21/12/2007
S.O.S. Cadeaux de Noël audio !! Geneviève Brisac, Catherine David et Benoite Groult !!
Dernière ligne droite avant le passage du Père Noël (qui est peut-être - nous aurait-on menti ? - une Mère Noël...), et des idées du tonnerre pour faire plaisir à celles (surtout !!!) et à ceux (accessoirement...) qui vous sont chères (rs ! V'lan ! Je me prépare à me déchaîner avec les 40 ans du MLF en 2008 !!!!)...
Comme vous le savez (et vous n'avez aucune excuse d'ignorance depuis que je suis attachée de presse de cette maison !!), Antoinette Fouque a été la pionnière des livres audio en France - et quasiment dans le monde - croyant très fort à la transmission orale des textes, elle les a inventés en 1980, créant la Bibliothèque des voix, collection phare des éditions Des femmes...
Elle a aimé enregistrer ses amies comme ses admirées, les deux catégories se confondant toujours (ça tombe bien !)... Et très nombreuses lui ont fait la joie de rejoindre par leurs oeuvres sonores notre prestigieux catalogue, contenant entre autres pépites des mots prononcés par Françoise Sagan, Marguerite Duras ou Jacques Derrida pour les aujourd'hui disparus...
Pour Noël 2007, ce sont trois nouveautés de VIVANTES (que l'on peut même croiser lors des soirées données à l'Espace Des femmes... et comme elles ne mordent pas, aussi saluer et féliciter...) que les éditions Des femmes vous proposent : Geneviève Brisac, Catherine David et Benoite Groult.
Antoinette Fouque a "craqué" pour ces trois livres au point de désirer les mettre au monde une seconde fois, les réincarner en quelque sorte, leur offrir une existence parallèle encore plus charnelle que celle du texte... Une trajectoire complémentaire les sublimant par l'émotion de l'incarnation parlée... Le miracle du son qui rend plus excitant encore le choc de la beauté, et sûrement plus intime...
Pour vous bercer tout au long des soirées glaglagla (Brrrr !!!) de cet hiver, installez-vous confortablement au coin du feu, dans votre canapé, et lancez la littérature dans votre lecteur CD... Brutalement, la magie survient, vous foudroie, vous envoûte, vous emporte...
Les trois cadeaux originaux, où la faute de goût n'est pas possible, pour lesquels vous pouvez opter ce Noël ayant eu énormément de presse, chacun à leur époque, leur célébrité est avérée, leur franc succès prouvé... Risque d'erreur de tir évité !! Grandes dames pointées !! Livres déjà classiques à écouter !! Petits formats hors piste !! Foncez !!
1) "52 ou la seconde vie" de Geneviève Brisac - Lu par l'auteure et Alice Butaud
Les présentes (ts) lors de l'après-midi "Lire en fête" Spécial Aung San Suu Kyi à l'espace Des femmes se souviendront du passage de la douce Geneviève Brisac, qui nous avait lu avec tant de chaleur quelques pages de ce livre tellement de circonstance sur le lien entre l'intime et le politique. Le site Evene l'introduit joliment, comme un espoir cathartique (en période de bonnes résolutions, n'hésitez pas, entendez...!) :
Une rencontre avec un général tortionnaire dans une teinturerie, l'imminence d'un accouchement, Marguerite Duras au téléphone, des arbres séculaires qu'on arrache, un conte de Noël qui tourne mal... Pendant un an, en cinquante-deux histoires, parfois longues et parfois courtes, et à raison d'une nouvelle par semaine, Geneviève Brisac a tenté de mettre en mots ce que Virginia Woolf appelait la 'seconde vie', la vraie, celle qui se déroule derrière la vie officielle. Nouk, Carlotta Donizetti, son neveu Nils, Berg et Mélissa Scholtès règnent en maître sur ces histoires qui explorent ce qui 'grouille' en dessous de nos pensées : nos peurs secrètes, nos désirs inconscients, nos paranoïas, nos violences refoulées, bref tout ce qui se joue derrière les mots que nous prononçons et qui, de façon souterraine, commande les rapports entre les êtres. (...)
Les personnages sont peu attachants, tant ils nous renvoient notre propre reflet, notre mauvais reflet. Et pourtant, pas de leçon ni de morale ; il n’y a pas vraiment de fin dans ces nouvelles, pas de suite non plus, ce qui augmente le trouble mais nous laisse en même temps maître d’inventer la suite, telle une catharsis personnelle. Un livre étrange en somme, qui remue bien des sentiments et nous laisse un peu perdus. Alors seconde vie oui, mais en tant que seconde chance.
