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26/05/2007

PROGRAMME PHILOSOPHIE 2007

Suite à mon courriel de détente d'hier, qui révélait les talents d'auteurs et plaçait sous les feux des projecteurs les personnalités si riches de deux inspiratrices de grands écrivains auxquelles la postérité fait très insuffisamment d'honneurs (Juliette Drouet et Lou Salomé), c'est de philosophie que traitera mon mailing du jour.

De philosophie, parmi la meilleure, la plus profonde, qui puisse nous être contemporaine : l'image et la parole, le visuel et le langage. C'est-à-dire qu'à eux deux ces ouvrages nourrissent l'ambition de nous enseigner le monde, de nous apprendre totalement la vie - des origines de l'humanité à ses mutations actuelles.

Ruez-vous sur "Accrochages", un livre d'exception signant le retour attendu de l'éminent philosophe Jean-Joseph Goux. Ce recueil d'articles (1989 - 2005) réussit le tour de force de dresser un panorama du visuel appréhendé dans son acception la plus globale (peinture, cinéma, photographie etc). En ce moment professeur à l'Université de Rice (USA), l'auteur de "Economie et symbolisme" (1973), "Les iconoclastes" (1978) et "Oedipe philosophe" (1990) nous offre ici un miracle de transversalité, embrassant tous les domaines intellectuels (histoire, politique...) dans tous les champs artistiques (le souci esthétique prime toujours) - et réciproquement. L'interrogation sur la représentation, les développements sur l'essence de l'image (illustrés par un cahier photos central) font de ce livre l'un des plus importants des éditions Des femmes en 2007. Clair et pédagogue, il est accessible à tous. Un choc, un éblouissement.

« Suivant différents angles d’attaque, mais reliés par le même fil conducteur théorique, les essais réunis ici ont pour but d’élucider les conflits du visuel qui ont traversé le siècle qui vient de s’écouler et se prolongent dans celui qui commence. La question de l’image dans sa dimension esthétique, mais aussi politique, philosophique, théologique, n’a cessé depuis longtemps de condenser une multitude d’enjeux souvent brûlants et conflictuels. Mais le siècle précédent a été, de ce point de vue, explosif. Secoué par l’art moderne avec ses défigurations cubistes et ses échappées non-figuratives, décontenancé par la psychanalyse avec ses forages dans la profondeur des images oniriques, bouleversé par la nouveauté des moyens mécaniques de saisie de l’apparence des choses et des êtres (photographie, cinéma), le siècle passé a connu la refonte complète de la visualité gréco-romaine et renaissante. En quelques décennies le régime visuel a basculé dans une nouvelle ère. » Jean-Joseph Goux

Aussi passionnant, mais peut-être plus spécialisé, "Le silence du nom et autres essais - Interprétation et pensée juive" d'Esther Cohen, disponible depuis un mois en librairie, est traduit de l'espagnol par Anne Picard pour les éditions Des femmes. Catherine Chalier, un autre des auteurs favoris de la maison, le préface. L'audacieuse originalité faisant la force de cet ensemble d'essais est de mettre en situation de dialogue philosophie et Kabbale. De construire des systèmes de pensée se définissant par rapport au Livre mais également susceptibles de s'en émanciper. Généreux en références à Levinas, Benjamin et Derrida, ce livre regroupe notamment trois études de "La Parole sans fin" : "Le territoire de la parole écrite", "Le labyrinthe" et "La sexualité dans la Kabbale". La thèse maîtresse soutenue et démontrée dans cet opus est l'analyse de l'expérience de la lecture à partir du corps, observée à l'éclairage de la sexualité.

« L’essence du langage, écrit Levinas, est amitié et hospitalité. Et dans cette “maison” où habite l’homme, le nom propre est l’espace où la générosité du langage manifeste sa plus grande capacité d’accueil. C’est parce que nous sommes les hôtes du nom, humbles invités dans la maison du temps, que par la noblesse de la parole nous pouvons vivre notre vie. Le nom propre est notre première demeure dans le monde des hommes, le refuge vers lequel nous pousse le ventre maternel. En lui, et sans même en avoir conscience, nous survivons à l’arrachement originaire : en lui nous habitons le monde. » Esther Cohen, philologue et docteur en philosophie

Pour finir, je vous souhaite le dimanche... dont vous rêvez !

25/05/2007

Deux blogs sur Pomme Jouffroy

A signaler deux blogs consacrés à deux livres antérieurs à "Res Nullius" de Pomme Jouffroy, par un de ses admirateurs, Michel Renard !

http://ruederome.canalblog.com/

http://lesimmortelles.canalblog.com/

Je vous rappelle sa dédicace, jeudi 7 juin, à partir de 18 heures à la Librairie Le Divan, 203, rue de la Convention, Paris 15ème

Bonne nuit !

G.

PROGRAMME ECRIVAINS FEMMES 2007

Dans ce mois de mai tout en gruyère, petite souris, je me faufile dans le labyrinthe de la Toile, pour venir agrémenter (ou encombrer ! ) vos boites à lettres avec mes infos sur les parutions des éditions Des femmes.

Le thème de cet émile sera, comme annoncé dans son objet, les écrivains femmes - ce qui n'est pas surprenant pour ceux qui s'intéressent à l'identité de ma maison. En l'occurence, j'ai choisi ce soir de mettre deux livres à l'honneur, deux livres mettant en lumière l'extraordinaire force créatrice de celles qui sont peut-être les deux plus célèbres muses d'immenses écrivains.

