3722973979111.jpg Notre CD de Lewis Carroll lu par la somptueusement belle Arielle Dombasle (dont je vous recommande également le spectacle "Don Quichotte contre l'Ange Bleu") :
Le 4 juillet 1862, au cours d'une promenade en barque avec ses deux sœurs, Alice Liddell demande à Charles Lutwidge Dodgson de lui raconter une histoire.
La petite fille lui inspire, à lui le mathématicien-logicien passionné de phénomènes occultes, cette tumultueuse plongée souterraine dans le monde du rêve. Un monde hors temps, peuplé de créatures furieusement déraisonnables, où le lapsus est roi. Elle l’explore, étonnée mais toujours lucide et désireuse, avant tout, de grandir. “ Pleine de confiance, notera-t-il, prête à accepter les pires invraisemblances avec cette foi profonde que seuls connaissent les rêveurs. Et, pour finir, curieuse, curieuse de manière extravagante, dotée de cette ardente joie de vivre que l’on ressent uniquement durant les heureuses heures de l’enfance, quand tout est neuf et beau. ”A la demande d'Alice, Charles écrira l'histoire. Pour la publier, il prendra le nom de Lewis Carroll. (...) Conteuse à son tour, Arielle Dombasle joue de toutes les ressources de sa voix, et du chant, pour incarner les multiples personnages du rêve malicieux d'Alice.
Une dernière page de pub (pour frimer comme Patrick Besson, dans ses articles) pour Les Ronchons, restaurant du 5ème dont je sors juste : http://www.lesronchons.com/

14.03.2008

Ce samedi 15 mars, Conférence au Salon du Livre de Paris, salle 2 à 17 h

31b6d5ed6204989643caf83a9b588e2a.jpg Ce samedi 15 mars, Conférence au Salon du Livre de Paris, salle 2 Haïm Nahnan Bialik à 17 h sur "PENSER AVEC ANTOINETTE FOUQUE" (nouveauté en avant-première) avec les auteurs... Chantal Chawaf, Roger Dadoun, François Guéry, Anne-Marie Planeix, Laurence Zordan…


Et au stand S 55

14h00 - 16h00
• Anne de Bascher, Alba, correspondance à une voix
• Marisa Berension, Le Voyage de Pirandello (livre audio)
• Catherine David, Simone Signoret ou la mémoire partagée (livre audio)
• Christine Orban, Deux fois par semaine (livre audio)
• Laurence Zordan, Blottie

16h00 - 18h00
• Françoise Collin, On dirait une ville
• Hélène Martin, Journal d’une voix (livre audio)
• Victoria Thérame, Hosto-Blues

29.02.2008

Antoinette Fouque citée par Charlotte Rotman (libération du 29.02.08)

Sexualité j’écris ton nom
Pilule, avortement, homosexualité, la révolution sexuelle est en marche et «faire l’amour est la plus merveilleuse façon de parler».
CHARLOTTE ROTMAN
QUOTIDIEN : vendredi 29 février 2008

On est en 1967. Un an avant l’effervescence de mai, c’est déjà la pleine ébullition… hormonale. Sur le campus de Nanterre, les garçons veulent pouvoir se rendre dans les chambres des filles. Le 16 mars, l’association des résidents abolit le règlement intérieur qui prohibe cette libre circulation. L’affaire monte jusqu’au Conseil des ministres.«On leur donne des maîtres, maintenant ils veulent des maîtresses»,maugrée le général De Gaulle. La révolution sexuelle est en marche. Quelques mois plus tard, la pilule est autorisée. Un cycle s’ouvre. Les femmes partent à la découverte de leur corps comme à la conquête de leurs droits.

Sur le même sujet
On s’est contenté de changer le contenu des contraintes »

Joëlle Brunerie-Kauffmann termine ses études de médecine en 1965. Gynécologue, elle est l’une des pionnières du droit à la contraception. «A vant la pilule, il y avait la méthode Ogino et celle du retrait. Les femmes se débrouillaient.» Certaines se rendent dans l’un des 42 centres du Mouvement français pour le planning familial qui milite pour une «maternité heureuse» et choisie. On y commande des diaphragmes en Angleterre et on y forme les (rares) médecins militants. Dans une consultation, gérée par la Mnef, Joëlle Brunerie, elle, «bricole dans l’illégalité». Jusqu’à ce que «la société reconnaisse officiellement aux femmes le droit de faire l’amour». Sans peur au ventre.