2) "Simone Signoret ou la mémoire partagée" de Catherine David - lu par l'auteure
Avec la même générosité que Geneviève Brisac (parce qu'Antoinette choisit des amies qui lui ressemblent...), Catherine David nous a comblées de son charisme et de son virtuose talent de pianiste lors de la précédente soirée "Lire en fête" à l'Espace Des femmes... Elle avait lu les plus belles lignes de son "Crescendo", qu'Antoinette Fouque affectionne tant... C'est l'un de ses livres beaucoup plus anciens que nous avons la fierté de rééditer, devenu référence en son domaine : sa biographie délibérément subjective - ce qui est la marque d'un écrivain véritable - de Simone Signoret. Le dossier presse est massif, souhaitons pour 2008 que la version CD, exclusive, soit autant appréciée que l'est la déclinaison papier et le mathusalémien duo de cassettes (1990)...
Vous laissant libre de consulter des bribes des articles d'alors sur mon blog, je recopie ici les sentences de deux amis que je connais en chair et en os :
"Sans méchanceté mais sans complaisance non plus, Catherine David arrache à l'impériale Simone le mot de la fin qu'elle voulait se garder." Irène Frain , "Paris-Match"
"Catherine David, journaliste, romancière, a relevé le défi. Avec un applomb tranquille. Tant mieux." André Rollin , "Le Canard Enchaîné"
3) "La touche étoile" de Benoite Groult - lu par l'auteure
La plus sportive pour la fin ! Mais Ouiiiiiiii ! La première fois que j'ai croisée Benoite à l'Espace Des femmes, elle s'était déplacée à bicyclette !!! Celle qui nous fait oublier son année de naissance par sa lumière et son éternelle jeunesse est le troisième baume de cet émile Audio. Très ancienne amie d'Antoinette, Benoite est connue pour ses engagements féministes autant que pour son dynamisme et son humour. Sa Touche étoile a fait un tabac à sa parution papier, malgré les pauvres arbres assassinés , puisse t-il faire encore plus fort en gentil CD métallique !! (Oups ! J'ai trouvé un nouvel argument de pub pour nos livres audios : l'écologie !!)
Comme Thérèse Clerc, Benoite Groult explore le délicat sujet de la vieillesse tout en demeurant dans sa veine d'amoureuse.
Oeuf corse (serez-vous assez intelligent (e) pour percuter...? c'est la blague d'une amie...), et plus que jamais parce que c'est Noël, la naissance du petit Jésus tel qu'on nous l'enseigne et avec encore davantage de certitude, à la même heure, la mienne , je vous adresse sur simple retour d'émile me livrant un indice précis de destination, l'un, l'autre ou les trois de ces chefs d'oeuvres. (et à celles et ceux qui les attendent impatiemment, je demande pardon, comme aux auteures, pour le délai, les installations (différents déménagements etc )- By the way, Recherche volontaire pour aider à porter cartons demain matin (vendredi 21 décembre), rémunéré 10 euros de l'heure - et la mise en route dans nos nouveaux bureaux du 35 rue Jacob étant un peu plus longues que prévues... Mais en 2008, tout tournera plus rond, Sursum corda !)
Joyeux Noël !
15:04 Publié dans Benoite Groult, Bibliothèque des voix, Catherine David, Geneviève Brisac | Lien permanent | Commentaires (0)
18/12/2007
"Cher Voltaire" dans Paris-Match - Par Gilles Martin-Chauffier (13 au 19.12.07)
Culture match livres
Paris-Match du 13 au 19 décembre 2007
LA CHRONIQUE DE GILLES MARTIN-CHAUFFIER
Le magazine "Time" annonce la mort de la culture française. Vieux refrain : c'était déjà le leitmotiv des lettres de madame du Deffand à Voltaire. Qu'importe ! Chez nous, on peut bien dire que tout va mal pourvu qu'on le dise bien.
"Time", le bréviaire hebdomadaire de l'Amérique à vocation universelle, s'inquiète de l'état de la culture française. A lire le magazine, elle agonise. Le seul film français dont ses journalistes ont entendu parler ces derniers temps est "Ratatouille", un dessin animé produit par le studio hollywoodien Pixar. Notre littérature, nos films, nos peintres les déçoivent. Paris n'est plus le centre du monde. A force d'être gavés de subventions, nos artistes n'ont plus à se soucier de qualité. Tout cela n'est pas faux, et le spectacle des cash-flows aphrodisiaques de Disney et de Time Warner rappelle que leur cinéma et leurs chansons ont bien plus de succès que les nôtres. Mais quelle importance ?
L'aigle américain jugeant le coq français, cv'est un peu le moineau sceptique sur le charme du papillon. Contrairement à ce que semble croire "Time", on n'aime pas tant la France pour ses artistes que pour la manière, respectueuse et désinvolte, avec laquelle nous les traitons. Dans le monde entier, l'année commence en janvier sauf chez nous, où la rentrée a lieu en septembre, car c'est l'automne qui lance l'actualité culturelle. La France ne prétend plus régner par sa littérature ou sa musique, mais par une certaine douceur de vivre. Si, demain, nous sommes le dernier herbivore au milieu des fauves, tant mieux.