J'ai d'abord le plaisir de vous recommander très chaudement le livre de Juliette Drouet : il s'agit d'un assemblage de textes de souvenirs inédits collectés par son plus grand spécialiste objectif, Gérard Pouchain. Hugolien mondialement connu et reçu pour des conférences, il a notamment été le commissaire scientifique de l'exposition consacrée à Juliette Drouet, à la Maison de Victor Hugo, qui vient de prendre fin. Son ouvrage est une somme biblique (et hétérogène : textes personnels, témoignages historiques, portraits intimes du poète etc) pour appréhender le grand amour de 50 ans (" 50 ans d'amour, c'est le plus beau des mariages " disait Victor qui n'a jamais manqué d'honorer son amante chaque nuit du 16 au 17 février durant un demi-siècle) de l'auteur des "Misérables" durant la période 1843 - 1854. D'autres tomes de cette épistolière de talent sont prévus.

Délice, ensuite, de vous entraîner à nouveau suite à mon courrier de la semaine dernière sur "La cape magique", et cette fois grâce au philosophe François Guéry, plus en profondeur dans la découverte de l'inspiratrice de Nietzsche, Rilke et Freud, Lou Salomé. Accoucheuse de génie (et de génies), l'icône de la liberté a voué son entière existence à la fécondation des géants du XIXème. La puissance de "Lou Salomé, génie de la vie" réside dans le style enlevé, vivifiant de son brillant auteur comme dans la justesse des problématiques qu'il s'impose. Hyper documenté, écrit par un Normalien averti et familier de ses collègues "aimant la sagesse", cet essai mérite toute votre attention, c'est un document d'histoire et de philosophie de fond que les éditions Des femmes ont là l'honneur de rééditer en 2007.

Je vous remercie d'être arrivé (e) au terme de mon émile (n'eusse-je pas la plume de celles que je vous raconte !) pour sortir de l'ombre des Grands Juliette Drouet et Lou Salomé. Vous trouverez les argumentaires en pièces jointes.

Je vous envoie l'un, l'autre ou les deux livres sur simple retour de courriel à presse.desfemmes@orange.fr

A très vite !! ...

22/05/2007

Georges Kiejman chez Frédéric Taddéi le 21 mai

Du plaisir de tuer...

Invités : Michel Dubec, Georges Kiejman, Jean Hatzfeld, Sylvie Granotier

Michel Dubec, psychiatre
Psychiatre, expert auprès de la Cour de Cassation, Michel Dubec a expertisé la plupart des tueurs en série français, tels Guy George, Patrice Alègre, mais aussi des criminels de guerre comme Paul Touvier, ou des terroristes. Il a également expertisé Christine Villemin dans le cadre de l’affaire Grégory, ainsi que Maxime Brunerie, le jeune homme qui avait tenté de tuer le Président Jacques Chirac.
Né en 1948, petit-fils de déportés, il devient en 1974 pédopsychiatre au CMPP de Saint Denis. En 1976, il est interne à la prison de Fleury-Mérogis. En 1978, il soutient sa thèse de doctorat en médecine et établit sa première expertise psychiatrique.
En 1994, il est expert psychiatre au procès de Paul Touvier.
Il est l’auteur, entre autres, de « Les maîtres trompeurs » publié en 1996 au Seuil, « Crimes et sentiments » co-écrit avec Claude Cherki Nicklès et publié au Seuil en 1992. Son dernier ouvrage, « Le plaisir de tuer » co-écrit avec Chantal de Rudder est sorti en 2007 aux éditions du Seuil.

Georges Kiejman, avocat
Fils d’un déporté mort à Auschwitz, célèbre avocat, ancien ministre délégué à la Justice de François Mitterrand, Maître Georges Kiejman s’est illustré dans les grandes affaires pénales (les procès Malik Oussetine, George Ibrahim Abdallah, Pierre Goldman, Bertrand Cantat…). Il est également spécialiste de la propriété littéraire et artistique.

Jean Hatzfeld , essayiste
Né en 1949 à Madagascar, où ses parents se sont réfugiés pour échapper à la déportation, Jean Hatzfeld retourne en France où il intègre, quelques années plus tard, le journal Libération et continue d’écrire pour Géo, Actuel, Autrement…Correspondant spécial et reporter de guerre, il sillonne les pays de l’Est et couvre, entre autres, la chute du mur de Berlin. De 1970 à 1990, il voyage dans les pays en guerre. En 1994, il est au Rwanda et décide d’arrêter le journalisme pour concentrer ses recherches sur le génocide.
En 2000, il publie le récit de souvenirs des survivants Tutsi dans « Le Nu de la vie », pour lequel il reçoit le Prix France Culture et le Prix Pierre Mille. Il recevra le Prix Fémina ainsi que le Prix Joseph Kessel pour « Une saison de machettes » sorti en 2004.
Son dernier roman, « La ligne de flottaison », est sorti en 2005 aux éditions du Seuil.

Sylvie Granotier, écrivain
Née en Algérie, Sylvie Granotier est auteur de romans noirs. Ses polars sont un brillant témoignage de l’irruption des femmes dans le roman noir français. Elle est l’auteur, entre autres, de « Double Jeu », « le Passé n’oublie jamais », « Comme un coq en plâtre »…Son dernier roman, « Belle à tuer » est sorti en 2006 chez Albin Michel.