16/09/2007
Du site Visa pour l'image.com
Du site http://www.visapourlimage.com/francais/interview_pommez.php3 à propos de Stéphanie Pommez, auteur du DVD Amazonie, la vie au bout des doigts (éditions Des femmes, fin 2007)
A propos du 19ème Festival International du Photojournalisme (1 au 16 septembre 2007)
Stéphanie Pommez est née en 1972. A l'époque, ses parents, des Français des Antilles, habitaient au Canada, mais elle a passé toute son enfance et sa jeunesse au Brésil, qu'elle considère comme son pays d'adoption. Elle a étudié le Développement à l'Université de Magill, à Montréal. Elle a commencé à travailler pour les ONG au Mexique, puis pour médecins du Monde, à New York. Elle y habite toujours aujourd'hui.
A la fin des années 90, elle qui dit avoir toujours fait de la photo, mais "à côté", décide de s'y consacrer. Elle commence comme assistante de photographes, et vit de commandes çà et là, notamment dans le cinéma et pour des magazines. Son travail sur les sages-femmes d'Amazonie, exposé cette année au Couvent des Minimes, est le premier gros projet individuel de la jeune photographe.
"J'ai toujours voulu travailler sur des cultures isolées, ou des sous-cultures qui ont une vision du monde et des connaissances différentes des nôtres," explique-t-elle. "Les découvrir est important pour éviter l'homogénéisation qui nous menace." Les populations qui vivent le long des rivières en Amazonie l'intéressent depuis longtemps, parce qu'au contraire de certains groupes indigènes d'Amazonie, elles sont plus oubliées par les travaux sur la région. "Depuis le début, je voulais faire quelque chose sur les femmes, mais il fallait trouver un angle plus précis. Et puis, j'ai été interpellée par les préoccupations grandissante des femmes américaines pour que des sages-femmes les accompagnent tout au long de leur grossesse. Je suis donc partie à leur recherche, en Amazonie."
Ses images montrent bien le statut et l'expérience de ces vieilles femmes que sont les "gardiennes de la vie", et dont le rôle est avant tout, comme elles disent, de "guider les futures mères à travers la tempête." Rôle à la fois symbolique et pratique : "Là-bas, le moment de la naissance est un véritable rituel," la photographe explique-t-elle. "Souvent, les femmes se réunissent autour de l'accouchée et chacune fait part de sa propre expérience et de ses connaissances. Elles racontent des mythes sur le sens de la vie et de la mise au monde."
Ce qui a frappé Stéphanie Pommez, c'est aussi la manière dont cette expérience est transmise de génération en génération. "Les sages-femmes amazoniennes sont souvent très âgées, et ce statut de gardiennes de la vie leur permet de garder un rôle important et actif dans leur communauté." Au contraire de nos propres vieillards, forcés à l'inactivité, et dont le savoir ancestral, souvent riche d'implications symboliques, se perd avec la modernité…
Adrien Laplanche
18:55 Publié dans Stéphanie Pommez | Lien permanent | Commentaires (0)
Hosto Blues dans Les Nouvelles Littéraires (carnets de Gabriel Matzneff.), 1974

Du 18 au 24 novembre 1974
Les Nouvelles Littéraires
N°2460, 53ème année
Les carnets de Gabriel Matzneff
S'il existe un autre monde, et si dans cet autre monde, les gens ont la tête à lire des livres, Montherlant aura pris un sacré plaisir à la lecture d'Hosto Blues de Victoria Thérame, qui vient de paraître aux éditions des Femmes. Déjà parce qu'au-delà de l'apparent débraillé néo-célinien de son style, Victoria Thérame a un ton vigoureux, expressif, juste, qui lui appartient en propre : il n'est que d'ouvrir ce bouquin au hasard, par exemple à la page 301 le paragraphe qui commence par "son cucu..." pour comprendre que c'est un écrivain, et singulièrement doué, qui l'a écrit. Ensuite, parce que, Montherlant a cette phrase dans l'avant-propos de Service inutile : "En 1929, j'écrivis Moustique ou l'Hôpital, roman dont l'action se passe dans le peuple : on y voit comment meurent les gens qui n'ont pas de quoi acheter des fortifiants". Hosto Blues, qui est un livre sur la