04/08/2007
Umoja, village de femmes au Kenya par Christèle Dedebant (Le Monde 2)
Antoinette Fouque a eu un vif coup de coeur pour les pages du Monde 2 du 4 août consacrées à Umoja, un village de femmes au Kenya. Elle a immédiatement souhaité entrer en contact avec ces femmes par l'intermédiaire de la très aimable auteur du reportage, Christèle Dedebant. (Et c'est Bibi qui s'en est chargée !) Je vous tiendrai au courant...
Le Monde 2 - 4 août 2007
Au Kenya, le village des femmes fait des jaloux
Abandonnées par leur mari à la suite d'un viol, mariées à force à l'âge de 13 ans..., de nombreuses femmes Samburu, une ethnie kényane, sont mises au ban de leur communauté. En 1991, une militante féministe leur a créé un refuge, le village d'Umoja. Une enclave qui subvient à ses besoins grâce au tourisme. Aujourd'hui, leur succès fait des émules et des jaloux. Christèle Dedebant / Photos Bruno Fert pour Le Monde 2
Archer's Post : 6 000 habitants rassemblés autour d'une piste chaotique et poussiéreuse qui court péniblement jusqu'à l'Ethiopie distante de 400 km. De part et d'autre de cette bourgade envahie par les broussailles, s'étirent les grandes réserves nationales de Samburu, Buffalo Springs et Shaba où s'ébattent les fameuses bêtes sauvages prisées des "safaristes" : éléphants, lions, buffles, léopards et rhinocéros. Droit d'entrée pour cet éden : 30 dollars (22 euros) par jour et par personne et 300 dollars (220 euros) pour rejouer la série télévisée Daktari dans une hutte en bois. A Archers's Post, située à la périphérie des grands parcs, on voit les Mzungu ("Blancs") lancer des vibrants "Hello !" avant de disparaître en 4 x 4. En fait de girafes réticulées ou d'autruches de Somalie, cette ville-étape plutôt miteuse exhibe tous les maux du Kenya contemporain : sécheresse chronique (trois années consécutives dans le Nord), pauvreté endémique (60% de la population vit avec 1 dollar par jour) et séropositivité galopante (taux de prévalence : 6,7%).
Dans ce coin de savane aride - majoritairement peuplée de Samburu, parents proches des Massaï - , on mate le désoeuvrement en s'alcoolisant au son du "Grand Bob" (Marley). Chemises défraîchies et pantalons approximatifs, les piliers de bar ont entre 18 et 35 ans, parlent un anglais fonctionnel et, à l'instar de 40% de leurs compatriotes frappés par le chômage, attendent un job hypothétique à toute heure du jour ou de la nuit. Ces inactifs "instruits" ont atteint le collège ou le lycée sans espoir d'emploi stable et ont abandonné le costume traditionnel réservé aux femmes, aux vieux et aux jeunes moranes, juste intronisés guerriers, qui affichent une imperturbable allure martiale dans les deux rues d'Archer's Post. A mille lieues de la morne exubérance des buveurs de bière, rien ne vient troubler le hiératisme de ces "pâtres-guerriers" : ni les embardées des camions ni les coups de sang des badauds. Pas même la vision fugace des soldats anglais qui traversent la ville...
Pourtant, ici, tout le monde parle du bras de fer qui a opposé Archer's Post à l'armée britannique qui s'entraîne dans la région depuis les années 1960. En 2002, le gouvernement de Sa Majesté a versé près de 7 millions d'euros de dédommagement aux familles des civils blessés ou tués par des munitions non explosées. Malgré l'argent sonnant et trébuchant, malgré les campagnes de sensibilisation dans les écoles, la plaie n'est pas refermée : les exercices militaires feraient quatre ou cinq victimes par an, principalement parmi les enfants.
280 plaintes classées sans suite
D'autant que l'affaire se double d'un autre scandale retentissant. En 2003, plusieurs centaines de femmes de la région ont affirmé avoir été violées par des soldats en manoeuvre. Montant des réparations réclamées : 30 millions d'euros. Trois années durant, les services d'investigation de la police militaire royale ont entendu plus de 2 000 victimes présumées... pour ne retenir que 280 plaintes, finalement classées sans suite à la mi-décembre 2006. Suspicion, opacité de part et d'autre : l'armée britannique prétend que les témoignages ont été achetés ou inventés de toutes pièces. A Archer's Post, on ne décolère pas : "Les militaires ne peuvent pas être à la fois juge et partie", s'indigne Fabian Lolosoli.