Conquête. C’est l’Assemblée nationale qui va leur octroyer ce droit. Grâce à une proposition de loi du député gaulliste Lucien Neuwirth (UDR) qui, dit-il, va transformer «les conditions d’existence de millions de couples». «J’ai reçu de nombreuses lettres de femmes retraçant leurs drames lamentables, la recherche d’un médecin "compréhensif", puis, au fil des jours, l’affolement, les demandes pour obtenir une "bonne adresse" et, finalement, l’avortement clandestin chez une matrone qui faisait payer cher ses "services"», explique-t-il lors du débat parlementaire. A l’époque, l’Institut national d’études démographiques (Ined) estime qu’il y a 300 000 avortements clandestins par an. Les opposants comme Jacques Hébert (lui aussi UDR) s’emportent, évoquant une modification «du patrimoine héréditaire de l’espèce» et «une flambée inouïe d’érotisme». La loi sur la contraception est votée en décembre 1967. Première conquête de la liberté sexuelle.

«Pour la première fois, les femmes avaient le droit de dire qu’elles ne voulaient pas d’enfants ou pas tout de suite,se souvient Joëlle Brunerie. Ça a été un raz de marée de bonheur.»Et de baise.«Il y avait une liberté sexuelle, réelle, psychique, libidinale, conquise»,s’enthousiasme Antoinette Fouque, figure du féminisme.«A la Sorbonne, on dormait les uns sur les autres», se souvient un témoin. Les uns avec les autres. Les mots sur les murs invitent à «jouir sans entraves».On prône l’amour libre. On part à la découverte des écrits de Sade, publiés par Pauvert. Dans la foulée, les femmes se retrouvent… entre elles. A Vincennes, quelques intellectuelles organisent des rencontres non mixtes.«En AG, les femmes ne parlaient pas», se souvient Antoinette Fouque. Là, «sans oreille d’hommes», la parole se répand. «Le désir des femmes aussi, a circulé hors du contrôle et du mode de jouissance des hommes.»

«Orgasme final». Deux ans après 68, le Mouvement de libération des femmes (MLF) ira déposer une gerbe en l’honneur de«la femme du soldat inconnu». Dans son sillage, le Front homosexuel d’action révolutionnaire (Fhar), mené par Guy Hocquenghem et Françoise d’Eaubonne, voit le jour. Son acte fondateur est l’irruption salle Pleyel, à l’émission de Ménie Grégoire sur RTL consacrée à l’homosexualité, «ce douloureux problème». «C’est l’orgasme final. Couchons-nous et demain les gouines et les pédales seront le genre humain», chantent les homos.

Le 20 novembre 1971, pour la première fois, le MLF appelle à une manifestation à Paris : «Travail, famille, patrie, y en a marre. Contraception, avortement libres et gratuits.» A l’église Saint-Ambroise, le cortège veut «libérer la mariée», quand les cloches sonnent. Petit à petit, les corps se dénudent. Après la minijupe (lancée par l’Anglaise Mary Quant en 1965), le short fait son apparition dans la rue. Les seins s’exposent pour la première fois à la piscine Molitor, à Paris. Le désir s’affiche.

«Apprenons à faire l’amour, car c’est là le chemin du bonheur. C’est la plus merveilleuse façon de parler et de se connaître», conseille aux lycéens le docteur Carpentier, après l’exclusion en 1972 de deux élèves du lycée de Corbeil-Essonnes qui s’étaient embrassés sur la bouche. Cette même année, le premier rapport sur le comportement sexuel des Français est un événement et la courbe des mariages amorce sa chute. Le 3 janvier, la loi reconnaît que «l’enfant naturel a en général les mêmes droits et les mêmes devoirs que l’enfant légitime dans ses rapports avec ses père et mère».

Les 13 et 14 mai 1972, se tiennent les journées de «dénonciation des crimes contre la femme» à la Mutualité, à Paris. Les murs sont couverts de slogans : «C’est nous qui portons, accouchons, avortons. C’est nous qui risquons notre vie. C’est nous qui nourrissons, qui lavons, qui veillons. Et pourtant c’est pas nous qui décidons, nous qui parlons.»L’entrée est gratuite pour les femmes, c’est 5 francs pour les hommes. Pour la première fois, on montre un avortement selon la méthode de l’aspiration (la méthode de Karman).

