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17/01/2009

Isabelle Huppert lit Nathalie Sarraute

Texte recopié du catalogue des trente ans des Editions Des femmes :
isabelle-huppert-20050612-46174.jpgNathalie Sarraute disait qu'il n'y avait pas de littérature de femmes. Intrinsèquement, elle avait raison. Mais cette parole, pour autant indifférenciée qu'elle fût, il fallait la (leur) donner (aux femmes). C'est ce à quoi Antoinette Fouque s'est employée, inlassablement depuis la création des Editions Des femmes. Non pas pour les cantonner dans un espace clos, vite devenu muet, si les Editions Des femmes n'étaient cette fenêtre ouverte sur le monde, vers tous les horizons stylistiques et géographiques. Les Editions Des femmes, c'est une parole pour toutes et pour tous.
Puissent-elles vivre encore longtemps...
I.H.

16/01/2009

Le lien des femmes entre elles : conversation entre Madeleine Chapsal et Marie-France Hirigoyen, Mardi 20 janvier, 18 h 30, 35 rue Jacob

L'Espace des Femmes-Antoinette Fouque (35 rue Jacob, 75006) vous invite à rencontrer,

mardi 20 janvier, à 18h30,

Madeleine Chapsal, écrivain
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"Méfiez-vous des jeunes filles" (Fayard, 2008)
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" Un ruisseau de lumière ! ", s'émeut Fanny, cinquante ans, face à Marie-Claire, dix-huit ans, qu'elle n'a pas revue depuis des années.
La jeune fille vient de perdre ses parents et Fanny, sa marraine, décide de la recueillir chez elle. Mais la bienveillante Fanny ne mesure pas le danger ! Car il y a des hommes à la maison : Paul son fils, Julien le fiancé de sa fille, et Alain son mari. Qui pourrait résister à une jeune fille aussi désirable lorsque, le cœur froid, elle joue à séduire et à susciter la jalousie, bien décidée à se venger sur ceux qui l'approchent de la tragédie qu'est pour elle la mort de son père ? Fanny, naïve et jusque-là heureuse en ménage, s'aperçoit un peu tard de ce drame familial qui couve.
Un roman rose et noir sur les dangers de l'amour.

"La femme sans" (Lgf, 1993)
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Un essai sans vraiment de plan, rempli d'humeurs variées, de contradictions aussi entre avantages de la liberté d'être entièrement disponible pour ses amours et difficultés de vivre avec le regard distancié des femmes (et hommes) "avec". Beaucoup d'interrogations, d'expressions de sentiments doux ou amers, qui devraient aider ceux et celles qui en ont eu (des enfants) comme ceux et celles qui n'en ont pas eu à se rapprocher, à s'estimer, à se soutenir quand il le faut, à se comprendre aussi. Madeleine Chapsal a un style très personnel et son ouvrage relève plus de l'essai que du roman, s'agissant ici de choses vécues comme "femme sans", ainsi que dans nombre de ses autres titres.

"Ce que m'a appris Françoise Dolto" (Fayard, 1994)
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et Marie-France Hirigoyen, psychiatre et psychanalyste
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"Les nouvelles solitudes" (La Découverte, 2007)
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Dans toutes les sociétés développées, la montée de la solitude est devenue un phénomène social majeur. Alors que les interactions entre individus sont permanentes, voire envahissantes, de nombreuses personnes éprouvent un sentiment douloureux d'isolement. Et, en même temps, beaucoup d'autres font le choix de vivre seules. Dans ce livre, la psychanalyste Marie-France Hirigoyen désire montrer que cette réalité est le fruit d'une mutation profonde des rapports hommes/femmes, encore inaboutie. Si les femmes ont enfin obtenu une autonomie nouvelle, dans le travail comme dans la sexualité, cette indépendance n'a pas été encore pleinement intégrée dans les mentalités. D'où une crise des rôles masculin et féminin et une précarisation des liens intimes. On constate un durcissement des relations dans le couple. Reflet aussi du durcissement du monde du travail. Et le surinvestissement dans la relation amoureuse s'accompagne d'une pratique croissante du 'couple en CDD'. Les périodes de solitude et d'abstinence sexuelle conduisent à un recours accru aux sites de rencontres sur Internet ou aux 'nouvelles thérapies', qui se révèlent le plus souvent illusoires. Alors que, explique Marie-France Hirigoyen, la solitude peut apporter énergie et inspiration : à tout âge, la solitude choisie, tout en restant disponible à l'autre, est une source de plénitude, un moyen de sortir de la superficialité d'une société dominée par le narcissisme et le culte de la performance.

"Femmes sous emprise" (Oh éditions et Pocket, 2005)
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En France, chaque année, une femme sur dix est victime de violence dans son couple, trois femmes en meurent tous les quinze jours.

qui dialogueront sur le thème "Le lien des femmes entres elles"

35 rue Jacob

75006 Paris





15/01/2009

Fanny Ardant, lectrice de la Bibliothèque des voix ! (blog 15.01.09)

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jeudi 15 janvier 2009
[masse critique] La Musica Deuxième, théâtre, Marguerite Duras
Second billet rédigé dans le cadre de la quatrième opération Masse Critique de Babelio. Double merci à eux !

