01/06/2009
Jury du Prix Marguerite Duras
Prix Marguerite Duras
Le prix Marguerite Duras consacre alternativement chaque année un des trois domaines suivants : littérature, théâtre et cinéma. Créé par le Conseil Général de Lot-et-Garonne et présidé par Alain Vircondelet (qui est également le fondateur du prix), le jury est composé de quinze personnalités qui ont admiré, joué, aidé, servi ou reconnu l’œuvre de Marguerite Duras. Le prix est remis lors du salon des livres organisé en mai par l’Association Marguerite Duras dans le château de Duras.

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Jury du Prix Marguerite Audoux
Créé en 1997, le prix Marguerite Audoux récompense les auteurs de langue française, dont le style ou la personnalité sont proches de ceux de la romancière Marguerite Audoux, prix Fémina 1910.
Une année sur deux, la remise des prix s’effectue dans le Cher, département d’origine de Marguerite Audoux.
Alain Rafesthain, Président du Conseil Général du Cher, Président du jury
Geneviève d'Aubuisson, arrière petite-nièce de Marguerite Audoux, vice-présidente du jury
Marie Desplechin, romancière, lauréate du Prix Médicis (essai)
Pierrette Fleutiaux, romancière, lauréate du Prix Fémina
Anne-Marie Garat, romancière, lauréate du Prix Fémina
Benoite Groult, romancière, membre du jury du Prix Fémina
Bernard-Marie Garreau, agrégé de lettres modernes, docteur es lettres, maître de conférences à Bourges
Marc Lambron, agrégé de lettres, lauréat du Prix fémina
Raymond Pinoteau, réalisateur de films
Jean-Yves Ribault, archiviste-paléographe, ancien directeur des archives départementales du Cher et des services d'archives de Paris et de la région Île de France
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Coline Serreau se réfère à Antoinette Fouque dans Nouvelles Clés (juin-août 2009)
Résister - nouvelles clés juin-août 0914:01 Publié dans Antoinette Fouque, Coline Serreau | Lien permanent | Commentaires (0)
Débat sur la création des femmes (à partir du livre de Thierry Delcourt)
EXTRAIT D’ARTISTE FEMININ SINGULIER (Thierry Delcourt)
………….Entre-deux chairs native
Antoinette Fouque, psychanalyste et militante en bute à une théorisation, osons dire terrorisation, freudienne et lacanienne du tout phallique et de la fonction paternelle comme références unaires du symbolique, en tant que ce système fonde l’existence des femmes et des hommes, tenta une révolution de ce symbolique pour y introduire la dimension du lien natif homosexué à la mère pour la petite fille, « terre native » qui résonne avec l’al/ternative ou alter/native de soi que tente et dont parle Agnès Thurnauer. Antoinette Fouque dit : « Le plus souvent, cette terre native est simplement forclose en une espèce de retrait, de chambre noire, d’ombre qui fait que les femmes ont peur d’elles-mêmes, peur de leur autre, qui est leur semblable et en même temps de la différence. »[i] Et donc, elle veut lever cette forclusion du corps de la mère et en désigner la fonction symbolique. Elle ajoute : « Cette homosexualité des femmes, native, c’est la première chambre à soi, d’où élaborer une langue, une pensée, un corps, une vie à soi : narcissisme, oui, mais topique, dynamique a- et post-phallique ; homosexualité structurante, vitale pour le devenir femme ; homosexualité qui n’a rien ou pas grand-chose à faire avec le lesbianisme, qui, lui, désigne une homosexualité de type secondaire, construite sur une identification au père. » Lors d’une interview télévisée, Antoinette Fouque précise : « Il y a une homosexualité primaire qui n’est pas de l’ordre de l’homosexualité telle qu’on l’entend. Le premier corps d’amour pour la fille et pour le garçon, c’est une femme. Si la fille ne retrouve pas à un moment de sa vie ce premier amour, elle est amputée d’une partie d’elle-même. Il m’est même arrivé de penser que si une fille ne retrouve pas cet amour charnel pour sa mère, elle ne pourra pas aimer un homme. Elle n’aura pas traversé tout le champ de potentialités de son corps même… »[ii] Doit-on maintenir ce terme d’homosexualité qui prête à confusion mais qui donne tout de même la dimension d’intense intimité comme une condition pour ouvrir à ce champ symbolique maternel ?
Je propose, en le rapprochant de l’entre-deux femmes comme construction d’une identité non phallo-centrée, le terme d’entre-deux chairs native. Cette intimité active tant du côté de la mère que de l’enfant, fille ou garçon, y compris durant son séjour dans le ventre maternel, va de l’allaitement jusqu’aux caresses réciproques, de la comptine au regard-fusion, de l’infra-verbal aux premiers mots qui méritent l’expression de langue maternelle pénétrant le corps dans une vibration jouissive… tout cela supposant, bien sûr, que la souffrance et le refus n’envahissent pas la mère, ni qu’un père ou une institution comme l’ordre des sœurs sainte-Clotilde ou autre barbarie, imposent leur violence ou la rigidité d’un système qui vise à éduquer et à soumettre dans la forclusion du corps charnel et désirant.
Cette construction originaire devient ensuite ce que nous avons étudié supra comme construction de l’originaire actualisée dans le rêve ou la création. Elle reste inconsciente mais toujours opérante dans le moindre acte ou la moindre perception d’un être non coupé de cette origine. Nombre de ‘baby blues’ suivant l’accouchement gagneraient à être considérés à l’aune de ce symbolique maternel forclos. Je me souviens d’une patiente ayant très tôt perdu sa mère et vécu ensuite une situation de maltraitance sournoise de la part d’une belle-mère ; n’ayant pu avoir d’enfant, stérilité mystérieuse, cette patiente a enfin osé une adoption dont elle était ravie : ravie car heureuse mais soudainement dérobée, comme le sol s’était dérobé sous le corps défait de Lol V. Stein, à l’arrivée de sa fille et lorsque celle-ci, cherchant le contact, l’appela maman. Elle s’effondra alors dans l’incapacité psychique à répondre à cet appel convoquant sa chair, même si elle savait encore assurer le quotidien de l’enfant. Il lui fallait d’abord entendre son propre appel et repeupler ses premiers instants avec sa mère de la chaleur d’un contact brutalement perdu, cette terre native dont elle fut amputée ; et même si une psychanalyse avait depuis longtemps revisité ces premiers instants, ce n’est que de les vivre qui pouvait opérer une réelle ouverture à l’entre-deux chairs native.
[ii] Fouque Antoinette interview France 5 du 10/10/08 réalisée par Julie Bertuccelli
11:49 Publié dans Colette Deblé, Création des femmes | Lien permanent | Commentaires (0)