«Jugez-nous !». Le 11 octobre 1972, à Bobigny, s’ouvre le procès de Marie-Claire Chevalier, 16 ans, violée par un camarade de classe et jugée pour avoir avorté. Son avocate Gisèle Halimi (fondatrice de Choisir la cause des femmes) accuse la loi, «objectivement mauvaise, immorale et caduque».A la barre, Simone Iff, vice-présidente du planning familial, les actrices Françoise Fabian et Delphine Seyrig disent avoir eu recours à l’avortement. Dehors, les manifestantes clament : «Nous avons avorté, jugez-nous !» Marie-Claire est relaxée.

De fait, de plus en plus de médecins et de militants, au Mlac (Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception), pratiquent des avortements. Il faut légiférer. Le 26 novembre 1974, face aux députés (presque exclusivement hommes), Simone Veil défend son projet de loi. Ce texte prévoit que «la femme enceinte que son état place dans une situation de détresse peut demander à un médecin l’interruption de sa grossesse» avant la fin de la dixième semaine. Le débat est d’une violence inouïe. On entend : «L’avortement, c’est un génocide légal.» Le 29 novembre 1974, le projet de loi est adopté à 3 h 40 du matin.

Après le succès du Dernier Tango à Paris et de Gorge profonde, sortis en 1972, les Valseuses de Bertrand Blier font un tabac (4 millions de spectateurs en six mois). Et Emmanuelle de Just Jaeckin, d’abord interdit par le gouvernement Pompidou pour «manque de respect envers le corps humain», fait 16 000 entrées le jour de sa sortie. Le Monde s’interroge : «Le sexe a-t-il remplacé la religion comme opium du peuple ?»

23.01.2008

Café Babel 23.01.08 (par Mathilde Magnier)

http://www.cafebabel.com/fr/article.asp?T=A&Id=2997

Mathilde Magnier - Paris - 23.1.2008
Analyse
Féminisme : la révolution rose
Point de rupture dans l’histoire des femmes, Mai 68 avait aussi ses militantes. Celles d’hier et d’aujourd’hui témoignent et racontent leurs combats.
Slogans féministes dans une manif parisienne (Photo : DR/Jean-Claude Seine) Un vent de révolte dirigé contre une société patriarcale et un brin misogyne souffle dans une société engoncée dans un carcan social, politique et culturel, trop lourd et trop étroit. C'est mai 68, une période où nos jolies mamans, du Beauvoir plein la tête, se sont engouffrées dans la brèche contestataire en faisant claquer haut et fort l’étendard de la libération et de l’émancipation des femmes.

Avortement, contraception, parité et égalité des sexes… Autant de concepts qui semblent aujourd’hui familiers. Mais cela n'a pas toujours été ainsi. Le Girl Power dont se revendiquent certains groupes de pop épicée made in UK, n’aurait probablement jamais pu faire autant d’adeptes sans le travail acharné de nos aînées.

Mouvement de libération des femmes

Et pour cause : « En quarante ans, plus a été fait pour les femmes qu’en deux mille ans d’histoire », rappelle Antoinette Fouque, psychanalyste et politologue, ancienne eurodéputé et personnalité phare du Mouvement de Libération des Femmes (MLF), groupe emblématique créé en 1968. Mais, dans les années 60 et 70, que signifiait être féministe ? Quelles étaient les attentes et les revendications de ces femmes militantes de leur propre condition ?

En réalité, le terme de « libération » était sur toutes les lèvres et surtout celles des femmes. Françoise Picq, maître de conférence en science politique à Paris Dauphine et militante de la première heure au MLF, décrit, avec une pointe de nostalgie, cette atmosphère si particulière : « Le contexte du moment était explosif », se souvient-elle. « Il était difficile d’être femme dans une société où nous n'existions qu’en tant qu’épouses, mères ou filles », poursuit Antoinette Fouque.

A partir des événements de 1968, la conception de la femme dominée par la « puissance paternelle » vole en éclat et est abolie en 1970. Les féministes rejettent l'idée d'être enfermées dans un rôle d’asservissement domestique. Les militantes du MLF prennent la tête de la revendication. Dans leurs coeurs, la révolution des mentalités et des moeurs n’est pas nécessaire : elle est incontournable.

