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01/06/2008

Le charme de Nantes et la "Cuvée des Rebelles", un puissant Muscadet (13.07.08)

http://www.travelbest21.com/europe/france/loireatlantique.html

01ace8b7dfda806e2f92eafb1cf853ef.jpg Loire-Atlantique
Côté plage, côté jardin
Face à l’océan, sillonnée de nombreuses rivières, la Loire-Atlantique vit au rythme de l’eau bienfaisante, de ses vignobles au vin blanc «rapicolant» et de son arrière pays à la nature intacte. Découverte en bleu, doré et vert.

«Il pleut sur Nantes, donne-moi la main,...», fredonne Barbara. Ici, on dit «Il mouille» et la rue de la Grange-aux-Loups rendue célèbre par l’artiste n’a jamais existé. Comme chacun demandait à visiter le numéro 22, la ville, sous la pression de l’Office du tourisme, en créa une en guise d’attraction.

A juste titre récompensée par un sondage, Nantes peut s’enorgueillir d’être une ville où il fait bon vivre. Sa prospérité remonte loin dans l’histoire. Même si certaines pages ne sont pas glorieuses: c’était le premier port négrier d’Europe au XVIIème siècle et la fameuse révocation de l’Edit de Nantes par Louis XIV obligea des milliers de protestants à fuir la France, cette métropole enchante le visiteur. Avec sa cathédrale dont la première pierre est posée en 1434, puis celle du château en 1466 où Anne de Bretagne y verra le jour 11 ans plus tard.

Le XVIIIème siècle est empreint des importants travaux d’urbanisme qui transforment cette cité au tracé médiéval en ville moderne. L’Ile Feydeau avec ses balcons de ferronnerie galbée et ses mascarons en témoignent. Un peu plus tard, le passage Pommeraye de style baroque, plusieurs fois filmés par Jacques Demy, témoigne également d’une architecture florissante reliant la ville haute au port.

Une complicité certaine existe entre la culture et les Nantais qui ont du génie lorsqu’ils détournent un lieu de sa fonction première en espace culturel. Un seul exemple: la tour de l’ancienne usine LU où Lefèvre-Utile fabriquèrent des millions de petits beurres est devenue le Lieu Unique, une scène nationale et un lieu de manifestations «tendance». Même Jules Verne à l’imagination débridée, natif de Nantes, n’aurait pu le concevoir. Les amateurs de l’écrivain iront voir le musée qui lui est consacré sur la Butte Sainte-Anne; c’est un rien décentré mais accessible par les transports publics. Le nouveau Palais de Justice signé Jean Nouvel étonne ou détonne, selon les goûts.
L’histoire portuaire de Nantes a également permis le développement d’une culture botanique qui fait du coeur même de l’agglomération un territoire ponctué de nombreux parcs. Le Jardin des Plantes présente des collections uniques de magnolias et de camélias.

Très vert et bleu lui aussi, l’arrière-pays de la Loire-Atlantique révèle le Parc naturel de Brière, deuxième zone humide de France après la Camargue. Et pour le blanc aux grains de raisins dorés s’étend un vignoble de 420 000 ha dont le Gros Plant et le Muscadet. Dans le domaine du Château de Berrière à Barbechat, découvrez Anne de Bascher, viticultrice et écrivain. Une femme de coeur généreux et de tête militante qui désirait redorer l’image du petit coup de blanc dégusté au comptoir pour lui redonner ses lettres de noblesse. La «Cuvée des Rebelles», un Muscadet Sèvre et Maine sur Lie vinifié à l’ancienne, est née en 1996. «C’est du haut de gamme à la production volontairement limitée à 8 000 bouteilles d’une année à l’autre pour en garantir la qualité inimitable. Je l’ai appelé ainsi parce le mot «rebelle s’écrit de la même façon au masculin et au féminin. La traduction anglaise est quasiment identique.» New York City aime. Et vous?

Enfin, la Loire-Atlantique décline à l’infini ou presque 133 km de côtes dont 68 de plages. La Baule possède la baie la plus grande avec 6 km qui sont bordés de villas au style Belle Epoque s’alliant avec des immeubles élevés des années septante voulus par le maire d’alors Olivier Guichard. A savoir également que cette région accueille 6 établissements de thalassothérapie renommés.

