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02/10/2008

Conférence de presse d'Antoinette Fouque

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Mardi 7 octobre à 18 h 30 - Espace Des femmes 35 rue Jacob 75006 Paris

Le site de Télérama évoque aussi Empreintes ! (02.10.08)

[France 5] Empreintes : Antoinette Fouque
Dans le cadre de la thématique "Empreintes", France 5 propose, vendredi 10 octobre 2008 à 20 heures 38, le documentaire réalisé par Julie Bertuccelli, d'après une idée d'Anne Andreu, "Antoinette Fouque".

Co-fondatrice en octobre 1968 du MLF, psychanalyste, créatrice des éditions des Femmes, députée européenne, Antoinette Fouque est, depuis 40 ans, engagée aux côtés des femmes.

Elle soutient leurs luttes dans le monde entier, qu'il s'agisse de l'excision, de l'avortement, des femmes battues, de leur libre expression et de leur création.

Mi-corse, mi-italienne, Antoinette Fouque est née en 1936, d'une mère analphabète et d'un père militant actif du Front Populaire.

Ses origines puis la naissance de sa fille en 1964 lui insufflent la volonté de se battre, le goût de la justice sociale, le besoin de trouver sa véritable place.

Antoinette Fouque a apporté au mouvement des femmes la particularité d'allier action et pensée, inconscient et Histoire, psychanalyse et politique.

Son féminisme ne prône pas la guerre des sexes, bien au contraire.

Il s'appuie tout simplement sur une redéfinition du concept d'égalité en se concentrant sur la différence.

Elle n'a cessé de poser la question ' qu'est-ce qu'une femme ? ' en répondant ' une femme est une femme et elle est géniale ' car génitrice, donc créatrice.

Ce portrait offre un témoignage sans fard pour les jeunes générations et fait revivre, au travers des archives extrêmement riches et variées, 40 ans de féminisme.

A 70 ans, aux côtés de ceux qui l'accompagnent dans ses différents combats, Antoinette raconte comment le mouvement des femmes est toujours l'engagement fécond de sa vie, tant les femmes, aux avant-postes de la lutte contre les injustices car les plus exposées, sont le coeur battant de la démocratie.

Rediffusion : Dimanche 12 octobre 2008 à 09 heures 36

Jeudi 2 octobre 2008

TéléObs annonce Empreintes !

Vendredi, à 20 h 35 - France 5
Collection "Empreintes" : "Antoinette Fouque".
Eternelle féminine

Elle ne parle plus aujourd'hui de "libération" mais de "démocratisation" de la femme.

Militante, féministe, éditrice, femme politique et théoricienne d'une psychanalyse critique fondée sur l'existence d'une "libido utérine", Antoinette Fouque racontée par elle-même.

Toute sa vie aura été guidée par trois mots : femme, psychanalyse et politique. C'est ainsi qu'Antoinette Fouque se raconte elle-même dans ce "portrait parlant", qu'elle occupe intégralement, sans laisser de place à aucun autre point de vue sur sa vie que le sien. Elle est née, dit-elle, "avec le Front populaire", en 1936. De son père corse et communiste, elle aura hérité la politique, et de sa mère italienne, la psychanalyse. De sa jeunesse à Marseille, elle aura gardé l'accent chantant du sud. Et de sa maladie orpheline, survenue à ses 16 ans, lui resteront le fauteuil roulant et les mains sans vie. Mais cette maladie, "elle n'a peut-être pas été inutile, estime t-elle, parce qu'elle m'a permis de développer d'autres compétences, d'autres qualités. Pas du côté de la motricité mais du côté du mouvement, du mouvement de la pensée".

Cette pensée, elle se construit d'abord dans les cours de Roland Barthes sur les avant-gardes littéraires, puis dans le séminaire de Jacques Lacan. "Un délice", se souvient-elle, mais aussi "la pensée la plus misogyne qui soit", puisqu'elle part du postulat que "la femme n'existe pas", qu'il n'y a de libido que phallique. Elle, elle est convaincue du contraire. Cette libido des femmes dont elle se fait le chantre, elle lui donne un nom : "la libido creandi" ; une définition : "Nous sommes toutes des homosexuelles en puissance" car nous avons un "amour charnel pour la mère", et un slogan : "Si l'usine est aux ouvriers, l'utérus est aux femmes", à chanter dans les manifestations de Mai 68. "Nous avons la machine de production", "Nous créons la vie" et "C'est ce que vous nous enviez", lance t-elle alors en défi aux hommes.

Cette année-là, Antoinette Fouque participe à la création du Mouvement de Libération féminine, le MLF, où elle anime la branche "psychépo", qui se donne pour modus operandi de conjuguer psychanalyse et politique, action et pensée. Entre le MLF et la création, en 1989, de l'Alliance des Femmes pour la Démocratie, elle franchit le pas de la maturité. Que ce soit pour Solidarnosc ou contre Pinochet, au Parlement européen où elle siège de 1994 à 1999, ou encore dans son travail d'éditrice, elle ne parle plus désormais de "libération" mais de "démocratisation" de la femme. Féministe, Antoinette Fouque ? Pas tout à fait : aux féministes, elle laisse l'apanage de la lutte pour l'égalité, elle, elle revendique aussi la différence.

Sarah Halifa-Legrand