« Le Mouvement de Libération de la Femme fut un véritable raz-de-marée, car il correspondait à un sentiment de révolte et de lassitude généralisé chez les 'nanas' de l'époque face à une mysoginie ambiante », explique Antoinette Fouque. « Nous étions des filles de la République. Nous avions reçu la même éducation que les garçons, et sur les bancs de la fac, nous nous sentions leurs égales. Or, une fois mariées ou enceintes, il n'en était plus rien. Nous étions toujours sous le coup des lois qui faisaient de nous des mineurs. Une femme n'avait pas le droit d'ouvrir un compte en banque sans l'autorisation de son mari ! », insiste-t-elle. « Nous réclamions une révolution culturelle, une révolution de civilisation où hommes et femmes devaient être égaux en droits et en possibilités ».

Plus tard, l'association Choisir La Cause des Femmes est créée, en 1971, par Simone de Beauvoir et l’avocate Gisèle Halimi. Le Mouvement Français pour le Planning Familial est également fondé en 1956. Il permettra aux femmes de penser et façonner leur destin pour elles et entre elles.

Cheval de bataille : l'interruption volontaire de grossesse

Alors que le droit à la contraception est obtenu dès 1967, d'autres revendications se bousculent. Pêle-mêle : le droit au travail et à l’égalité salariale, la parité et la fin d’un système de domination masculine... Et surtout, le droit à l’avortement, finalement voté en 1975 grâce à la loi Veil. La question de l'interruption volontaire de grossesse (IVG) est le point crucial du combat féministe. C'est le cheval de bataille du MLF. Son mot d'ordre : « Un enfant, si je veux, quand je veux ». Pour la jeune historienne Bibia Pavard, « l’action a été déterminante à cet égard. On a reconnu aux femmes le droit d’avoir le choix ». Elles reprennent disposition de leur corps et de leur sexualité. Et puis surtout, elle maîtrise leur fécondité, peuvent accepter, ou non, la maternité.

« C'est un combat que nous devions mener seules, entre femmes, dans un environnement non-mixte. Il fallait que nous puissions accéder librement à la formulation de nos désirs, que nous puissions parler de tout, et particulièrement de ces choses intimes que nous n'avions, jusque là, pas le droit de dire», précise Antoinette Fouque.

Près de quarante ans plus tard, qu’en est-il de la cause féministe et de l’héritage de 68 ? Qu'est devenue la lutte engagée par les virulentes et déterminées demoiselles de ces années-là ? Aujourd’hui, les associations sont nombreuses et continuent de se faire entendre pour défendre les droits des femmes. Preuve que « si le travail accompli par les femmes de 68 a été considérable, beaucoup reste encore à faire » comme le souligne Sihem Habchi, l’actuelle présidente de l'association Ni Putes, ni soumises. « Les acquis de 68 se sont arrêtés aux portes des quartiers populaires, où trop souvent, les femmes, en particulier celles issues de l’immigration, n’ont aucune conscience de leurs droits. »

De même, pour les militantes de Femmes Solidaires. Pour cette autre association, il est urgent de mobiliser les jeunes générations, de les amener à continuer le débat et de lutter contre les régressions. Car les réformes d’hier peuvent être perdues demain. Ailleurs, comme chez Mix-Cité, on mène un combat des mentalités, contre le sexisme, mais dans lequel les hommes doivent être impérativement impliqués. Ainsi les temps ont changé : nos sociétés ont profondément évolué. Mais la défense des droits des femmes semble rester furieusement d’actualité.
Mathilde Magnier - Paris - 23.1.2008 |

22.01.2008

Antoinette va à la générale de "Bérénice" (avec son amie Carole Bouquet) - Le Figaro 22.01.08

22.01.08

Le Figaro et vous

Trois ministres pour une tragédie

Station de métro La Chapelle, à Paris, dimanche soir : on se bouscule sur le trottoir. Jacques Rigaud, Georges Kiejman, Valérie Lemercier, Guy Bedos, Philippine de Rothschild, Jean-Pierre de Beaumarchais, Antoinette Fouque, Marina Vlady... La soirée la plus people du moment mise au point par Micheline Rozan, la grande admiratrice de Peter Brook aux Bouffes du Nord ! Trois ministres de la Culture sont là. L'actuelle, Christine Albanel, et deux anciens, Jacques Toubon et Renaud Donnedieu de Vabres. A la sortie du spectacle, la photo s'imposait ! Et pour qui cette presse, cette liesse ? Pour un concert de Carla Bruni ? Non, mais pour la plus belle des tragédies de Racine, "Bérénice", avec Carole Bouquet dans le rôle-titre, Lambert Wilson qui met en scène, joue Titus, dirige son père, le grand Georges Wilson, ovationné, et Fabrice Michel, Antiochus.

