Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

03/07/2008

Texte de Claudie Cachard témoigne sur son expérience dans le catalogue des trente ans des éditions Des femmes

cachard.jpgcatalogue.jpgJ'ai reçu la nouvelle d'une reprise de l'activité éditoriale des Editions Des femmes avec un soulagement à la mesure du regret de ne plus les savoir éditrices, oeuvrant sur les terrains où elles s'étaient tant engagées. Promesse nouvelle en faveur d'ouvrages passés, présents, à venir, cette décision est porteuse de leurs partages et transmissions.
Tel, déjà, ce livre-anniversaire, consacré à des vies de livres et à des textes actuels poursuivant leurs chemins ou en empruntant d'autres. Presque vingt années se sont écoulées, depuis qu'un premier manuscrit gravit l'escalier de la rue de Mézières et fut, sans autre contact préliminaire, déposé aux Editions Des femmes.
 
Quel pouvait être, alors, le mouvement incitant ma voix intérieure du moment à dépasser ses réserves, pour faire état de convictions l'engageant à ne plus rester limitée aux cercles clos de l'intime ? Elle m'avait auparavant, invitée à l'écrit, passage et alliance possibles entre mes deux langues maternelles aux prises avec d'inépuisables concurrences... Faufilés dans l'écrit, les accents de l'étrangère, la Hongroise, ont pu y parcourir la française, restreinte aux partages du dehors. La voix intérieure avait déjà obtenu d'autres gains de cause. "Deviens psychiatre et psychanalyste. Décris ce que tu sens et penses. Pense et sens ce que tu écris... Chemine où cela te convient, comme tu es. Au carrefour, entre raisons et déraisons, les existences souffrantes témoignent de singulières pluralités humaines..."
Ce premier livre prenait ses distances avec des logiques psychanalytiques réticentes à de nouvelles orientations de pensée. Il insistait en faveur d'une psychanalyse dont les spécificités consistent précisément à mettre les fantasmes en question et non à confirmer des théorisations devenues intouchables. "Publie moi", osait donc demander cet ouvrage personnel. Naïvement, il semblait même, alors, ignorer ses proximités avec des questionnements proches poursuivis aux Editions Des femmes... L'accord fut obtenu, rapide et sans réserves, offrant à L'Autre Histoire la charge - mais n'était-ce pas plutôt la chance, ou encore l'honneur - d'inaugurer en 1986 une collection intitulée "La psychanalyste" dirigée par Antoinette Fouque.
En 1989, Les Gardiens du silence continuent ce cheminement critique. Largement lu, puis devenu indisponible, ce livre a poursuivi son trajet en Hongrie, où l'éditeur de psychiatrie et de psychanalyse, Animula, l'a publié en 1999, sous le titre A csend örzöi, Les veilleurs du silence. (...)
Paraître chez les femmes, comme il se disait alors, conciliait voix intérieure et ex/position de questionnements-limites tout en confirmant l'intérêt de recherches concernant les confins du psychisme. (...)
Entre dedans et dehors, entre singulier et pluriel... des entre-nous se rencontrent là où des identités en mouvement invitent aux appels des terres d'incertitude.
Des parcours longent leurs lignes de crête et y tracent des chemins. Ecrits et publiés, devenus geste de passage, ils se partagent, à livre ouvert.
C.C.

Claire Chazal à Grignan et chez Des femmes-Antoinette Fouque !! 3.07.08

03c89b2cd685fe2a2b1322cee0ccfc86.jpg LU PAR CLAIRE CHAZAL EN AVANT-PREMIERE AU FESTIVAL DE LA CORRESPONDANCE DE GRIGNAN LE 3.07.08

Cher Diego, Quiela t’embrasse
Elena Poniatowska

Lu par Claire Chazal
BIBLIOTHEQUE DES VOIX, DES FEMMES-ANTOINETTE FOUQUE, 2008(Actes Sud, 1993)

ISBN : 3328140021097
Extraits - 1 CD - 18 €
Office 25/08/2008

Angelina Berloff est russe, Diego Rivera est mexicain ; tous deux sont peintres. Ils se rencontrent à Bruges puis s’installent à Paris, en 1909. Dix ans plus tard, Diego part au Mexique, laissant sa femme derrière lui.

