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21/11/2009

Des mots pour agir (sous la direction de EVE ENSLER) : sortie le 13 novembre 2009 - CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES

Annonce à prononcer à la radio/télé, sur vos sites et blogs, à reproduire dans la presse si vous voulez faire bouger les choses, vous joindre à l'esprit militant de la soirée :

 

EveEnsler13.jpg

Théâtre Michel 38 rue des Mathurins 75008 Paris. M° Havre-Caumartin.

 

 

Réservation préférable à contact@desfemmes.fr

 

Participation libre au bénéfice de l’association V-Day. 

 

 Lundi 23 novembre 2009 à 19 h

 

 

« Monologues du Vagin – Représentation différente et exceptionnelle : Des mots pour agir »

 

Avec Michèle André, sénatrice, présidente de la Délégation aux droits des femmes, Nicole Ameline, députée, représentante de la France au Comité C.E.D.A.W., Taslima Nasreen, écrivain...

 

Interventions et lectures de personnalités engagées dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Nombreuses surprises. A l'occasion de la sortie du livre (vendredi 13 novembre 2009) "Des Mots pour agir" sous la direction de Eve Ensler et Mollie Doyle (éditions Des femmes-Antoinette Fouque)

 

Textes de Tariq Ali, Charles Berling, Mollie Doyle, Eve Ensler, Antoinette Fouque, Christine House, Carol Michèle Kaplan, Mark Matousek, Taslima Nasreen, Lynn Nottage, Betty Gale Tyson, Alice Walker

 

 

DIX FEMMES sur scène, dans l'ordre alphabétique : Aurore Auteuil, Marie-Christine Barrault, Stéphanie Bataille, Bérangère Bonvoisin, Sylvie Bourgeois-Harel, Fanny Cottençon, Andréa Férréol, Sèverine Ferrer, Marianne James (sous réserve), Christine Orban. ET DEUX HOMMES : Jacques Frantz, Daniel Mesguich.

Mise en scène : Stéphanie Bataille. Coordination : Marie-Cécile Renauld.

Paru le 13 novembre 2009 aux éditions Des femmes-Antoinette Fouque

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 Des mots pour agir contre les violences faites aux femmes

Souvenirs, Monologues, Pamphlets et Prières

sous le direction de EVE ENSLER et Mollie Doyle

Traduit de l'américain par Samia Touhami / Première édition : 2007 par Villard Books/The random House Publishing Group - New York - ISBN : 978-2-7210-0585-4 - Format 13,5 x 21 cm, environ 280 pages, 18€

Préfaces de Rama Yade et Nicole Ameline

Postfaces de Jane Fonda et Antoinette Fouque

"Parler de l’inexprimé. Parler de ce qui a déjà été exprimé d’une façon nouvelle et viable, parler de la souffrance, de la faim. Parler. Parler des violences faites aux femmes, parce que c’est un problème qui est au coeur même de notre monde et dont on ne parle pourtant toujours pas, qu’on ne voit pas, auquel on ne donne pas de poids ou de sens. Pour que les mots brisent l’engourdissement et la négation, la dissociation et la distance, les mensonges." EVE ENSLER 

 

Ensler_couv_dos[1].JPGEve Ensler, poète, comédienne, scénariste, consacre sa vie à la lutte contre les violences faites aux femmes. Elle est l’auteure de Les Monologues du vagin, une pièce militante jouée dans plus de 130 pays. Elle est aussi à l’initiative du mouvement et de la fondation V-Day qui soutiennent, partout dans le monde, l’action des femmes contre les violences.

Avec Mollie Doyle, auteure, productrice de pièces de théâtre et d’émissions télévisées, elle a sollicité une cinquantaine d’écrivains américains pour composer ce recueil. Leurs textes ont été mis en scène à l'occasion du festival Jusqu’à ce que cesse la violence (New York, 2006). Parmi ces auteurs, pour la plupart impliqués, selon des modalités très diverses, dans la lutte pour le respect des droits de l’homme et des droits des femmes, on peut citer Alice Walker, Edward Albee, Robin Morgan, Jody Williams

Ce recueil réunit des textes d'une cinquantaine d'auteurs américains, auxquels sont venus s'ajouter pour la version française des inédits de Nicole Ameline, Antoinette Fouque, Taslima Nasreen...

