23/11/2008
Claudie Kibler-Andreotti salue Les Obscures dans La Marseillaise (23.11.08)
16 XI 2008

"LES OBSCURES" DE CHANTAL CHAWAF
Ce dernier roman de Chantal Chawaf se déroule dans la complexité et la dureté d’une vie de femme, de deux femmes : belle-mère abandonnée par son mari turc, belle-fille ne connaissant de son père que les reproches et les coups… Recherche d’une autre compagnie qui n’apporte rien de plus que contraintes et nouvelles violences. L’humanité n’est pas coupable. Ce sont les femmes qui se montrent impuissantes.
Les scènes de brutalité témoignent de manque d’amour, elles étaient nées filles au pays des fils…
Ces deux personnages hors du temps sont imprégnés d’une souffrance voulue. Conflit expliquable par le passé de ces êtres battus, spoliés de la douceur, de l’affection que peut montrer une mère. Vivant imprégnées d’un passé séculaire qu’elles n’ont jamais connu et ne connaîtront jamais, dont elles ne parviennent pas à se libérer. Ces brutales, à la méchanceté cruelle parfois, sont en réalité en mal d’amour. Qui le comprendra ? Qui le ressentira ?
« Mon frère c’est un individu, les gars d’aujourd’hui sont des individus », ils n’ont que l’égoïsme pour exister.
La vie de ces deux « Obscures », belle-mère ivre de tendresse, belle-fille violente, frustrée au quotidien, est inconciliable.
La lutte tantôt sournoise, tantôt violente, méchante, où les cicatrices corporelles témoignent de l’intensité des coups, se déroule dans une banlieue particulièrement inhospitalière, qui n’apporte rien que ses tours et son indifférence à ces deux femmes avides de tendresse volée.
Pourtant… Lise avait été conçue pour une vie bien différente. N'avait- elle pas tourné la page des beaux jours… ?
Et sa vie s’imprégnait d’eau, de lacs dans lesquels peu à peu elle semblait s’immerger, disparaître. Un jour avait surgi Yashar…
« Peut-on réveiller une somnambule ? Enfouis dans les cellules de son ascendance par les femmes, l’infériorisation, l’exploitation, la lapidation, la répudiation, l’esclavage rendaient Yashar fragile, nerveuse, violente. De l’histoire de l’Orient, Yashar, turque, arrière-petite-fille de Tcherkesses, ne connaissait que cet héritage impulsif qui, au moindre choc, à la moindre contrariété, se manifestait par des vociférations, par une rancune où, en état second, elle devenait incontrôlable, semblait étrangère à elle-même, se comportait en visionnaire, porteuse d’un monde ancien dont elle ne pouvait pas mesurer l’emprise ».
« Les Obscures » roman puissant de Chantal Chawaf, imprégné de la dure terre d’Asie dont la jeune Yashar reste une héritière.
Publié aux Éditions des Femmes/Antoinette Fouque.
Depuis sa première fiction "Rétable, La rêverie (Des femmes, 1974) Chantal Chawaf développe une oeuvre originale et incandescente, riche aujourd'hui de plus d'une vingtaine de titres.
Claudie KIBLER ANDREOTTI
Photo CKA : Chantal Chawaf (à G.) lors d’un dîner littéraire chez son amie Gwendolyn Chabrier de Saint Tropez
14:13 Publié dans Chantal Chawaf | Lien permanent | Commentaires (0)
22/11/2008
"Feu la cendre" en papier ET en audio aux éditions Des femmes

Jacques Derrida
Feu la cendre
lu par l'auteur et par Carole Bouquet
Texte intégral
1 CD -18 €
“ Il y a plus de quinze ans, une phrase m'est venue, comme malgré moi, revenue, plutôt, singulière, singulièrement brève, presque muette : Il y a là cendre.
Là s'écrivait avec un accent grave : là, il y a cendre. Il y a, là, cendre. Mais l'accent, s'il se lit à l'œil, ne s'entend pas : il y a là cendre. A l'écoute, l'article défini, la, risque d'effacer le lieu, la mention ou la mémoire du lieu, l'adverbe là… Mais à la lecture muette, c'est l'inverse, là efface la, la s'efface : lui-même, elle-même, deux fois plutôt qu'une.
Cette tension risquée entre l'écriture et la parole, cette vibration entre la grammaire et la voix, c'est aussi l'un des thèmes du polylogue. Celui-ci était fait pour l'œil ou pour une voix intérieure, une voix absolument basse. Mais par là même il donnait à lire, peut-être à analyser ce qu'une mise en voix pouvait appeler et à la fois menacer de perdre, une profération impossible et des tonalités introuvables. ” J.D.
Le texte Feu la cendre est publié simultanément
14:55 Publié dans Bibliothèque des voix, Carole Bouquet, Jacques Derrida | Lien permanent | Commentaires (0)
20/11/2008
Sonia Rykiel relate son histoire d'amitié avec Antoinette Fouque dans le catalogue des trente ans des Editions Des femmes

13:11 Publié dans Sonia Rykiel | Lien permanent | Commentaires (0)
19/11/2008
Benoite Groult, "en famille" à la Librairie des femmes

13:07 Publié dans Benoite Groult | Lien permanent | Commentaires (0)
17/11/2008
Joyeux anniversaire Sonia ! (Antoinette Fouque écrit un poème dans le livre "La femme Rykiel")

La femme Rykiel a 40 ans. Si jeune, elle entre dans la légende. Bon anniversaire Maman ! Nathalie Rykiel
Accusée, levez-vous.
Vous êtes la première robe que j'ai inventée, "La Divine".
Comment avez-vous aidé ce mouvement naissant (le MLF) ?
Je cherchais un style de vie non plus lié à l'image
mais à la politique du moment,
une manière de bouger plus androgyne, plus moderne,
une sensualité du quotidien qui convenait plus
à la vie que les femmes menaient.
J'ai retourné les vêtements ; je ne les ai pas finis ;
j'ai fait des trous, des superpositions ;
j'ai décidé que l'habit c'était la liberté.
J'ai mis des mots sur les pulls, des dessins ;
je les ai attachés sur les fesses en insistant.
Désormais l'érotisme, c'était ça.
J'ai gommé l'inutile et explosé la beauté.
Je lui ai donné un rôle de comédienne
et je lui ai mis un drapeau bleu-blanc-rouge dans la main.
Sonia Rykiel, 1968-2008
*****

FR, Femme Rykiel ou Féministe Révolutionnaire ?
Guérillère, Rouge en Mai ou Continent Noir ?
C'est Sonia tout entière à sa robe vouée.
De Gravida en Gradiva, mille e tre, toutes pour une,
elles avancent, de collection en collection,
terminée et inachevable :
Métaphore, métamorphose,
insistance incessante de la Recherche,
Métonymie, récit, oeuvre accomplie,
existence prégnante de l'Energie noire :
Elément insolite de notre Univers,
monstre, mystère, merveille, mouvement,
Galaxie matricielle, lumière utérine,
ombre d'étoiles, espace-espèce,
Accélération du rêve, expansion géni(t)ale.
Textes, tissus, verbe et chair tricotés,
pièces cousues, mots rapportés,
Poète et couturière, Sonia se fait Rhapsode,
Une femme s'enfante et le Temps se dilate...
Rhapsody un black
Antoinette Fouque, 1968-2008
17:46 Publié dans Antoinette Fouque, Sonia Rykiel | Lien permanent | Commentaires (1)