19/06/2009
Notre Colette Deblé s'envole vers l'Allemagne : dix expositions en 2009-2010 ! Hourra !
Colette Deblé
L'envol des femmes
Textes de Jean-Joseph Goux
45 €
2006
« De quel aventureux sanctuaire sont détachées ces idoles légères, ces profils précieux échappés des murailles de la crypte, et qui vont vers là-bas, vers les plafonds célestes, vers là-bas dans la direction des colonnes dressées et des nuées blanches ?
La peinture souffle où elle veut. Il y a simplement cet arrachement du sol antique, ce décollement des assises et des soubassements vers des cimes invisibles. (…)
La femme : déesse d’un envol religieux sans site ni croyance, pur élancement allègre qui allège le corps de son volume de douleur pour en silhouetter la beauté visible sur un fond d’air et de vent. Femme offerte au souffle ascensionnel qui la transporte, l’envoie en l’air, la prend vers le zénith, l’emmène dans l’espace hors-tableau qui déroule la limite. Infini :
verticalité de messager des voûtes. (…)
Colette Deblé offre par un geste obscur de prêtresse, l’esquisse d’une architecture, pour y disposer ses encres. » Jean-Joseph Goux
« A-t-on jamais tenté d’explorer par les seuls moyens plastiques l’histoire de l’art ou l’un de ses aspects, comme le font l’historien ou l’essayiste à l’aide de l’écriture ? Mon projet est de tenter, à travers une infinité de dessins, de reprendre les diverses représentations de la femme depuis la préhistoire jusqu’à nos jours afin de réaliser une analyse visuelle des diverses postures, situations, mises en scène.
La citation picturale ne saurait être une citation littérale comme est la citation littéraire parce qu’elle passe par la main et la manière du citateur. D’où un léger tremblé doublement allusif de l’œuvre citée et citateur. Mon projet explore ce ”tremblé” parce qu’il suppose un exercice extrêmement long de la citation vers son usure et sa fatigue.
En fait, poursuivant ce travail jour après jour, c’est une sorte de journal intime quotidien à travers l’histoire de l’art que je poursuis. » Colette Deblé.
L'Envol des femmes (Colette Deblé, textes de Jean-Joseph Goux)



Colette Deblé est née en 1944. Peintre, elle vit et travaille à Paris. Elle expose de Houston (Texas) à Sanaa (Yemen).
Depuis mars 1990, Colette Deblé dessine à partir de diverses représentations de la femme dans l’histoire de l’art afin de composer un essai plastique visuel constitué d’une infinité de lavis.
Jean-Joseph Goux est philosophe et professeur à l’université de Rice (USA), Il a été directeur de programme au Collège international de Philosophie et professeur associé à l’École des Hautes-Etudes en Sciences Sociales.
Il a notamment publié Économie et symbolique (Le Seuil, 1973), Les Iconoclastes (Le Seuil, 1978), Les monnayeurs du langage (Galilée, 1984), Œdipe philosophe (Aubier, 1990), Frivolité de la valeur (Blusson, 2000).
Demian Bern, le graphiste du catalogue en Allemagne, nous informe de la liste des dix expositions de Colette Deblé, lieu et dates, (entre 2009 et 2010) Quelques reproductions de peintures et de dessins. Peut-être aussi quelques photos de son exposition au Musée de Dessau.
Antenne culturelle de Saxe-Anhalt Magdebourg le 07 mai 2009
Übersicht zur Wanderausstellung Colette Deblé 2009 / 2010
in Sachsen-Anhalt
DAMENWAHL:DIE MACHT DER FRAUEN
Eine Französin entdeckt Sachsen- Anhalt
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Stadt |
Ausstellungsort |
Ausstellungszeitraum
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| Dessau
| Anhaltische Gemäldegalerie Dessau Puschkinallee 100 06846 Dessau (Orangerie) | 25.04.2009 – 07.06.2009 (Vernissage am 24.04.2009, 19:30 Uhr) |
| Magdeburg
| MDR – Landesfunkhaus Sachsen-Anhalt Stadtparkstr. 8 39114 Magdeburg | 21.06.2009 – 19.07.2009 |
| Naumburg
| Evangelische Domschule St. Martin (Orangerie) Domplatz 3
Marienkirche am Dom Domplatz 16-17
06618 Naumburg/Saale | 24.07.2009 – 06.09.2009
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| Quedlinburg
| Schlossmuseum Quedlinburg Schlossberg 1 06484 Quedlinburg | 25.09.2009– 15.11.2009 |
| Halberstadt
| Das Gleimhaus Domplatz 3 38820 Halberstadt | 26.11.2009– 14.02.2010
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| Stendal
| Altmärkisches Museum im Katharinenkloster Schadewachten 48 39576 Stendal | 27.02.2010– 27.03.2010 |
| Burg
| Stadtbibliothek „Brigitte Reimann“ Berliner Chaussee 38 39288 Burg | 09.04.2010 – 21.05.2010 |
| Merseburg
| Krypta und St. Michaeliskapelle im Dom zu MerseburgMerseburger Domplatz
Willi-Sitte-Galerie Domstraße 15
Kunststiftung ben zi bena Domplatz 3
06217 Merseburg | 04.06.2010 -09.07.2010 |
13:08 Publié dans Colette Deblé, Expositions à l'Espace, Jean-Joseph Goux | Lien permanent | Commentaires (0)
Antoinette Fouque répond aux questions d'Eli Flory pour le Magazine des Livres
Antoinette Fouque, éditrice et psychanalyste pour Le Magazine des livres – 19 mai 2009
Interview par l'exquise Eli Flory
D’où est née la création, en 1973, de votre maison d’édition ? Comment a-t-elle été accueillie dans le paysage éditorial ?