 

CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES, le 25 novembre, lire le texte d'Antoinette Fouque (postface du livre "Des Mots pour agir", qu'elle a publié le 13 novembre 2009)

DES MOTS POUR AGIR - CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES - SOUVENIRS, MONOLOGUES, PAMPHLETS, PRIERES - PARUTION LE 13.11.09 AUX EDITIONS DES FEMMES-ANTOINETTE FOUQUE

SOUS LA DIRECTION DE EVE ENSLER ET MOLLIE DOYLE

PREFACES DE RAMA YADE ET NICOLE AMELINE

POSTFACES DE JANE FONDA ET ANTOINETTE FOUQUE

ff.jpgPOSTFACE D’ANTOINETTE FOUQUE

POUR UN NOUVEAU CONTRAT HUMAIN

 

Pas un jour depuis quarante ans sans le souci de résister, de comprendre et d'avancer avec des millions d'autres femmes. Les progrès de ces quatre dernières décennies ont sans doute été plus décisifs que durant deux mille ans d'histoire, mais le constat négatif reste affligeant et excède largement les victoires. Partout sur la planète, encore et davantage, les femmes sont victimes d'une violence unilatérale, celle de la domination mâle dans tous ses états : privés, publics, économiques, sociaux, culturels, religieux, politiques, symboliques, réels, imaginaires... Comme si au fur et à mesure que s'affirmait leur libération, une contre-libération machiste les encadrait, les déportait, les emprisonnait, les écrasait. Chaque jour, le courage et la force des femmes défient un destin qui ne leur est pas imposé par Panatomie mais prescrit par les traditions, et construit par les civilisations et l'histoire.

La libération des femmes, la plus longue des révolutions, doit s'attendre à la plus longue et la plus sanglante des contre-révolutions. Nous devons nous armer de patience vigilante et engager notre courage dans des risques lucides. La contre-offensive - le backlash - s'est conjuguée à une crise économique, politique et symbolique mondiale dès le premier geste de réparation envers les femmes (conférence de l'ONU consacrée aux femmes, à Mexico, en 1975). Le retour des religions a précédé la montée des intégrismes. Dès le milieu des années soixante-dix, la protestation virile, la paranoïa monothéiste, plongeaient les racines de Pantiféminisme dans la misogynie.

Amartya Sen a reçu en 1998 le prix Nobel d'économie pour l'ensemble de ses travaux dont beaucoup sont consacrés à la condition des femmes. Il est traduit en France depuis plus de quinze ans et il n'a pas fait école. Son ouvrage est loin d'être un « best-seller » et le gynocide qu'il dévoile n'a pas éveillé une seule de nos grandes consciences inîello-niédiatiques. J'ai cité à maintes reprises, en particulier au Parlement Européen son enquête-scandale, sans susciter le moindre écho. Une femme disparaît ? Non, cent millions de femmes manquent à l'appel en permanence. Cent millions de déficit au capital humain. Désastre humain. De la violence réelle à la violence symbolique, du viol au voile, des meurtres conjugaux à la charia, le massacre continue et s'amplifie. Chaque jour, « si c'est une femme », les journaux banalisent le danger de mort.

Dans le nouveau monde, à Ciudad Juarez, le long de la frontière entre le Mexique et le Texas, plus de cinq cent femmes ont été assassinées depuis 1993, après avoir été mutilées, torturées, violées, et ce, en toute impunité.

Dans notre vieille Europe, en Octobre 2002 dans la banlieue parisienne, la jeune Sohane a été brûlée vive dans un local à poubelles par un amoureux éconduit. Aucun des responsables politiques qui ont protesté le même jour contre un crime raciste et un attentat homophobe n'a manifesté d'indignation pour cet assassinat sexiste ni exprimé de compassion pour la jeune martyre. On sait que cette torture mortelle s'est largement répandue en Europe. Le 1er Juillet 2003, une jeune actrice très populaire est battue à mort par son compagnon, un musicien « politically correct », sympathisant des aiter-mondialistes. Après une forte excitation médiatique, la presse noble recense sobrement les événements de l'année 2003 : «Marie Trintignant meurt après une violente dispute ». En France, l'insécurité routière tue moins depuis quelque temps, mais, chaque mois, la violence unilatérale tue cinq femmes qui finissent dans les brèves des « faits divers », autrement dit avec les «chiens écrasés ». Et, en Espagne, le terrorisme domestique tue plus que l'ETA.

Les femmes, pauvres parmi les pauvres, sont de plus en plus pauvres. À mon arrivée au Parlement Européen en 1994, j'ai trouvé un premier rapport intitulé La pauvreté se féminise en Europe. D'autres ont suivi.