11.01.2008

Animaux de combat par Christine Clerc (Valeurs actuelles du 11/17.01.08)

LE CARNET DE CHRISTINE CLERC

ANIMAUX DE COMBAT

(...)

Ma génération doit beaucoup, paraît-il, à Simone de Beauvoir dont on célèbre le centenaire : elle fut une femme libre, vivant sans entraves ses liaisons avec Sartre, Lanzmann et Algren ; elle milita pour l'avortement et écrivit : "On ne naît pas femme, on le devient." Je trouvais cela très fort. Aujourd'hui, je crois au contraire avec Antoinette Fouque la fondatrice du MLF, qu'il est "impossible de se libérer en niant la différence des sexes" - et d'abord, la maternité. Pour l'avoir oubliée, nous avons pris beaucoup de retard dans le combat qui devrait être prioritaire : afin que des millions de mères seules aient les moyens matériels et intellectuels d'élever leurs enfants. Simone de Beauvoir s'en souciait-elle seulement ? Je relis "La force des choses" et n'y trouve qu'une bourgeoise intello préoccupée de sa propre personne, confessant dans les années 1940 : "Ce que je n'ai pas découvert, c'est la manière de traduire par des actes mon opposition au nazisme" et partant, en 1945 - année de rationnement en France - , effectuer une tournée de conférences en Espagne et au Portugal. Là-bas, elle trouve des magasins "au luxe d'un autre âge" et s'achète tenues de cocktail et manteaux de fourrure. Dans la rue, cependant, elle voit des enfants nus et "scrofuleux". "La bourgeoisie portugaise, note t-elle, supportait très sereinement la misère des autres." Elle aussi. Sa règle d'or : "Je ne m'appliquais pas au dégoût, ni à la compassion." En sept cents pages, pas une once de générosité ! Beauvoir aura incarné, en somme, la "gauche ragondin".

(...)

Louise Blanquart par Catherine Simon (Le Monde et www.lemonde.fr du 11.10.08)

LOUISE BLANQUART

Elevée dans la tradition chrétienne, elle s'engage dans les années 1940 au PCF et restera fidèle toute sa vie à la cause ouvrière, au combat féministe et à la poésie.

(...)

PASSIONNEE DE PHILOSOPHIE

La découverte du mouvement féministe, l'apprentissage de la "conscience sociale du sexe" l'amènent non seulement à militer (au sein du groupe Ruptures notamment), mais aussi à s'ouvrir à des courants de pensée longtemps stigmatisés par les cadres du PCF. En 1974, elle publie "Femmes, l'âge politique" (Editions sociales) et se passionne pour les débats qui soulèvent et déchirent le mouvement des femmes. Les théories d'Antoinette Fouque l'intéressent ; elle se lie d'amitié avec l'écrivain Nancy Huston.

Autodidacte (elle a quitté l'école à la fin du primaire), passionnée de philosophie, elle dévore Marx et Althusser, mais aussi Spinoza, plus tard Deleuze et Guattari aussi bien que Foucault, Derrida, Balibar... Son minuscule appartement de Montmartre, à Paris, en témoignera longtemps, tapissé de livres. Quelques semaines avant sa mort, elle avait entamé la lecture de la biographie de Hannah Arendt par Laure Adler.

Humaniste rigoureuse, fidèle à la "classe ouvrière, même si on ne dit plus comme ça", Louise Blanquart s'était rapprochée, dans les années 1990, du mouvement écologiste. Elle avait adhéré au Parti des Verts. Lectrice du Monde, elle regardait beaucoup la télévision, mais retournait sans cesse à ses livres de poésie.