De toute manière, pas de panique, on se donnera toujours l'importance que le reste du monde nous refusera. La puissance militaire et l'éclat culturel d'Athènes ont duré un siècle et ceux de Rome mille ans, mais c'est toujours la Grèce qu'on cite en premier. La France charme moins par ses livres et ses toiles que pour le N°5 de Chanel, les berges de la Seine, ses terrasses de café, son foie gras et les illuminations de Noël de l'avenue Montaigne. Ici, le premier des arts, c'est l'art de vivre. Et si, chez nous, plein de gens veulent en faire le moins possible et être assistés, cela prouve que le bon sens reste vivace dans nos parages. Si on avait attendu qu'une des fourmilières américaine, allemande ou chinoise ait inventé les matelas, on dormirait encore par terre. Que les plumes de "Time" ne se tourmentent pas pour nous. Sur le fond, nous sommes entièrement d'accord avec elles. Il y a des siècles qu'à chaque génération nos auteurs annoncent la mort de l'esprit français. Si certains en doutent, ils n'ont qu'à lire la correspondance de madame du Deffand avec Voltaire. Un petit chef d'oeuvre de perversité intellectuelle à notre façon.
Elle tient un salon dans le couvent Saint-Joseph où elle occupe les anciens appartements de madame de Montespan. Il règne à Ferney sur un vaste domaine et une immense fortune. Il se dit mort et enterré au fond des Alpes et elle prétend écrire du fond de son tombeau, mais leur faiblesse est herculéenne et ils reçoivent sans cesse toute l'Europe à leur chevet. Ensuite, ils s'écrivent pour parler de tout sans pontifier sur rien et chacun sourit jusqu'aux cheveux quand il reçoit une lettre de l'autre. C'est que la France de leur temps passe un encore plus sale quart d'heure entre leurs lignes que la nôtre dans "Time". A les lire, il n'y a plus de grâce dans les livres, le goût est perdu, l'esprit sentencieux prospère, l'opéra est indigne, la facilité a disparu, tout est à la glace, même la licence n'a plus de gaieté. Si la nation a déjà été plus malheureuse, elle n'a jamais été aussi plate. Lui n'aime plus que l'Ancien-Testament, Virgile et Pascal. Elle regrette Cicéron. Les contemporains les impatientent, Rousseau les sort de leurs gonds mais le fait est là : ils ont du goût, de l'imagination, de l'esprit et de la culture. Ces deux vieillards acariâtres sont un élixir de charme assassin, même si le fleuve de leur méchanceté déroule sans fin ses méandres. C'est aussi ça la France : avoir du génie dans les moments insignifiants et mettre de la futilité dans les grands débats. On lit "Time" et on se dit que le trône de la France est devenu minuscule. On relit Voltaire et on redécouvre que petit trône ne signifie pas petit roi. Si l'Amérique nous trouve intellectuellement indignes d'être le Q.g. du monde, tant pis. Paris se contentera d'en être le salon. Comme toujours.
"Cher Voltaire. La correspondance de Madame du Deffand avec Voltaire", éd. des Femmes-Antoinette Fouque, 574 pages, 22 euros
17:04 Publié dans Madame du Deffand | Lien permanent | Commentaires (0)
EXPOSITION COLETTE DEBLE A L'ESPACE DES FEMMES !! EN CE MOMENT !!
La Quinzaine littéraire, 16 au 31 décembre 2007
Art Press, Esprit, Trafic
Tels sont les titres des principales revues où le philosophe Jean-Joseph Goux a donné des articles aujourd'hui repris en volume. Il s'intitule "Accrochages" (éd. des femmes, 170 P., 15 E). Sont-ce là des tableaux que l'on accroche ou des tableaux qui nous accrochent ? Un sous-titre, "Conflits du visuel", vient nous renseigner sur quelle sorte d'accrochage il s'agit : le second. L'auteur s'y emploie à décrocher quelques vieilles lunes quand il montre que Hitler n'était pas tout à fait ignare d'associer le cubisme à de l'"art bolchévique" (car avant 1926 le réalisme soviétique n'avait pas encore écrasé les avant-gardes).
Le précédent livre de J.-J. Goux était consacré à Colette Deblé dont une exposition libre d'accès se tient jusqu'au 16 février à l'espace des femmes (33-35 rue Jacob 75006 Paris, tél : 01.42.22.60.74). Elle propose des aquarelles de femmes de lettres, d'Olympe de Gouge à Gertrude Stein, reprises dans un luxueux agenda 2008 en vente sur le même lieu.
17:02 Publié dans Colette Deblé, Jean-Joseph Goux | Lien permanent | Commentaires (0)