Alors que les femmes produisent les deux tiers des richesses mondiales, elles n'en détiennent que 1%, ne reçoivent que 10 % des revenus disponibles, et sont 75 % des plus pauvres. En se libéralisant, nos démocraties imposent aux femmes, souvent en charge de familles mono-parentales, travail informel, emploi précaire et chômage. En se désocialisant, la France menace les gynécologues, supprime les maternités, se sous-équipe en maisons de retraite. L'immense majorité des victimes de la canicule de l'été 2003 ont été des femmes.

L'Occident et l'Orient mettent le feu à la planète et aux femmes, et le monde brûle. Dedans, dehors, dans la famille, dans la rue, à l'école, sur les routes, dans les quartiers, les cités, dans les campagnes, dans les sociétés de droit comme ailleurs, riches ou pauvres, traditionnelles ou modernistes, à tous les niveaux d'analyse possible, les femmes ont à faire face à une guerre particulière, comme si leur corps doté d'une fonction indispensable pour l'espèce, la fonction génésique, était l'objet d'une haine immémoriale.

Pourquoi de telles régressions démocratiques ? C'est moins l'engagement des femmes qui est en cause que la non pertinence des analyses, tant politiques que psychanalytiques. Ai-je assez insisté sur les défauts structurels qui, à travers les différents modèles de solution au problème, perpétuent la condition catastrophique des femmes dans l'histoire : le modèle traditionnel du tota mulier in utero ; le modèle républicain uni(sex)versaliste qui court après un féminisme indifférentialiste du tota mulier sine utero ; le premier, l'exploitation voulue, le deuxième, l'exploitation déniée. Le modèle démocratique, lui, recyclage et compromis des deux précédents, prétend harmoniser vie familiale et vie professionnelle ; le taux de fécondité, déporté du corps des femmes dont il dépend vers la famille ou la science démographique, dénie et exploite ce que j'ai appelé de longue date la production de vivant, qui s'ajoute en bien des cas au travail domestique et à l'activité professionnelle en une triple production.

Je pense qu'au fondement de cette haine envers les femmes, qui ravage l'espèce humaine, il y a l'envie primordiale, archaïque, universelle et radicalement déniée, de leur capacité procréatrice, une envie d'utérus qui taraude infiniment plus l'inconscient mâle que l'envie de pénis la conscience féministe. Il faut en penser les effets politiques que sont, dans tous les champs, les violences réelles et symboliques infligées aux femmes.

L'ennemi principal de la libération des femmes n'a pas été suffisamment désigné : c'est le monisme mâle, le phallocentrisme, l'égocentrisme, le Un comme seul représentant de toute l'espèce humaine. Des monothéismes à l'égalité républicaine, il n'y a que de l'Un : un seul Dieu, mâle, une seule libido, phallique, une seule économie, capitaliste-libérale, une seule citoyenneté, neutre, un seul sujet» universel, un seul sexe, un seul individu, monadique, hors connexion. Mais voilà, si Dieu a besoin des hommes, les hommes ont besoin de « la race des femmes » pour leur faire des enfants, d'où la colonisation du continent noir, la mise en esclavage - la femme comme instrument vivant -, l'appropriation de l'utérus, principal moyen de production, l'exploitation de la production utérine.

La procréation, maîtrisable et pensable, ne peut plus être un esclavage. Elle n'a plus à être oubliée, refoulée, forclose, mise en position de menace inconsciente du moi paranoïaque. Il faut en foire, au contraire, le motif du travail sur la différence. Libérer à la source la libido creandi des femmes lance un défi permanent à la guerre et à la pulsion de mort. Elle donne lieu, au XXIe siècle, à une révolution pour le genre humain et ouvre à la génialité des deux sexes.

Survivors, super vivantes plutôt que survivantes, bien au-delà de leur condition de victimes, là où elles portent un triple fardeau, les femmes trouvent l'énergie, pour peu qu'on les y encourage, de se transformer en actrices principales du changement, en force de proposition, en coeur battant d'une triple dynamique de démographie, de développement et de démocratie, pour accomplir une triple révolution, du symbolique, de l'économique, du politique. En Afrique, 95 % des O.N.G sont prises en charge par des femmes, mais le sida ravage leurs enfants. Au Niger, elles font reculer le désert, reconquièrent et irriguent, par un travail acharné, la terre devenue stérile pour nourrir la population et faire revivre les marchés dans les villages.

