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02/05/2007

Madeleine Chapsal, reconnaissante aux éditions Des femmes

Texte de Madeleine Chapsal recopié du catalogue des trente ans des Editions Des femmes :

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Avant que les Editions des femmes soient fondées, écrire "sérieusement" n'était pas accordé aux femmes.
 
Dès que nous pouvions tenir une plume, nous étions en charge de la correspondance - à nous de transmettre les nouvelles au reste de la famille quand internet, le portable n'existaient pas mais que les liens du sang continuaient de s'imposer.
 
Nous étions également affectées aux comptes, de la maison, du commerce familial, aussi à faire répéter leurs devoirs aux enfants, toutes activités qui demandent de l'écriture - une écriture sage et normalisée.
 
Mais pour ce qui est de l'expression littéraire proprement dite, si elle existait chez certaines, elle était vouée au secret, à la clandestinité, réservée non sans danger à la rédaction d'un journal intime...
 
J'en ai couvert des cahiers entiers, prudemment enfouis dans mes tiroirs. Quand survinrent quelques "ovnis" : Sagan, Mallet-Jorris... De jeunes amazones qui dès leur premier essai ont renversé la donne : les femmes aussi pouvaient écrire, être publiées, avoir du succès, choquer, en somme écrire "comme des hommes".
 
Mais pouvaient-elles encore écrire "comme des femmes" ?
Ce sont les Editions Des femmes qui nous l'ont révélé. Je me souviens de ma stupéfaction enthousiaste lorsque j'ai découvert les premiers textes publiés par Antoinette Fouque et son équipe : des fragments de sensibilité, d'émotion, des cris, des aveux, de l'impudeur... Tout ce que j'écrivais dans ùmon journal et que je croyais non montrable sortait ainsi au grand jour !
 
Tout ce qui jusque-là me paraissait devoir être refusé par n'importe quel éditeur tant je le jugeais moi-même scandaleux et informe - inutile donc de le leur présenter Rappelons-nous qu'il n'y avait alors que des hommes à la tête des maisons d'édition.
 
Or c'était ces textes mêmes, certains inachevés comme leurs auteurs alors brimées, que les Editions Des femmes approuvaient, admiraient, encourageaient, imprimaient et tant pis si, au début, elles ne les vendaient guère.
Ces audacieuses avaient un but, un objectif qui relevait de la mission : mettre en plein jour l'être féminin dans sa complétude et sa splendeur.
Car écrire et se voir publier est ce qui permet le plus d'accéder à sa propre vérité et à son identité. Afin par la suite de communiquer, partager ce que l'on est avec autrui.
Une réalisation d'autant plus puissante que l'entreprise était collective : nous prenions conscience, chacune dans notre coin, que nous n'étions pas seules à oser penser, écrire de la sorte, c'est-à-dire au féminin. Sur les rayons des bibliothèques, à la vitrine des Editions Des femmes, nous nous découvrions nombreuses à éprouver des sentiments réprouvés, à désirer l'inadmissible, à vouloir ce que nous imaginions être impossible, une autre façon d'exister et d'aimer pour les femmes.
Avec l'espoir commun de sortir de la souffrance parfois atroce de la vie étouffée qui nous était imposée par un système qu'on pouvait qualifier de "macho".
C'est ainsi, grâce aux Editions Des femmes, que beaucoup d'entre nous ont pu se convaincre qu'elles n'étaient pas des folles - mais des écrivains.
Le temps a passé. Jamais nous ne remercierons assez ces femmes qui ont consacré la plus grande part de leur vie à ouvrir les prisons dans lesquelles croupissaient encore le coeur, l'esprit et le talent de tant de femmes.
Aujourd'hui, lorsqu'elles y sont déterminées, les femmes ont une bien plus grande possibilité de s'affirmer dans tous les domaines. Quoique le combat ne doive pas se relâcher - il prend souvent des formes sournoises - , nous voici en marche accélérée vers la justice, c'est-à-dire vers la parité.
Et si nous ne publions pas toutes aux Editions Des femmes, nous devons toutes savoir à quel point cette entreprise a contribué contre vents et marées à nous permettre d'empoigner l'arme capitale pour la liberté de chacun et de tous : d'évidence, c'est l'écriture.
Merci à toutes.
M.C.