Décidément, je suis poursuivie par le thème de l'oubli, de la mémoire, du revivre...

Fanny Ardant - Sami Frey. Ces deux-là, Anne-Marie Roche et Michel Nollet, vont mettre le temps d'un cédé audio de soixante-neuf minutes, le temps d'une pièce en un acte, trois scènes, pour attiser et confronter les souvenirs de leur histoire douloureuse. Le temps d'une longue conversation dans le salon d'un hôtel de province, à la sortie du tribunal où leur divorce vient d'être prononcé, pour se convaincre à contre-coeurs qu'il ne pouvait y avoir d'autre forme de terme à leur passion, que la rupture.

Au début ils font semblant d'avoir oublié, de ne pas se souvenir. Il y a combien de temps ? Ils s'observent avec la distance affichée de leurs nouvelles vies. Ils se posent des questions d'abord anodines. Où est-ce que tu habites, maintenant ? Et ton travail ? Puis au fur et à mesure, leurs cercles de communication se concentrent, les interrogations deviennent plus chirurgicales, visant à rouvrir une après l'autre, les blessures mal cicatrisées.

Jeux de pattes de velours ou coups de griffes, j'ai imaginé en les écoutant la danse nocturne de deux félins qui vont déchirer et disputer jusqu'à l'aube la dépouille de leur amour.

Jamais les voix tendues mais calmes ne vont s'enfler pour éclater, même quand ils évoqueront l'enfer des violences conjugales. Même quand ils en viendront à rejouer le drame passionnel mais sans victime de sang qui les a irrémédiablement séparés. Au bout de la nuit, ils laisseront derrière eux les décombres de leur histoire d'amour, ayant attendu l'extinction des dernières braises pour partir chacun de son côté, pantelants d'émotion, résignés, brisés à jamais.

Des voix ...

Les voix féminines de Duras : Delphine Seyrig, la blonde, et Fanny Ardant, la brune. J'ai le souvenir encore précis de la splendeur helvétique de Delphine interprète de Duras au cinéma et qui était la compagne de Sami Frey. Disparue très tôt emportée par la maladie. Fanny elle, est brune, vivante avec cette diction particulière, essoufflée qui rappelle celle de Delphine, parfois. Deux timbres mythiques et si personnels qu'ils ont fait et font encore le bonheur d'imitateurs masculins. Je me souviens de Claude Vega imitant Delphine Seyrig.

La voix de Sami Frey... évidemment chavirante, très légèrement voilée, et si parfaitement accordée a celle de Fanny Ardant. Tellement que parfois, surtout au début, quand on ne sait rien d'eux encore, il est possible de confondre leurs musiques, de n'entendre plus qu'un monologue, un solo.

Je n'avais jamais fait de lecture audio d'un livre ou d'une pièce de théâtre. J'ai beaucoup aimé. A la fin, j'ai eu envie de réécouter les dernières pistes et de transcrire quelques phrases au hasard, du sublime dialogue :

"Vous avez oublié que vous aviez laissé vos livres ? Vous les aviez fait venir et puis après vous n'en vouliez plus. Vous disiez que ça vous dégoûtait. [...] On les laisse alors ? C'est dommage quand même, non ?"

"J'ai oublié notre histoire. La douleur, j'ai oublié. Je ne sais plus du tout pourquoi. Souffrir, comme ça, à ce point la, et ne plus retrouver pourquoi après, les raisons..."

"Je crois qu'on ne se souvient pas de l'amour."
"Peut-être qu'on ne se souvient pas de la douleur quand elle ne fait plus souffrir."
"Du désir, il y a ou un oubli total, ou une mémoire totale, aucune ombre."

"Nous allons aimer moins maintenant, les autres gens. Moins."
"Nous sommes moins forts maintenant, nous avons perdu de notre force. Nous nous sommes rapprochés de la fin de notre vie."

http://tillybayardrichard.typepad.com/le_blogue_de_tilly/2009/01/masse-critique-la-musica-deuxi%C3%A8me-th%C3%A9%C3%A2tre-marguerite-duras.html

14/01/2009

Coline Serreau lit "Trois guinées" de Virginia Woolf pour la Bibliothèque des Voix

Trois guinées.jpgTexte recopié du catalogue des trente ans des Editions Des femmes :
col.jpgColine Serreau
Souvenirs d'une séance d'enregistrement de cassettes : Je me souviens d'une atmosphère concentrée mais détendue. J'ai lu avec beaucoup d'émotion les textes de Virginia Woolf, textes forts, intelligents et combattants. On reprenait tel ou tel passage, en toute confiance, jugeant et discutant ensemble de la meilleure prise. Quel bonheur de mettre son métier au service d'un grand texte pour une lutte essentielle.
Amitiés aux Editions des femmes.
C.S.
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C’est un texte politique. Virginia Woolf, ici, va droit aux faits avec la plus redoutable précision. Femme, elle reconnaît, décèle et dénonce en précurseur ce scandale d’autant plus occulté qu’il s’inscrit partout, s’étale avec une évidence majestueuse : le racisme ordinaire qui réduit les femmes à l’état d’êtres minoritaires, colonisés. Scandale politique. Dictature qui annonce toutes les autres.