cyr pour Wellness Magazine Santé

30/05/2008

Lettre de Hélène Honnorat à Catherine Weinzaepflen

Montpellier, le 30 mai 2008
Ma chère Catherine, merci pour Le temps du tableau ! Ton écriture est toujours aussi pigmentée, ce qui m’a donné envie de copier-coller quelques images naïves dans ma lettre : ce palmier, les bateaux de Nicolas de Staël et deux jeunes femmes africaines rencontrées au musée des Années 30, musée que j’aime beaucoup (je crois qu’elles mettent quelque temps à apparaître, quand tu ouvres le document… elles devraient y figurer quand tu auras fini de me lire !)
J’ai retrouvé avec bonheur, dans ton texte, l’esthétique des extrêmes, de l’opposition. Dans les cadrages lumineux, par ex. : les façades de St Pétersbourg, la chair des mangues, les arcs-en-ciel prenant appui sur la colline, l’Afrique et la luge… et en face, le cadavre aux yeux exorbités, l’enfant au visage brûlé, la tête de thon posée dans son sang (dont le corps débité répond aux bras en lamelles », ailleurs… douleur de l’oubli, de la mort, mais aussi du morcellement), la carpe suppliciée avec un trou sur le côté, image christique !… Tu ne tentes pas de réconciliation, tu n’inventes pas de dialectique, tu sais qu’on se réveille sans solution (p. 75), qu’il s’agisse des douleurs intimes ou du sort du monde. Tu juxtaposes les touches violentes, comme sur une toile, et tu as cette notation épatante : le point d’interrogation est sous la peinture.

La seule « solution », de fait, réside dans l’écriture, ou la musique, ou la peinture – la sienne propre ou celle des autres (ai survécu / une fois encore / puisque j’écris, p. 78, mais ce pourrait être : parce que j’écris…). La lente escalade des parois du gouffre (p. 79) constitue un exercice quasi-quotidien !

Le lien entre possible et impossible, entre horreur et rêve, entre mort et tendresse, quand même, me semble être l’apanage de ce bestiaire qui traverse tous tes livres : chiens noirs, vaches, cheval, chèvres, âne… C’est l’âne qui m’a réconciliée avec l’île, écrivais-tu dans L’ampleur du monde, après : L’île, c’était tout au début. Le ratage, d’emblée. La même que celle évoquée dans Le temps du tableau, p. 138 ? Je ne sais pas vivre sur une île… mais tu es peut-être injuste : l’amour-échec a sûrement déteint sur l’île !.. (à l’opposé, p. 144, autre île, et bonheur, même si côte cassée ! J’ai vécu heureuse sur une île…). Les petits animaux massacrés (le rat « éclaté », dans un rêve de Totem, et cette autre bestiole morte- un lérot ? – ailleurs…) sont porteurs de tous tes thèmes clés, comme celui de la noyade : et dans le jardin / une baignoire remplie d’eau / (le loriot s’y est noyé / tombé de l’arbre)… p. 138 : il y a toujours un cadavre dans ces fosses plus mes chaussures préférées gémit-elle (p. 117). En te lisant, ont émergé deux fragments de mémoire : Le malheur est en lui, comme un cadavre au fond d’une citerne (dans un bouquin de Matzneff) et puis surtout (je l’ai recherché, récupéré sur Internet) Federico Garcia Lorca :
et j’ai trouvé mon petit corps mangé par les rats
au fond de la citerne avec les chevelures de fous.
Mon costume de marin
n’était pas imprégné de l’huile des baleines,
mais il avait l’éternité vulnérable des photographies,
Noyé, oui, bien noyé, dors, ô mon fils, dors… etc.

Les souvenirs, on les noie comme les nouveau-nés ou les chatons, mais ça remonte toujours. Par ailleurs, je ne crois pas qu’il soit possible, ni même souhaitable, de se satisfaire d’ici au présent, de pratiquer l’instant… (p. 128). Ce serait se priver de toutes les strates, les pelures, les plongeons et les projections. J’espère malgré tout aborder un jour aux rives du passé décanté (…), sol sableux doux aux pieds (p. 130) ! Belle image que je préfère à celle de la vieille femme mélangeant tous les temps que nous serons… même si le mélange, comme celui des couleurs primaires, peut donner des merveilles. La phrase la plus riche de ton livre, dont chaque mot ouvre un horizon, c’est sans doute Le temps / à force / quand même, p. 58 !

Pêle-mêle : La forme de Le temps du tableau m’a amusée, car le « théâtre » y est surtout fait de didascalies et la « lettre » est une sorte de poème. Interpénétration des genres comme des époques, donc. Et ce « muet » qui semble ne prendre la parole que pour défendre l’usage des adverbes (censurés par les puristes, comme les abus de ponctuation, les incises, les adjectifs, etc. – j’ai lu sous je ne sais quelle plume une défense des adjectifs tout aussi convaincante que le « politiquement correct » des écrivains…) obtient, du coup, toute ma sympathie !! J’aime beaucoup tes références à d’autres auteurs / littératures, qui sont ma pente, tu le sais (Faulkner, Rilke, les romans de formation) et les mises en abyme. Ta sensualité vagabonde entre vocabulaire des nuits amoureuses et des nourritures… les écrivains, des pâtissiers ? (on trouve ce parallèle entre deux personnages dans Cyrano)… je ne sais ; mais des « manuels », ça c’est sûr ! Baisers. Hélène