souffrance, la maladie, la solitude et la mort l'aurait bouleversé. Enfin, parce que Victoria Thérame, infirmière dans une clinique où Montherlant a été hospitalisé à la suite d'une blessure à l'oeil reçuelors d'une bagarre, trace de l'auteur des Jeunes filles" le portrait le plus tendre, le plus aigu, le plus vrai qui a jamais été fait de lui. "un regard qui fascine... qui s'agrippe : y a des jeunes tiens qui feraient bien d'avoir ce regard !... un regard qui te suit partout dans la chambre... te quitte pas des yeux... même quand tu mets ses gouttes dans l'oeil abîmé... il te regarde avec l'autre ! Un regard où vraiment tu ne peux rien sentir ni de haineux, ni de misanthrope, ni de méprisant, ni de misogyne ni de quoi que ce soit de négatif !.... (...) il te plaît, ce mec !... non mais c'est un vrai rigolo !... qui s'est acharné à le présenter comme une glacière empesée ?... mais c'est un vrai pince-sans-rire... d'une simplicité étonnante... (...) silencieux, ramassé... violent et contenu... c'est ça que les imbéciles confondent toujours avec la froideur... (...) c'est un mec qui ira jusqu'au bout..." Il y en a comme ça une dizaine de pages. C'est direct, chaleureux, magnifique. J'espère que Victoria Thérame a envoyé son livre à Mme de Beauvoir qui, dans les diverses rééditions du Deuxième sexe, n'a toujours pas cru devoir supprimer le chapitre super-faux et super-idiot qu'elle consacre à Montherlant - un Montherlant qu'elle présente comme un phallocrate, un sexiste, alors que Montherlant était tout le contraire, et LesJeunes filles une tentative passionnée de permettre aux femmes d'échapper au schéma christiano-idéalisto-bourgeois où la société occidentale prétend les enfermer.
Hosto-Blues est un livre captivant, déchirant, en vérité "le lait de la tendresse humaine" (Shakespeare). Notre société libérale peut bien se donner bonne conscience en lisant l'Archipel du Goulag, il n'est pas besoin d'aller en Sibérie pour y rencontrer l'enfer, l'enfer est ici, chez nous, dans nos coeurs, dans nos corps. Victoria Thérame dit cela asdmirablement, un livre admirable, je vous le répète, le plus beau livre que j'aie lu depuis des mois et des mois, je demande le Goncourt, pas pour moi, ça c'est le boulot de Roland Laudenbach de m'avoir un prix, à l'éditeur de s'activer un peu, l'auteur, lui, une fois qu'il a écrit son roman, il a le droit de se la couler douce, aux autres de jouer, non ce n'est pas pour moi que je demande un "prix littéraire" c'est pour Hosto-Blues de Victoria Thérame, cette écriture superbe, ce cri de colère et d'amour, oui, un chant d'amour, l'amour des êtres, de la vie, du monde créé, et partout la douleur, l'injustice, le désespoir, la déchéance physique et spirituelle, l'horreur absolue.
Un dernier argument à l'usage des radins, comme dirait Charlie-Hebdo : ce livre qui a 476 pages bien tassées ne coûte que seize francs. Ca vous changera des romans minables, merdiques, sans intérêt qui, eux, auront le Goncourt et autres palmes académiques, et qui valent quarante francs et plus.
G.M.
06:35 Publié dans Victoria Thérame | Lien permanent | Commentaires (0)
A l'horizon d'un amour infini sélectionné dans la Quinzaine (16 - 30.09.07)
Laurence Zordan
"A l'horizon d'un amour infini"
Des femmes, 128 p., 10 e
Un seul thème pour ces trois récits à la première personne : celui de la déchéance ("ou plutôt du désir de déchoir")
00:35 Publié dans Laurence Zordan | Lien permanent | Commentaires (0)
Am See sélectionné dans la Quinzaine (16 - 30.09.07)
Catherine Weinzaepflen
Am See
Des femmes, 96 p., 9 e
Réédition d'un roman publié en 1985
00:30 Publié dans Catherine Weinzaepflen | Lien permanent | Commentaires (0)
Res Nullius sélectionné dans La Quinzaine (16 - 30.09.07)
Pomme Jouffroy
Res Nullius
Des femmes, 256 p., 18 e
"Les bras le long du corps, les mains molles, un grand machin désoeuvré, du genre inutile, la tête à l'envers". Pomme Jouffroy est chirurgienne et l'auteur de deux romans et d'un essai sur l'hôpital.
00:30 Publié dans Pomme Jouffroy | Lien permanent | Commentaires (0)