Ce notable de la région, représentant des Samburu auprès du gouvernement, sait parfaitement de quoi il parle. La mère de ses cinq enfants est l'une des pionnières des droits de la femme dans la région. A la mi-décembre 2006, au grand dam de la police municipale, cette pétulante quadragénaire au visage d'enfant a pris la tête d'un cortège féminin pour protester contre le verdict des Britanniques.
Invitée à l'ONU en 2005, intervenante régulière des forums féministes, Rebecca Lolosoli, séparée de son époux depuis de longues années, est coutumière des coups d'éclat. Pourtant, il y a moins de dix ans, elle parlait à peine l'anglais. Et pour cause : elle venait tout juste d'entrer en cinquième quand on l'a demandée en mariage. Rien que de très ordinaire dans la communauté samburu où les jeunes épouses ont environ 13 ans. Sauf que cette fille d'un chef de village à l'autorité incontestée a toujours été insoumise : "Mon père, si respecté de tous, était terriblement violent, se souvient-elle, comme tous les hommes de mon entourage. Enfant, j'ai même été témoin du meurtre d'une voisine. Son mari l'avait battue à mort. Je n'ai jamais oublié."
Ce militantisme de la première heure l'a amenée en 1991 à fonder Umoja - "unité" en swahili - , un village situé à quelques centaines de mètres d'Archer's Post, entièrement composé de femmes en rupture de ban. A 15 km de la base militaire britannique et... pile sur le chemin des 4 x 4 en partance pour les safaris-photos. Il y a seize ans, les toutes premières "défricheuses" d'Umoja vendaient bijoux et colifichets au bord de la route dans l'espoir d'attirer l'attention des touristes.
Aujourd'hui, cette cité de femmes, désormais estampillée "village culturel", a bel et bien prospéré : avec 50 résidentes permanentes, Umoja aligne une vingtaine de cases traditionnelles en bois et bouse de vache, un troupeau de chèvres (alloué par l'organisation féministe newyorkaise Madre), une école maternelle qui accueille une centaine d'enfants, deux auvents boutiques, une aire de camping au bord de la rivière Ewaso Ngiro et même un petit musée en attente de collections.
Un miracle de gestion
En haute-saison (juin-septembre et décembre-mars), le village reçoit quotidiennement des douzaines d'Occidentaux, apôtres du voyage culturel. A leur approche, les quelques hommes adultes du village - deux gardiens de sécurité et un instituteur - s'éclipsent discrètement et les femmes réajustent leurs diadèmes et colliers. Pendant une heure, un petit contongent d'Européens bardés d'appareils photo sera successivement accueilli par des chants de bienvenue, instruit des ravages de la polygamie chez les Samburu, convié à quelques pas de danse... et invité à acheter 1 500 shillings pièce (16 euros) les somptueuses parures de perles confectionnées par les résidentes.
Un business qui tourne bien ? Certes... sauf qu'Umoja est bien plus qu'un piège à touristes. Ce village unique en son genre se dresse au carrefour de la misère socio-économique, de la violence infligée aux femmes et de la vogue du tourisme solidaire. C'est surtout un petit miracle de gestion rationnelle. Ici, les résidentes versent 15% de leurs gains mensuels à la collectivité et toutes, à tour de rôle, bénéficient d'un petit capital généré par la tontine. C'est ce qui a permis à Margaret Natukoï, 27 ans, de commencer un petit élevage de poules. Pourtant, cette jeune femme abrupte revient de très loin : orpheline à 6 ans, mariée à 13, elle affirme avoir été violée par des militaires britanniques alors qu'elle gardait son troupeau. "Mon mari ne l'a pas supporté, s'emporte t-elle. Il m'a jetée dehors avec nos deux enfants. Le viol, ce n'est pas le plus difficile : c'est l'exil qui est vraiment insupportable." Margaret, qui se trouble à l'évocation du passé, jauge avec une expertise sans faille ce qu'elle peut obtenir des visiteurs étrangers. En l'absence de Rebecca Lolosoli, de plus en plus sollucitée à l'extérieur, c'est elle qui mène la danse... et souvent au sens propre. "Ici, on accueille des tas de touristes blancs, se réjouit-elle. De quelle tribu ? Je ne pourrais pas dire... Honnêtement, ils se ressemblent tous."