Elle est née du sentiment d’une injustice, d’une discrimination envers les femmes dans la République des Lettres, qui se lisent clairement dans l’histoire littéraire. Peu de femmes écrivains ont traversé l’histoire, non parce qu’elles n’ont pas de génie, mais parce qu’elles sont censurées quantitativement et qualitativement. Jusqu’en 1973, les manuscrits des femmes ne convenaient jamais, trop longs, trop courts, trop ceci, pas assez cela ; ils ne correspondaient pas aux codes d’évaluation.
Puisqu'en 1968, nous avions pris la parole, nous allions prendre le stylo et nous mettre à écrire. « Des femmes » est née du désir de lutter contre l’interdit de s’exprimer, d’écrire autrement que comme un homme ou de manière « neutre » - ce qui revient au même.
Il s’agissait de donner lieu au non lieu : une maison pour habiter le monde, un lieu pour créer une écriture qui ne serait pas phallique, articulée à une libido creandi qui signifie autant création génésique que création artistique, une création littéraire qui soit une création par l’écriture.
Préférez-vous que l’on dise d’une femme qu’elle est écrivain ou écrivaine ? Pourquoi ?
Pourquoi pas écrivaine, comme on dit châtelaine ? Mais j’aurais préféré que ce soit imposé par l’usage plutôt que par un décret.
Parler, penser, n’est jamais neutre, puisque le corps, donc l’esprit, ne le sont pas. Le monde, l’amour, la vie d’une femme, ses expériences, ses compétences (égales à celles d’un homme), pour être pleinement humaines, n’en sont pas moins différentes. La gestation, par exemple, est une « exclusivité » tout à fait universelle, qui n’est un continent noir que pour les hommes, encore que les plus imaginatifs comme Tirésias parviennent à l’éprouver.
Or creare, en latin, signifie à la fois procréation et création.
Comment expliquez-vous que les femmes soient si souvent peu récompensées par les prix littéraires de l’automne ?
Aujourd’hui, le paysage a changé grâce aux pionnières - n’oublions pas aussi Colette Audry, Régine Deforges. Bien plus nombreuses sont celles qui dirigent des maisons d’édition.
Mais la misogynie perdure, et avec elle la forclusion du corps et des écrits des femmes.
Que pensez-vous d’une initiative comme celle du prix Lilas ?
Le prix Lilas, un prix de plus, peut aider, surtout si y participent des femmes exceptionnelles comme mon amie Arielle Dombasle.
Une femme pour incarner la « grantécrivaine » ?
Je dirais grande écrivaine, parce que si on l’écrit en deux mots, le « d » reste sonore.
Cependant, cette notion demeure souverainiste, phallocentrée…
Elle fait peu de cas de la géni(t)alité des femmes, qui, outre la compétence du langage (Lacan) propre aux humains, leur donne celle également humaine, bien qu’exclusivement femelle, de la gestation.
La question est pour moi, comment inscrire le génital, donner texte à l’aventure génésique ? Comment lui donner une inscription satisfaisante qui laisse entendre la voix charnelle, la voix miséricordieuse du cœur, la voix humaine ? Il s’agit d’écrire d’une écriture ne refoulant pas l’oral - à la recherche d’une écriture articulée à l’inconscient, une écriture matricielle, utérine.
11:54 Publié dans Antoinette Fouque | Lien permanent | Commentaires (0)
Laurence Zordan et Chantal Chawaf invitées par Mireille Calle-Gruber à la Sorbonne (lundi 22 juin) - Colloque Femmes entre les deux rives de la Méditerranée
Fabula, la recherche en littérature
Symposium "Poétique et politique du "genre" dans les migrations. Femmes entre les deux rives de la Méditerranée"
Evénement
Information publiée le lundi 8 juin 2009 par Fabula (source : Sarah-Anaïs Crevier Goulet)
Du 22 juin 2009 au 23 juin 2009, Sorbonne, Salle Bourjac (Paris, France) - 17 Place de la Sorbonne
Intervention de Laurence Zordan de 12h30 à 13h lundi 22 juin ;
Lecture de Chantal Chawaf de 18h30 à 19 h lundi 22 juin.
« Un acte d'hospitalité ne peut être que poétique »
http://www.ecritures-modernite.eu/equipes/cref-centre-de-recherches-en-etudes-feminines-et-de-genres
Adresse : Centre de Recherches en Études Féminines et de Genres / Littératures Francophones Université Paris III-Sorbonne Nouvelle 17, rue Santeuil 75231 Paris Cedex 05
11:23 Publié dans Chantal Chawaf, Laurence Zordan | Lien permanent | Commentaires (0)