Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

11/01/2008

Animaux de combat par Christine Clerc (Valeurs actuelles du 11/17.01.08)

LE CARNET DE CHRISTINE CLERC

ANIMAUX DE COMBAT

(...)

Ma génération doit beaucoup, paraît-il, à Simone de Beauvoir dont on célèbre le centenaire : elle fut une femme libre, vivant sans entraves ses liaisons avec Sartre, Lanzmann et Algren ; elle milita pour l'avortement et écrivit : "On ne naît pas femme, on le devient." Je trouvais cela très fort. Aujourd'hui, je crois au contraire avec Antoinette Fouque la fondatrice du MLF, qu'il est "impossible de se libérer en niant la différence des sexes" - et d'abord, la maternité. Pour l'avoir oubliée, nous avons pris beaucoup de retard dans le combat qui devrait être prioritaire : afin que des millions de mères seules aient les moyens matériels et intellectuels d'élever leurs enfants. Simone de Beauvoir s'en souciait-elle seulement ? Je relis "La force des choses" et n'y trouve qu'une bourgeoise intello préoccupée de sa propre personne, confessant dans les années 1940 : "Ce que je n'ai pas découvert, c'est la manière de traduire par des actes mon opposition au nazisme" et partant, en 1945 - année de rationnement en France - , effectuer une tournée de conférences en Espagne et au Portugal. Là-bas, elle trouve des magasins "au luxe d'un autre âge" et s'achète tenues de cocktail et manteaux de fourrure. Dans la rue, cependant, elle voit des enfants nus et "scrofuleux". "La bourgeoisie portugaise, note t-elle, supportait très sereinement la misère des autres." Elle aussi. Sa règle d'or : "Je ne m'appliquais pas au dégoût, ni à la compassion." En sept cents pages, pas une once de générosité ! Beauvoir aura incarné, en somme, la "gauche ragondin".

(...)

Louise Blanquart par Catherine Simon (Le Monde et www.lemonde.fr du 11.10.08)

LOUISE BLANQUART

Elevée dans la tradition chrétienne, elle s'engage dans les années 1940 au PCF et restera fidèle toute sa vie à la cause ouvrière, au combat féministe et à la poésie.

(...)

PASSIONNEE DE PHILOSOPHIE

La découverte du mouvement féministe, l'apprentissage de la "conscience sociale du sexe" l'amènent non seulement à militer (au sein du groupe Ruptures notamment), mais aussi à s'ouvrir à des courants de pensée longtemps stigmatisés par les cadres du PCF. En 1974, elle publie "Femmes, l'âge politique" (Editions sociales) et se passionne pour les débats qui soulèvent et déchirent le mouvement des femmes. Les théories d'Antoinette Fouque l'intéressent ; elle se lie d'amitié avec l'écrivain Nancy Huston.

Autodidacte (elle a quitté l'école à la fin du primaire), passionnée de philosophie, elle dévore Marx et Althusser, mais aussi Spinoza, plus tard Deleuze et Guattari aussi bien que Foucault, Derrida, Balibar... Son minuscule appartement de Montmartre, à Paris, en témoignera longtemps, tapissé de livres. Quelques semaines avant sa mort, elle avait entamé la lecture de la biographie de Hannah Arendt par Laure Adler.

Humaniste rigoureuse, fidèle à la "classe ouvrière, même si on ne dit plus comme ça", Louise Blanquart s'était rapprochée, dans les années 1990, du mouvement écologiste. Elle avait adhéré au Parti des Verts. Lectrice du Monde, elle regardait beaucoup la télévision, mais retournait sans cesse à ses livres de poésie.

Catherine Simon

100 ans de féminisme dans lefigaro.fr (11.01.08)

www.lefigaro.fr (11.01.08)

100 ANS DE FEMINISME par Laure Daussy

A l'occasion des 100 ans de la naissance de Simone de Beauvoir, retrouvez en photo les principaux événements du féminisme et de l'histoire des femmes en France

07.03.06. Anniversaire du manifeste des 343. Des féministes se réunissent pour les 20 ans du manifeste paru dans le Nouvel Observateur, signé par 343 femmes affirmant avoir pratiqué un avortement. Parmi elles, Antoinette Fouque, une des fondatrices du MLF, au premier plan. Simone de Beauvoir était parmi les signataires. AFP

Simone de Beauvoir, une oeuvre-vie par Josyane Savigneau (Le Monde des Livres du 11.01.08)

SIMONE DE BEAUVOIR, UNE OEUVRE-VIE

Si l'on aime Simone de Beauvoir, on admire son honnêteté, sa lucidité, son souci de vérité, sa volonté de liberté. Voici un livre sur elle, "Castor de guerre", de Danièle Sallenave, qui possède ces qualités. Et le désir de montrer plutôt que de juger.

La haine de Simone de Beauvoir a été constante chez les féministes dites "différentialistes", qui prêtent aux femmes des qualités particulières et une supériorité sur les hommes, la maternité. Au lendemain de sa mort, en avril 1986, Antoinette Fouque, la fondatrice du Mouvement Psychanalyse et Politique, dénonçait, dans Libération, ses idées "égalisatrices, assimilatrices, normalisatrices", son "universalisme intolérant".

A cette opposition, fondée sur le rejet des thèses du "Deuxième Sexe" (1949), se sont ajoutés, depuis, des écrits de supposées féministes - tardives - expliquant à longueur de pages à quel point elles avaient "dépassé" Beauvoir, qu'elles semblaient ne pas avoir lue.

(...)

Elle aurait eu 100 ans le 9 janvier. Depuis sa mort, le 14 avril 1986, plusieurs publications posthumes sont venues éclairer le parcours et l'oeuvre de Simone de Beauvoir. Son centenaire suscite de passionnants livres, notamment les essais de Danièle Sallenave et de Jean-Luc Moreau. C'est aussi l'occasion pour Liliane Kandel de se souvenir des rencontres des féministes des années 1970 avec l'auteur du "Deuxième Sexe", et pour Juliette Rennes d'évoquer sa "présence-absence" dans les études universitaires.

(...)

Josyane Savigneau