A Umoja, l'inventaire des maux et des souffrances donne le vertige : Ntipayo, la brasseuse de changaa - un redoutable alcool de contrebande - , reniée par sa belle-famille après avoir purgé une peine de prison ; Nasara, "oubliée" par son mari au profit d'une autre épouse ; Sawadee, 12 ans, qui a franchi seule 40 km à pied pour rejoindre sa mère réfugiée à Umoja ; Usia, veuve sans ressources, abandonnée des siens... Certaines s'installent, d'autres passent. Toutes - aïeules desséchées par l'âge ou jeunes filles graciles - dénoncent avec virulence la violence conjugale, le mariage forcé et, surtout, l'excision. Pratiquée à près de 80% chez les Samburu, cette coutume est pourtant interdite par la loi kényane, réprouvée par l'Eglise, les organisations féministes et l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). La lutte contre la mutilation génitale des adolescentes est devenue le cheval de bataille d'Umoja. Cependant, certaines nouvelles venues manquent encore de conviction. C'est le cas d'Esta, 26 ans, qui a voyagé deux jours à pied, sans eau ni nourriture, pour fuir un mari ultraviolent. "Ici, chacun est son propre patron, même sans homme !", s'émerveille t-elle... mais l'abolition de l'excision lui semble inenvisageable : "Autrement, il n'y a pas de mariage possible !"
Cible d'attaques répétées
Les petites filles élevées dans le village de femmes trouveront-elles à se marier ? La question tracasse Rebecca : "En dehors de la tribu, aucun problème. D'ailleurs, chez nous, elles sont libres de choisir leur mari, même parmi les Blancs. Mais chez les Samburu, confie t-elle, ça risque d'être difficile." Ce n'est pas faute de répandre la bonne parole. Dans les villages environnants, la "matriarche" aborde tous les sujets sans tabou : la contamination par le VIH (au moment de l'excision), les infections chroniques, les risques d'infertilité, les complications à l'accouchement... "Et les douleurs pendant les relations sexuelles ?" hasarde t-on. "Ah, non, ça... on n'en parle pas", répond Rebecca. Embarras réciproque. Un ange passe...
Il faut dire que le village est la cible d'attaques répétées. Certaines proviennent d'hommes furieux de se faire sermonner par des "Américaines" - surnom diffamatoire - ou ulcérés de voir leur épouse leur échapper. "Il y a trois ans, se rappelle Usia, plusieurs individus ont débarqué ici en hurlant pour reprendre une fugitive. Rebecca s'est interposée. Ils lui ont cassé la clavicule. Et la femme les a suivis." Mais au fond, les altercations les plus courantes concernent les rabatteurs indélicats - en quête d'un pourcentage sur les touristes - les désoeuvrés d'Archer's Post - indésirables à cause de leur sexe et de leurs vêtements "non traditionnels" - et les habitants des environs, envieux du succès du village de femmes. En bref, de banales histoires d'argent dans une région du monde qui en manque cruellement. Du coup, Umoja a fait des émules. Entre Archer's Post et les "lodges" à 300 dollars la nuit, les "villages culturels" se sont multipliés, rivalisant de chants, de sourires et de colliers de perles.
Le plus étonnant d'entre tous comprend une demi-douzaine de huttes de branches et cartons offertes à l'appétit des chèvres. A moins de 3 km d'Umoja, Nkuroro se présente comme le "village des hommes". Sauf que les femmes, partout présentes sur le seuil des cases, n'ont pas eu le temps de disparaître. "De simples soeurs ou amies de passage", nous informe t-on. Vieille excuse. Nkuroro aurait été créé à l'initiative d'un groupe d'hommes brouillés avec la gent féminine. "Chez les Samburu, énonce le chef autoproclamé Perino Lelatowala, on ne partage pas nos épouses. Si quelqu'un nous les prend, on doit les chasser. Même si elles ont été violées..." Quelque chose sonne effroyablement faux. Dans cette société patriarcale et polygame, on exclut sa conjointe sans craindre l'exclusion. Alors pourquoi se regrouper ? "C'est bon pour le business, nous concède t-on... Regardez le village de femmes !" Sauf que cela ne tient pas : boudé par les "safaristes", le prétendu village d'hommes est sur le point de fermer boutique. Umoja restera sans égal.
