01/02/2009
Colette Fellous recommande déjà Guillemette Andreu (France Culture)
Carnet Nomade de Colette Fellous sur France Culture recommande (déjà !) "Tableau d'honneur"...
émission du dimanche 1er février 2009
Voyages en enfance
http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/carnet_nomade/fiche.php?diffusion_id=69826
Guillemette Andreu
Tableau d'honneur
Des femmes-Antoinette Fouque - 2009
"La guerre a fait des ravages dans les rangs. Les monuments aux morts de la région en témoignent. Invraisemblable saignée d'hommes dans la force de l'âge. La petite Lise lit l'effondrement de la natalité dans les rangs clairsemés des communiantes...
Femmes vêtues de noir, orphelins à ne plus savoir qu'en faire, c'est un voile de deuil qui recouvre le pays. Les consolations à cette tristesse ? Peu. La recherche d'une amitié sincère, d'une parole tendre, d'un adulte compréhensif. Et puis, dans cette grisaille entretenue par la misère et le chagrin, l'éblouissement de la lecture. Et pas n'importe laquelle. Les Misérables, le livre compassionel. Mais cela suffit parfois pour avancer dans la vie. Soudain on n'est plus seul. On est des millions. Et parmi ces millions, il va se trouver Guillemette Andreu pour reprendre le chant hugolien et laisser derrière elle une trace lumineuse."
Jean Rouaud
A paraître en février 2009.
17:47 Publié dans Guillemette Andreu | Lien permanent | Commentaires (0)
Thierry Gandillot écrit sur "Le manteau noir" dans L'express (article du 5 février 1998)
La vie après les morts
Par Gandillot Thierry, publié le 05/02/1998
Une enfant adoptée cherche la vérité. Chantal Chawaf signe une hallucinante descente aux Enfers.
C'est un bébé qui fait peur. A la pouponnière de Boulogne, les puéricultrices évitent d'instinct le «petit poids» qui occupe le lit n° 7. Elle se nomme Marie-Antoinette, mesure 50 centimètres et pèse trois kilos quatre. Les nurses ne savent rien de ses origines; mais elles sentent que ce poupon, «rayonnant d'une vie fixe, étrange», n'est pas comme les autres. Ce qu'elles ignorent: le drame de sa naissance.
La fillette a été arrachée par césarienne à sa mère morte, tuée en compagnie de son mari, porte de Saint-Cloud, pendant le bombardement du 15 septembre 1943, dans l'automobile qui conduisait le couple vers une clinique chic de Boulogne où devait avoir lieu l'accouchement. Le destin en avait décidé autrement. L'action du 15 septembre devait être la dernière de cet été sanglant. Or le médecin qui sauva le bébé remarqua que, dans leur inquiétude, les futurs parents s'étaient précipités à la clinique une semaine trop tôt. Sans cette hâte, toute la famille serait encore vivante.
Une seule personne sait la vérité, la directrice de la crèche. Yvonne de Chaumont est impressionnée par ce bébé qui «semble n'avoir plus de vivant qu'une gravité d'adulte, qu'une blessure existentielle qu'on lit dans son regard dilaté, à vif, comme des chairs écorchées». Elle sait aussi que ses parents sont d' «excellente souche», comme on dit dans son milieu. Trichant avec la loi, elle va proposer à un couple d'amis qui ne peut pas avoir d'enfant d'adopter en toute illégalité la petite miraculée.
Jeanne et René de Lummont acceptent. Lui est un aristo qui magouille dans les milieux collabo. Ce sera Daddy. Elle, oisive avec un léger penchant pour la bouteille, possède une gouaille célinienne. Ce sera Dadou. Ils sont fous de la gosse, maladroits, grossiers, vulgaires; elle refusera leur amour. Au risque de la folie.
Un jour - Marie-Antoinette a 20 ans - excédés par son hostilité, ses parents adoptifs lui «lâcheront le morceau». A un détail près: ils ignorent le nom de ses parents. Ils savent seulement que sa mère appartient à une grande famille du Nord et son père, à l'aristocratie poitevine. Les Lummont n'ont jamais voulu en savoir plus. Et Yvonne de Chaumont a emporté son secret dans la tombe.
C'est le début d'une hallucinante descente vers ces Enfers que Chantal Chawaf va visiter, cercle après cercle, de son écriture obstinée, ravinée, douloureuse. Pendant trente ans, Marie-Antoinette va se murer dans sa détresse. Jusqu'au jour où, à l'âge de 50 ans, elle plonge dans les archives de Boulogne. Troncs décapités, têtes mutilées, bouillies cérébrales, sexes en putréfaction, jambes sectionnées, bras déchiquetés: les comptes rendus administratifs méticuleux des massacres de septembre 1943 s'entassent, témoignages désincarnés d'une horreur que le foetus a vécue dans toutes les fibres de son petit être prêt à respirer la vie. Vrombissement des avions porteurs de mort, stridence des piqués, souffles de feu, éclairs de la mort blanche, brûlure des corps, odeur des chairs calcinées. Cauchemars. Mensonges. Folie.
Un demi-siècle après la tragédie, un fantôme vêtu d'un long manteau noir arpente la nuit de Boulogne à Auteuil pour se débarrasser de «cette souillure de la mort» qui s'est incrustée en lui, depuis que l'horreur a frappé porte de Saint-Cloud. A la recherche de la vérité. Si elle existe.
Le Manteau noir, par Chantal Chawaf. Flammarion, 420 p., 125 F.
16:47 Publié dans Chantal Chawaf | Lien permanent | Commentaires (0)
Oeuvres de Michelle Knoblauch (exemples de bijoux)
Quelques bijoux imaginés/réalisés par Michelle Knoblauch :
14:52 Publié dans Expositions à l'Espace, Michelle Knoblauch | Lien permanent | Commentaires (0)
30/01/2009
Débat sur le Déni de grossesse, mardi 3 février, dès 18 h 30 (ouvert à tous !)
A la suite du passionnant documentaire :
"Déni de grossesse : ces bébés clandestins", diffusé sur France 3 le 19 janvier 2009,

L'Espace des Femmes-Antoinette Fouque (35 rue Jacob, Paris 6ème) vous invite à rencontrer, mardi 3 février, dès 18 h 30 :
Andrea Rawlins-Gaston, la réalisatrice du film, auteure également de "Jeunes, sans travail et déjà mères" (France 3, 2008)
et
Sophie Marinopoulos, psychologue clinicienne et psychanalyste. Très engagée dans la lutte pour la reconnaissance de la santé psychique comme faisant partie intégrante des questions de santé publique, elle a fondé l'association PPSP (pour la prévention et la promotion de la santé psychique) et dirige un lieu d'accueil et d'écoute des familles à Nantes. Après plus de 20 ans de travail auprès des femmes dans leurs parcours maternels, elle milite pour que la réalité du déni de grossesse soit reconnue et la parole donnée aux femmes.
Son dernier livre : La vie ordinaire d'une mère meurtrière : récit (Fayard, 2008)
Faites passer le message et venez nombreux !!
10:58 Publié dans Andrea Rawlins-Gaston, Déni de grossesse, Soirées à l'Espace des femmes, Sophie Marinopoulos | Lien permanent | Commentaires (0)