Catherine Simon

100 ans de féminisme dans lefigaro.fr (11.01.08)

www.lefigaro.fr (11.01.08)

100 ANS DE FEMINISME par Laure Daussy

A l'occasion des 100 ans de la naissance de Simone de Beauvoir, retrouvez en photo les principaux événements du féminisme et de l'histoire des femmes en France

07.03.06. Anniversaire du manifeste des 343. Des féministes se réunissent pour les 20 ans du manifeste paru dans le Nouvel Observateur, signé par 343 femmes affirmant avoir pratiqué un avortement. Parmi elles, Antoinette Fouque, une des fondatrices du MLF, au premier plan. Simone de Beauvoir était parmi les signataires. AFP

Simone de Beauvoir, une oeuvre-vie par Josyane Savigneau (Le Monde des Livres du 11.01.08)

SIMONE DE BEAUVOIR, UNE OEUVRE-VIE

Si l'on aime Simone de Beauvoir, on admire son honnêteté, sa lucidité, son souci de vérité, sa volonté de liberté. Voici un livre sur elle, "Castor de guerre", de Danièle Sallenave, qui possède ces qualités. Et le désir de montrer plutôt que de juger.

La haine de Simone de Beauvoir a été constante chez les féministes dites "différentialistes", qui prêtent aux femmes des qualités particulières et une supériorité sur les hommes, la maternité. Au lendemain de sa mort, en avril 1986, Antoinette Fouque, la fondatrice du Mouvement Psychanalyse et Politique, dénonçait, dans Libération, ses idées "égalisatrices, assimilatrices, normalisatrices", son "universalisme intolérant".

A cette opposition, fondée sur le rejet des thèses du "Deuxième Sexe" (1949), se sont ajoutés, depuis, des écrits de supposées féministes - tardives - expliquant à longueur de pages à quel point elles avaient "dépassé" Beauvoir, qu'elles semblaient ne pas avoir lue.

(...)

Elle aurait eu 100 ans le 9 janvier. Depuis sa mort, le 14 avril 1986, plusieurs publications posthumes sont venues éclairer le parcours et l'oeuvre de Simone de Beauvoir. Son centenaire suscite de passionnants livres, notamment les essais de Danièle Sallenave et de Jean-Luc Moreau. C'est aussi l'occasion pour Liliane Kandel de se souvenir des rencontres des féministes des années 1970 avec l'auteur du "Deuxième Sexe", et pour Juliette Rennes d'évoquer sa "présence-absence" dans les études universitaires.

(...)

Josyane Savigneau

08.01.2008

Antoinette Fouque par Amandine Cauchy (Femmes Plus) 08.01.08

http://www.femmesplus.fr/mag-femme-feminisme-antoinette-fouque.18901.fr.html

[Par Amandine Cauchy, 08 janvier 2008]

Nous aimerions qu'il y ait un lieu où,
singulières, cependant-nous aurions dépassé l'état d'urgence,
-l'état de siège –occupation et résistance,
l'état de guerre et de violence,
l'amour de la haine parmi nous. (…)
Gravidanza (2007)*

Pour Aung San Suu Kyi et Taslima Nasreen…
Ah, Antoinette. Toujours là dans sa lutte. Toujours vigilante aux femmes, à leurs détresses, à leurs appels au secours.
Aung San Suu Kyi, Prix Nobel de la Paix, chef du parti démocrate birman, toujours assignée à résidence depuis 1988, soutient les manifestations du peuple birman durement réprimées par la dictature ? Elle se démène, ne décroche pas de son téléphone : actions, pétitions, manifestations !
Taslima Nasreen, l'écrivaine bangladeshi, est de nouveau menacée pour son combat pour l'émancipation des femmes ? Vite, elle agit, toujours guidée par la sécurité physique et la liberté d’expression de son amie de lutte.

Pour la force créatrice des femmes…
Antoinette est une femme impatiente. Elle est une femme de pensée, une femme de rassemblement.
En 1968, après mai, et après avoir écouté les slogans machistes et autoritaires, Le pouvoir est au bout du phallus, Le pouvoir est au bout du fusil, c'est la naissance du Mouvement de Libération des Femmes, avec Monique Wittig et Josiane Chanel. "En pleine époque de décolonisation, nous avons essayé de nous décoloniser, pour que les femmes libèrent leurs paroles ! C'était l'époque du "notre corps nous appartient''", se souvient-elle.