Le prix du passage à l'âge adulte
Malgré ces querelles de voisinage, la petite enclave féministe n'est pas coupée des autres. Nombre des résidentes d'Umoja ont des parents dans les villages environnants. Pour rien au monde elles ne rateraient les cérémonies familiales qui rythment les saisons. Aujourd'hui, plusieurs d'entre elles se rendent à pied à Rorora pour assister à la circoncision des futurs moranes. Au lever du jour, une vingtaine d'adolescents de 10 à 20 ans vont subir l'ablation rituelle qui les propulsera dans l'âge adulte. Johan, 15 ans, est l'un d'eux. Vêtu simplement d'une peau tannée, il frissonne au petit matin. A ses côtés, des "guerriers" adultes, couverts de fleurs et de bijoux, entonnent des chants d'encouragement. Le soleil se lève : c'est le moment. Quatre hommes s'avancent vers lui. Deux d'entre eux lui tiennent les bras, les deux autres, les jambes. Aucun muscle de son visage ne doit traduire la souffrance. Le passage à l'âge adulte est à ce prix. L'intervention dure moins de dix secondes. Johan n'a pas cillé. Pendant plusieurs jours, il boira un mélange hautement reconstituant de lait et de sang de vache...
Deux minutes plus tard, devant la même hutte, un groupe exclusivement féminin se forme en toute hâte. Au centre, luisante de graisse rouge, Sandeli, la soeur cadette de Johan, s'avance en silence. Elle a 14 ans et vient d'être admise en quatrième. On lui verse du lait sur le visage avant de lui trancher le clitoris et les petites lèvres. Rebecca, qui se tient à moins de deux mètres, élève la voix pour abréger l'opération. Sandeli est sa petite cousine par alliance. Umoja a beau être à quinze minutes, la route est encore longue pour l'atteindre...
01:10 Publié dans Umoja - Christèle Dedebant | Lien permanent | Commentaires (1)
02/08/2007
Irus, île d'Antoinette Fouque, citée dans Paris Match
Un clin d'oeil, enfin, à Mariana Grépinet qui - dans le Paris-Match du 2 août - me fait le plaisir de citer Irus, l'île paradisiaque d'Antoinette Fouque dans un reportage sur les trésors du Golfe du Morbilhan.
2 au 8 août
Match de la vie - Vacances
Tout l'été, Paris Match vous accompagne sur les plages
Cette semaine, dans le Morbilhan, les trésors du golfe
De Vannes à L’Ile-aux-Moines, l’un des plus beaux sites naturels au monde vous dévoile ses secrets.
Les gens du golfe s’enorgueillissent de faire partie d’un club sélect qu’ils ont eux-mêmes créé, celui des « plus belles baies du monde ». C’est dire s’ils sont fiers de leur « petite mer », « Mor Bihan » en breton, dont la profondeur moyenne n’excède pas les 6 mètres. Selon la légende, la baie serait parsemée de 365 îles, une pour chaque jour de l’année. En réalité, une centaine seulement est répertoriée.
Vannes, petite cité de caractère, est la porte d’entrée du golfe. Les touristes s’y pressent l’été, surtout quand il fait moins beau. Ils lèvent le nez sur les façades à pans de bois, franchissent la porte Saint-Vincent, se retrouvent dans les jardins à la française au pied des murailles du château avant de se ruer dans une des innombrables boutiques de confiserie au beurre salé.
Vannes a longtemps régné sur la région. Princes et ducs de Bretagne y établiront leurs résidences. La ville marchande prospère, avant de s’endormir. Fin XIXe, la mode est aux bains de mer. On se tourne vers la côte. Arzon, à l’extrémité de la presqu’île de Rhuys qui ferme le golfe, devient lieu de villégiature. Début 1970, le nouveau port de plaisance du Crouesty attire les voiliers et leurs propriétaires.
Aujourd’hui, 2 millions de visiteurs foulent chaque année les rivages du golfe. Sur l’eau, les ostréiculteurs côtoient les voileux, les plaisanciers et les vedettes chargées de touristes. On se croise en mer, mais rarement sur terre. A chacun ses habitudes et ses lieux cultes. Les premiers se lèvent tôt, travaillent dur pour vivre de leur activité. Les seconds voyagent sur toutes les mers du globe, mais se retrouvent toujours lors des régates et n’oublient jamais de saluer « le moine » en passant devant la petite île de Boëdic. Les plaisanciers, eux, s’échangent les adresses de petites criques cachées pour bronzer peinard ou pique-niquer. Quant aux vacanciers, ils colonisent les rares plages de sable fin et laissent leurs bambins pêcher coques et palourdes avant de les persuader qu’une balade sur le sentier côtier leur ferait le plus grand bien.