01/05/2007

DVD Kiejman dans Le magazine des Livres par Joseph Vebret (mai-juin 07)

Le Magazine des Livres, mai juin 2007

Excellente idée que de faire appel à un ténor du barreau, pour faire revivre trois grands procès de l'histoire. GEorges Kiejman, célèbre avocat pénaliste, qui fut aussi ministre délégué à la Justice (1990 - 91), à la Communication (1991 - 92), et aux Affaires Etrangères (1992 - 93), raconte. L'affaire Caillaux, d'abord. Le 16 mars 1914, Henriette Caillaux, épouse d'un homme politique très en vue, et quotidiennement attaqué par la presse, tue Gaston Calmette, le directeur du Figaro, par crainte que son passé sentimental soit étalé sur la place publique. L'affaire Kravchenko, ensuite. Capitaine dans l'Armée rouge, il demande l'asile politique aux Etats-Unis en 1943, et publie en 1946 une autobiographie faite de révélation sur le système soviétique. La publication en France de son livre sous le titre J'ai choisi la liberté donne lieu à une énorme polémique et de nombreuses attaques des milieux communistes. Les Lettres françaises, journal proche du Parti communiste français l'accuse de désinformation et d'être un agent des Etats-Unis. Kravchenko porte plainte contre le journal en diffamation. Le procès a eu lieu en 1949. Le procès du Maréchal Pétain, en 1945 devant la Haute Cour de Justice. Il déclare le premier jour qu'il n'était responsable que devant la France et les Français qui l'avaient désigné. De fait, il ne répondra pas aux questions qui lui seront posées. Une nouvelle collection de DVD, lancée par les Editions Des femmes, en partenariat avec les Editions Montparnasse. Joseph Vebret

Les grands procès de l'Histoire, écrit par Georges Kiejman en collaboration avec Karine Hervé, et réalisés par François Chayé et Guy Seligman, Coffret deux DVD (226 minutes) accompagné d'un livre de 144 p., 38 e

Interview Hacina Zermane, mai 2007

Le Gonessien, n°120, mai 2007

Solidarité

Portrait

Hacina Zermane, Gonessienne engagée


Hacina Zermane habite le quartier de La Fauconnière. Avec la journaliste Myriam Mascarello, elle vient d'écrire un ouvrage intitulé "Sheh, Bien fait pour toi !", dans lequel elle dévoile son expérience de femme séropositive confrontée aux préjugés. Rencontre avec cette Gonessienne bavarde, engagée, et débordante de projets.

Bonjour Hacina. Avant de vous installer à Gonesse, vous avez résidé dans d'autres villes de la région parisienne...

En réalité, je me suis installée pour la première fois à Gonesse en 1994, avant d'habiter à Paris puis à Aulnay-sous-Bois. C'est là que j'ai vécu une expérience difficile, en apprenant que mon mari pratiquait la polygamie. Je suis donc revenue à Gonesse en 2002, dans un logement d'urgence. En comparant Gonesse à d'autres villes, je trouve qu'il y a plus de mixité entre les personnes.

Longtemps après avoir appris votre séropositivité, vous avez rencontré Myriam Mascarello, journaliste sur la chaîne France 24. Comment avez-vous pris la décision d'écrire ce livre ensemble ?

Cette rencontre fut idéale, puisque Myriam s'intéressait beaucoup au VIH. Nous avons donc décidé d'écrire ce livre à partir de mon expérience de femme séropositive ayant vécu cette situation, dans un milieu où règne souvent la loi du silence.

En écrivant ce livre, avez-vous redouté la réaction des gens ?

Beaucoup ! Je savais que les "on dit" étaient très présents dans la société. Les gens parlent d'un sujet, le déforment sans jamais oser voir les choses telles qu'elles sont, au grand jour. Mais aujourd'hui, je sais que j'ai eu mille fois raison d'écrire ce livre.

Dans quels buts avez-vous rapporté cette expérience ?

J'ai connu une multitude d'expériences dans ma vie... Je suis aujourd'hui plus forte grâce à cela. Je voudrais que ce livre puisse non seulement aider les malades qui ont du mal à accepter, mais aussi faire comprendre à tout le monde que le SIDA n'est pas un sujet tabou. J'espère aussi que mon livre va passer les frontières et être lu en Afrique du Nord, qu'il va éveiller les consciences.

Quels sont vos autres projets au quotidien ?

Je m'investis au sein de l'association Ikambéré (www.ikambere.com), qui accueille les femmes africaines atteintes par la maladie. J'ai aussi proposé un projet d'association pour réunir les malades de toutes les couleurs, de tous les âges, de toutes les sexualités... Les gens pourraient se retrouver au sein d'un loft pour s'informer, repartir avec des documents et des préservatifs, participer à des initiatives telles que des sorties et des pièces de théâtre.

Justement, durant l'automne 2006, vous avez participé à une initiative originale à Gonesse...

Il s'agit du Festiv'Actions, organisé par l'association ATAic (Atelier Théâtre Aujourd'hui institut coopératif), qui permet aux personnes d'exprimer leurs talents dans différents domaines, artistiques ou non. J'aimerais de nouveau travailler avec son président, Christian Vérité, afin d'élaborer une pièce de théâtre où chaque personne interpellée par le SIDA^pourrait intervenir.

"Sheh, Bien fait pour toi !" est disponible aux Editions Des femmes, en partenariat avec Sidaction. Préface de Line Renaud. Prix conseillé : 5 E