Elena Poniatowska écrit la correspondance fictive entre deux personnages réels, correspondance qui s’écrit à une voix, tant Diego se fait laconique et distant au fil des envois ; c’est le cri d’abandon d’Angelina, affectueusement surnommée Quiela par le peintre au moment de leur amour, qui est ici porté par la voix de Claire Chazal. Tour à tour sont évoqués la naissance de leur enfant, le travail de création de la peintre, ses doutes d’artiste et ses souffrances de femme. On apprend le décès de l’enfant, l’infidélité de Diego et la jalousie d’Angelina face à cette union d’où est née une fille. De l’espoir à la résignation, reste vivant l’amour qu’Angelina porte à l’artiste, luttant pour subsister, autant que pour continuer à créer malgré la solitude et le silence.

e4446b4b3c37c4a5510c8d0617a0dc43.jpg Elena Poniatowska est née en 1932 à Paris d’une mère mexicaine et d’un père appartenant à l’aristocratie princière de Pologne. Journaliste, écrivain, elle est également engagée dans la vie politique mexicaine, en faveur des libertés et contre les dérives du capitalisme international.

Extraits :

« Tu as été mon amant, mon fils, mon inspirateur, mon Dieu, tu es ma patrie; je me sens mexicaine et ma langue est l'espagnol, même si je l'esquinte un peu en la parlant. Si tu ne reviens pas, si tu ne viens pas me rechercher, non seulement je te perds toi, mais je me perds moi-même, je perds tout ce que j'ai pu être. »

« De la façon la plus naturelle qui fût, sans jurements, sans dot, sans contrat sur nos biens, sans écrits, sans formalités, nous nous unîmes.

Aucun de nous deux ne croyait aux institutions bourgeoises. Nous affrontâmes la vie ensemble et dix années passèrent, les meilleures de ma vie. Si l'on m'offrait la possibilité de renaître, je choisirais de nouveau ces dix années-là, Diego, ces années pleines de douleur et de bonheur que je vécus avec toi. Je continue à être ton oiseau bleu, je continue à être tout simplement bleue, comme tu m'appelais parfois, je penche la tête, ma tête définitivement blessée, je la pose sur ton épaule et j'embrasse ton cou, Diego, Diego, Diego, que j'aime tant."

Charles Juliet, déjà deux livres audio pour la Bibliothèque des Voix (et auteur de "Penser avec Antoinette Fouque")

960.jpgCe sont des heures inoubliables que nous devons à ces livres qui s'emparent de nous avec une douce violence, qui nous tirent hors du temps, nous laissent à la fin éperdus de bonheur et de gratitude.
J'ai vécu de telles heures lorsque j'ai découvert Aubes et Crépuscules, l'autobiographie de Louise Nevelson, une femme fascinante.
Au long de ces pages, elle parle de son enfance, de la conviction qu'elle a eue très tôt d'être une artiste, de sa passion pour l'art, de son acharnement au travail, des longues et difficiles années qu'elle a traversées avant de savoir qu'enfin son temps était venu - le temps de s'accomplir, de concrétiser ce qu'elle portait en elle, d'engendrer l'oeuvre que nous connaissons.
Un livre qui est affirmation de vie et qui communique confiance, ferveur, énergie. Avec un retard considérable, j'adresse un chaleureux merci aux Editions Des femmes grâce auxquelles j'ai pu rencontrer une artiste qui m'est chère.
C.J.
ch%20juliet%203.jpg

lincessant_1.jpgCharles Juliet
L'Incessant
lu par l'auteur et par
Nicole Garcia
Suivi de Poèmes et autres textes lus par l'auteur
Texte intégral
1 CD -18 €

« L’Incessant met en présence un homme et une femme qui s’affrontent avec âpreté. Cet homme et cette femme sont en chacun de nous. A certains moments de crise, ils se déchirent, nous harcèlent. Mais la décision qui clôt le débat n’est jamais définitive. A tout instant elle peut être remise en cause. Alors l’affrontement recommence. Maintes et maintes fois. A moins qu’un jour l’homme cède et qu’une seconde naissance l’introduise à une nouvelle vie. » Charles Juliet.

L’exploration intérieure est au cœur de l’œuvre poétique et fictionnelle de Charles Juliet, commencée en 1959. C’est par le travail d’écriture que le poète va descendre en lui-même pour tenter de retrouver la trace de la mère disparue et la voie de l’origine. Et renaître ainsi à la vie.
Les textes qui composent cet enregistrement, pièce de théâtre, poèmes, et extraits de recueils, choisis par l’auteur, sont autant de jalons dans cette difficile conquête.

couple_cherche.jpgCharles Juliet
J'ai cherché...
lu par l'auteur et par
Valérie Dréville
Texte inédit - 1 CD -18 € « Quels mots trouver qui dénoueraient tes tensions te videraient de ton angoisse apaiseraient ce qui te ronge quels mots trouver qui te clarifieraient te révèleraient à toi-même transformeraient ton regard. »
C. J.

 

L’exploration intérieure est au cœur de l’œuvre poétique et fictionnelle de Charles Juliet, commencée en 1959. C’est par le travail d’écriture que le poète va descendre en lui-même pour tenter de retrouver la trace de la mère disparue et la voie de l’origine. Et renaître ainsi à la vie.

couv.jpg