Par la mer, Port-Navalo et la pointe de Kerpenhir, les deux extrémités du golfe, ne sont distants que de 1 mille nautique mais, par la route, plus de 70 kilomètres les séparent. D’un côté le littoral urbanisé avec ses résidences Pierre & Vacances. De l’autre, des villages préservés proches de la campagne alréenne, de ses collines boisées. Au centre, L’Ile-aux-Moines, la plus importante de l’archipel. Elle passe de 500 habitants en hiver à 6 500 en été. On comprend que les natifs de l’île, les « îlois », se sentent alors un peu dépossédés. Les résidents, « les îliens », ont provoqué une explosion des prix de l’immobilier, qui contraint certains enfants du pays à rejoindre le continent. L’été, 5 000 visiteurs débarquent quotidiennement des bateaux-navettes et grimpent, en procession, jusqu’au bourg. Hormis sa voisine, l’île d’Arz, toutes les autres îles du golfe sont privées. L’actrice Danielle Darrieux est propriétaire de Stibiden ; Antoinette Fouque, militante féministe et éditrice, occupe Irus ; Yves Rocher a racheté Berder au début des années 1990. Il arrive qu’un de ces lopins de terre soit mis en vente. Les acheteurs ne se précipitent pourtant pas. Il est plus aisé de contempler une île que d’y vivre. Le meilleur moment pour les admirer ? « Certains matins brumeux, quand les îlots multiples surgissent comme les sommets d’une chaîne de montagnes dont l’eau aurait un jour envahi les vallées. » Un conseil signé André Gide.
BALADE en mer. Tous en sinagot !
Deux voiles en forme de trapèze ocre rouge gonflées par le vent, une coque en chêne peinte en noir, les sinagots sont aisément identifiables. Les premiers apparaissent en 1840 dans le port de Séné. C’est le mélange de suif et d’écorce de pin broyés qui donne cette couleur à leurs voiles. Ces bateaux de pêche puissants tirent drague à huîtres ou chalut. Les armateurs en construiront près de 700, puis ils sont abandonnés au profit de bateaux plus modernes. A la fin des années 70, des passionnés se mobilisent pour en restaurer. « Les Trois Frères », datant de 1943, est retapé par le chantier du Guip sur L’Ile-aux-Moines. Reconnaissance ultime, il est classé monument historique. Quatre autres sinagots seront construits, et chacun est géré par une association dont les membres – parmi lesquels Isabelle Autissier – se relaient pour faire découvrir le golfe, au gré des vents.
Sortie dans le golfe sur réservation, 20 euros la demi-journée, 25 euros la journée.
Sinagot « Le Crialeïs », Robert Beven, 56780 L’Ile-aux- Moines, tél. : 06 70 07 08 42.
Sinagot « Les Trois Frères », Les Amis du sinagot, 6, rue de la Tannerie, 56000 Vannes, tél. : 06 14 93 04 69.
CULTURE. Quand le folklore fait son show.
Entre bagadou et reine d’Arvor
C’est l’événement « breizhoo » de l’été vannetais. Pendant trois jours, les fêtes d’Arvor (du breton « Ar Vor » qui désigne le rivage) réunissent dans le centre-ville vingt-cinq cercles celtiques et bagadou, ces ensembles instrumentaux typiques en Bretagne qui regroupent une quarantaine de sonneurs répartis en trois catégories : bombardes, cornemuses et percussions. L’occasion aussi de s’initier au fest-noz. Les filles de 16 à 25 ans peuvent se présenter au titre de reine d’Arvor 2007. Elles ne défilent pas en Bikini mais en robe à col de dentelle et manches pagodes garnies de velours noirs, tablier et coiffe en forme de toit. Superbe et spectaculaire !