Femmes, pas féministes
"En 68, Avec Monique Wittig, nous étions en désaccord avec "le Deuxième Sexe" de S. de Beauvoir. Pour Wittig, c'était par rapport au lesbianisme, pour moi, par rapport à la maternité, au fait d'être mère et de le vouloir -je venais d'avoir ma fille 4 ans plus tôt".
Mais très vite, pour Antoinette, avec l’instance "Psychanalyse et Politique" il s’agissait de positiver le terme "femme", et de savoir "si cet esclavage maternel des femmes n’était justement pas causé par cette immense richesse ou compétence constituée par la procréation".
Parce que pour elle, "en faisant le MLF, je visais à donner une dimension politique à cette expérience de la grossesse propre aux femmes, à donner une traduction politique à l’expérience psychique et physique qu’est la grossesse". Alors que Wittig rejetait le terme "femme" : "Monique Wittig en était même arrivée à la conclusion que "Le mot femme est un terme d'oppression". Moi pas du tout !"

Une création libérée
Dans la lignée, en 1974, Antoinette fonde sa maison d'édition, les Editions des Femmes où aujourd'hui encore elle rêve de "donner lieu, tracer des voies positives en mettant l’accent sur la force créatrice des femmes".
S'ensuit un passage au Parlement européen de 1994 à 1999. Et surtout, depuis quelques semaines, la création de l'Espace des Femmes, où elle a déménagé sa Maison, l'Alliance des femmes, avec ses amies artistes, écrivaines.

"Phallocentrée"
"Phallocentrées", les sciences humaines maintes et maintes fois décortiquées dans deux essais de féminologie -terme qu’elle a inventé, (Il y a deux sexes, 1995 réédité en 2004) et Gravidanza (2007), mêlant histoire, philosophie, anthropologie….
On l'a compris, Antoinette n'aime pas ces "ismes" qui fixent les choses, ni les "é", qui assoient les généralités.
Antoinette n'aime pas que l'on parle de "la" femme, et préfère parler "des femmes", et de "leur entrée dans l’Histoire".

"L'envie de l'utérus"
Pour Antoinette, il y a "deux sexes", deux corps, deux libidos, l'une ne prenant pas le pas sur l'autre, n'en déplaise à Freud et à son "envie du pénis", dictat d'une libido unique d'essence mâle.
Pour Antoinette, la procréation et la possibilité de donner vie constituent la force des femmes. C'est quelque chose qui échappe aux hommes et qu'ils nous envient. C'est "l'envie de l'utérus", qui se traduit notamment par la tentative de maîtriser et de contrôler cet utérus.
Pour Antoinette enfin, "la perte de cette expérience (celle de la grossesse) appauvrirait l'humanité, démographiquement bien sûr, mais la priverait aussi d'une richesse".

Une permanence historique
"Depuis 40 ans, il y a une permanence historique des femmes, un mouvement continu. Aujourd'hui, être une femme n'est ni un privilège, ni une damnation. Et si l'on vit encore dans une phase phallique, on finira par la dépasser, l'humanité va grandir, pour atteindre enfin sa maturité, son stade géni(t)al pour l’un et l’autre sexe."

"Un autre temps viendra"
Bel exemple que celui de Ségolène ! "Qu'on l'aime ou qu'on ne l'aime pas, elle a rempli un vrai contrat humain. Avec ses quatre enfants et sa carrière, elle a donné l'exemple ! Elle s'est heurtée au machisme ; elle a été battue : je savais que le temps n’était pas venu. Mais il viendra, un autre temps viendra…"
Alors ?
Encore se risquer, entre gestes et mots ; à la béance ;
à la relance entre dires et pas ; et dégager la tête, et les mains et les voix ;
les langues et les yeux, les oreilles, le cœur ; énoncer, de plein chant, nos revivances, toutes.
Gravidanza (2007)

Plus d'infos !
* Extrait de "Des femmes en mouvements", décembre 1977

Espace des Femmes, 35, rue Jacob, Paris 6ème
Renseignements : 01 42 22 60 74

L'Espace des Femmes
Gravidanza, Féminologie II, par Antoinette Fouque, aux Editions des Femmes, 2007, 15 euros

Il y a 2 sexes, essai de féminologie, par Antoinette Fouque, chez Gallimard, le Débat, 1995 (édition revue et augmentée en 2004)

Gravidanza

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