Ni soumises ni esclaves, sans dieu ni maître, laïques, des femmes déjà s'éloignent de la genèse du Livre, dont les Écritures les ont forcloses, pour apprendre à lire en se rappelant, en remerciant, en pensant le lieu d'où elles viennent sans y revenir mais en allant de l'avant ; des femmes ont commencé à vivre leur nouvelle condition historique, à inscrire la genèse d'une modernité tardive. Bouleversements. Viennent les temps des fécondités croisées. Charnelles et spirituelles. Pour un nouveau contrat humain. Ensemble. Tempus est creandi. Pour chacun des deux sexes, l'un par l'autre enrichi, sans dette ni marchandage.

L'ancien monde et l'histoire moderne s'en vont. Au commencement... Cette fois encore. Pensée première et force de proposition. Courage de concevoir, de porter, de mettre au monde ce qui vient. Ni riveraines ni sans rivage, ni sédentaires ni nomades. Mémoire gracieuse. Promesse durable. Pulsion de vie enfin, alliance, résistance, délivrance ; sexe jouant, corps travaillant, chair pensant, des femmes, dès maintenant, libres, en mouvements.

 

Antoinette Fouque sur France Info, mercredi 25 novembre 2009

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Carine Bécard, dans "Femmes d'influence" sur France Info, ayant déjà reçu Antoinette Fouque l'an dernier, a signalé la sortie du nouveau livre de la cofondatrice du MLF chez Bourin-Editeur, lors de son émission du 21 novembre consacrée à Julie Pfeiffer, ingénieure clé du futur A350.

Par ailleurs, Antoinette Fouque a pu s'exprimer deux minutes trente à 15 h 46 mercredi 25 novembre à l'antenne de France Info à l'occasion de la Journée internationale de Lutte contre les Violences faites aux femmes.

Je lance un appel à qui aurait un enregistrement ou un décryptage de ses propos. Merci de l'entendre ! et de me contacter par l'intermédiaire des commentaires ouverts dans ce blog par exemple.

Dans Le Monde Magazine, Emilie Grangeray illustre son enquête sur le sexisme en s'appuyant sur l'essai d'Elena Gianini-Belotti publié par Antoinette Fouque - (Attention, Livre Culte !)

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Un extrait d'un énorme dossier intitulé "CE SEXISME QUI FAIT VENDRE"

LE MONDE MAGAZINE - 21 NOVEMBRE 2009

ENQUÊTE - LITTERATURE JEUNESSE

Par Emilie Grangeray. Photo Catherine Rouziès pour Le Monde Magazine

A elles, les paillettes, les crinolines. A eux, les camions, les gros engins : de nouvelles collections jeunesse destinées aux garçons ou aux filles font un tabac. Un phénomène d'édition qui suscite la polémique, alors que s'ouvre le 25ème Salon de Montreuil.

(...) Parce que ce "discours est d'autant plus grave que de telles escroqueries sont destinées à des enfants qui les assimilent sans aucun recul critique". Cette remarque ne date pas d'aujourd'hui, mais de 1973. Elle est extraite du livre d'Elena Gianini Belotti, Du côté des petittes filles (publié en France par les éditions Des femmes-Antoinette Fouque). Dans cet essai, Elena Gianini Belotti "mettait en évidence la puissance extraordinaire des stéréotypes qui assignaient des systèmes de propriétés et de qualités très particuliers aux filles et aux garçons, et ce, dès la naissance" (in Quoi de neuf chez les filles ? de Christian Baudelot et Roger Establet, Nathan 2007). (...)

Jacqueline Sellem dans L'Humanité recommande la lecture des entretiens d'Antoinette Fouque avec Christophe Bourseiller (21 novembre 2009) - Un bon choix !

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QUI ÊTES-VOUS ? ANTOINETTE FOUQUE. ENTRETIENS AVEC CHRISTOPHE BOURSEILLER. Bourin éditeur, 19 euros.
Née d’un père corse et communiste, d’une mère italienne et illettrée, fille de l’école républicaine, Antoinette Fouque est devenue une intellectuelle marquante dans l’histoire des idées après 1968. Figure, parfois controversée, du Mouvement de libération des femmes (MLF), elle y a initié et animé le courant psychanalyse et politique avant de fonder, en 1979, les Éditions des femmes. Députée européenne radicale de gauche de 1994 à 1999, elle préside l’Alliance des femmes pour la démocratie, créée en 1989. Elle retrace dans ces entretiens son itinéraire et les grandes lignes de sa réflexion.
Jacqueline Sellem