Les fêtes d’Arvor, du 13 au 15 août. Permanence à partir du 7 août de 10 heures à 12 h 30 et de 14 heures à 18 heures, Les Bigotes, rue de la Bienfaisance, 56000 Vannes, tél. : 02 97 54 25 21.
www.fetes-arvor.org
Emouvants ex-voto
Lieux de pèlerinage pour les marins, les chapelles de la région ont longtemps accueilli des maquettes et des tableaux déposés par les rescapés d’avaries ou de naufrages. Ces ex-voto, formule qui signifie « en conséquence d’un vœu », ont été rassemblés par le conseil général du Morbihan. Vestiges matériels de la piété des gens de mer, ils reflètent le quotidien de générations de marins qui ont navigué sur les vaisseaux de la Royale, sur des navires de commerce ou sur des bateaux de pêche. Il faut prendre le temps de lire les récits des miraculés qui décrivent avec leurs mots tempêtes et accidents de mer. Ces textes accompagnent les maquettes et ont parfois été directement intégrés par les peintres aux tableaux comme dans celui qui représente le naufrage de la chaloupe des douanes de Groix (ci-dessus) dans la nuit du 4 décembre 1825.
Jusqu’au 10 novembre, La Cohue, musée des Beaux-Arts, place Saint-Pierre, 56000 Vannes, tél. : 02 97 01 63 00. Entrée : 6 euros, tarif réduit : 4 euros.
Ouvert tous les jours de 10 heures à 18 heures.
PLAGES. Dans l’intimité des îles*.
Sur l’Ile GOvihAN.
On y accède par la mer uniquement. L’île est privée mais les visiteurs sont autorisés à accoster sur la longue plage et à se baigner. En revanche, à moins d’y être invité, il est interdit de poser un orteil dans l’herbe. Le sable plonge à pic dans l’eau, ce qui évite à marée basse de s’enfoncer dans la vase.
Bateau à louer avec ou sans permis à Port-Blanc, Anne Caseneuve, tél. : 06 82 69 38 13.
Sur l’Ile d’Arz. La pointe du Berno est une récompense après 5 kilomètres de marche. Cette langue de sable doré se situe à l’opposé de l’embarcadère où la navette vous dépose. Dans cet endroit secret, la seule personne que l’on risque de croiser, c’est l’ostréiculteur installé de l’autre côté de la pointe. Plus sauvage que sa voisine L’Ile-aux-Moines, moins touristique, Arz est aussi plus plate et moins arborée. Elle mesure à peine 5 kilomètres sur 3, pour tout juste 270 habitants.
Accès à l’île d’Arz par bateau depuis Conleau, départ toutes les heures, traversée de quinze minutes. A 5 km du bourg à pied.
Sur l’Ile-aux-Moines.
La « grande plage » a tout d’un lieu mythique. Des cabines couleur crème et bleu roi pour ranger les pelles et les seaux des enfants, une jolie vendeuse de bonbons, glaces et boissons, une école de voile et des habitués. Vous n’y croiserez pas d’îlois ; l’été, ils restent chez eux !
Accès à L’Ile-aux-Moines depuis Port-Blanc, départ toutes les quinze minutes, traversée de quatre minutes. A dix minutes du port à pied.
Sur l’Ile DES SEPT-ILES.
Petite bande de terre qui se découvre à marée basse, la plage est presque invisible à marée haute. Elle relie le continent et l’île des Sept-Iles. Le tour s’en fait en un quart d’heure et permet de découvrir ces confettis peu connus à l’extrémité ouest du golfe.
Accès à pied à marée basse par la plage de Locmiquel.
* Plages de la moins accessible à la plus accessible.
Mariana Grépinet (02/08/2007)
16:35 Publié dans Antoinette Fouque | Lien permanent | Commentaires (0)
01/08/2007
Blog "Res Nullius" par un lecteur, Michel Renard
http://resnulliusroman.canalblog.com/
22:30 Publié dans Pomme Jouffroy | Lien permanent | Commentaires (0)
Julie Debazac lit Anaïs Nin pour la Bibliothèque des Voix

Julie Debazac lit
Stella
de Anaïs Nin
Coup de coeur 2006 de l'Académie Charles Cros
Texte Intégral - 2 CD - 27 €
Première nouvelle du recueil Un hiver d’artifice, Stella est le portrait d’une jeune actrice dont les succès dissimulent la profonde fragilité. Devant la projection d’un film dans lequel elle joue, Stella découvre avec angoisse un clivage irréductible entre l’image que le personnage qu’elle incarne lui renvoie et ce qu’elle est dans son être intime. Dès lors, elle souffre du regard que le public et les gens qui l’entourent portent sur elle, un regard qui ne perce pas le secret de ses doutes, un regard qui la rêve plus qu’il ne la voit.
19:07 Publié dans Anaïs Nin, Bibliothèque des voix, Julie Debazac | Lien permanent | Commentaires (0)
J.J. Goux dans la Revue Esprit (août-septembre 2007) par Olivier Mongin
Depuis Économie et symbolique (Le Seuil, 1973) et les Iconoclastes jusqu’à Frivolité de la valeur (Blusson, 2000), Jean-Joseph Goux, un auteur souvent publié dans Esprit, ne cesse de réfléchir au déferlement d’images qui marque notre époque. S’il ne se trompe pas sur les conséquences de la crise esthétique actuelle (« Ce qui s’annonce aujourd’hui n’est pas qu’un nouvel art va naître des cendres de l’avant-garde mais qu’une certaine mission ontologique de l’art, à laquelle deux cents ans de modernité et d’antimodernité ont cru, est en train de perdre sa nécessité. Cette mission bicentenaire subit une brutale déflation qui ne tue pas les arts en tant que tels mais qui les décharge de la responsabilité exorbitante qui leur avait été attribuée »), il suggère, dans l’un des textes qui compose ce recueil, une analogie avec la tragédie qui retient l’attention. « Nous rencontrons le même problème des limites que celui qui anime la tragédie. C’est à travers les écarts, les errances, les trajectoires unilatérales perdant de vue le tout, que se reconnaît comme la butée d’une “loi”, aussi inévitable qu’indicible. Et nous voudrions croire qu’au-delà d’un humanisme de premier niveau, qui attribue trop facilement, par ethnocentrisme, des caractéristiques universelles et essentielles à un type humain trop étroitement défini, il y a la possibilité d’un humanisme de deuxième niveau, qui viserait, au-delà de toute définition restrictive, vers une unité non inscriptible du genre humain. »
Olivier Mongin
17:30 Publié dans Jean-Joseph Goux | Lien permanent | Commentaires (0)
31/07/2007
Esprit du Prix du Style (fondé par Antoine Buéno)
Le Prix du Style (le plus désirable de TOUS les Prix !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!)
Créé par le label littéraire Plume et plomb, le Prix du Style fondé par le sensationnel jeune écrivain Antoine Buéno (à lire absolument !) a vocation à récompenser, pour sa qualité stylistique, un livre écrit par un auteur vivant, d'expression francophone, paru dans l'année écoulée. Pour sa troisième édition, le Prix du Style sera remis fin novembre 2007, par un jury prestigieux, au restaurant-club Le Lup (2, rue du Sabot, 75006 Paris).
00:45 Publié dans Laurence Zordan, Pomme Jouffroy, Prix du Style | Lien permanent | Commentaires (0)
Composition du jury du Prix Marguerite Audoux
Le Prix Marguerite Audoux (http://www.prix-litteraires.net/prix/571,prix-marguerite-audoux.html)
Le Prix Marguerite Audoux récompense un ouvrage de langue française dont l’auteur peut être considéré comme proche de la personnalité de Marguerite Audoux, prix Fémina en 1910 pour Marie-Claire. En 2004, Xavier Houssin a été couronné avec 16, rue d'Avelghem. En 2005, ce fut le tour de Henri Raczymov avec Avant le déluge : Belleville années 50 et en 2006 celui de Françoise Henry avec Le rêve de Martin.
00:25 Publié dans Laurence Zordan, Pomme Jouffroy, Prix Marguerite Audoux | Lien permanent | Commentaires (0)
Composition du jury du Prix Fémina
Le Prix Fémina (http://www.prix-litteraires.net/femina.php)
Le Prix Fémina a été fondé en 1904 par une vingtaine de femmes journalistes de la revue "Vie heureuse" (qui deviendra "Fémina") pour rendre plus étroite les relations de confraternités entre les femmes de lettres. Il est décerné à une œuvre d'imagination par un jury composé de douze femmes. Le lauréat est annoncé fin octobre ou début novembre à l’hôtel parisien Crillon, quelques jours avant ou après le Prix Goncourt.
Il a notamment récompensé Roland Dorgelès pour Les croix de bois en 1919, Georges Bernanos pour La joie en 1929, Antoine de Saint-Exupéry pour Vol de nuit en 1931 et Marguerite Yourcenar pour L'œuvre au noir en 1968. Le Prix Fémina 2006 a été attribué à Nancy Huston pour son roman Lignes de faille.
00:15 Publié dans Laurence Zordan, Pomme Jouffroy, Prix Fémina | Lien permanent | Commentaires (0)