01/04/2007
"Simplement compliqué" de Thomas Bernhard, lu par Jacques Franz
Simplement compliqué (1986)
Thomas Bernhard
Office 20/04/2007
Seul dans sa chambre en désordre, un vieillard monologue en clouant une plinthe. Ancien acteur shakespearien, nostalgique d’un grand théâtre perdu, le personnage s’autorise une fois par mois à porter la couronne de Richard III, le rôle de sa vie. Souvenirs de théâtre, préoccupations matérielles et considérations misanthropes rythment le discours de celui qui s’est définitivement séparé de ses contemporains : seule lui rend visite une petite fille, Catherine, qui vient lui apporter du lait tous les mardis et vendredis, et dont la présence perturbe à peine le flot de paroles du vieil homme.
On assiste alors à un divorce effrayant entre les mots et la vie : les paroles éloignent la vie, prennent sa place. La simplicité du quotidien devient le prétexte d’un discours des plus compliqués. Le personnage, à la fois triste et grotesque, se perd dans une représentation de lui-même : à la fin de la pièce, on le voit appuyer sur la touche d’un magnétophone, et écouter les paroles qu’il vient de prononcer. Thomas Bernhard représente un théâtre fasciné par lui-même au point d’être entièrement coupé du monde : cet acteur qui ne joue plus est désormais le spectateur d’une vie qui s’est arrêtée.
Thomas Bernhard (1931-1989) passe son enfance à Salzbourg auprès de son grand-père maternel. Après des expériences dans le journalisme et la critique, il écrit son premier roman, Gel en 1962, mais se concentre de plus en plus sur des œuvres théâtrales. La vie de Thomas Bernhard est marquée par la succession de scandales que ses livres provoquent : très sévère à l’égard de l’Autriche, son œuvre critique très fortement la culture autrichienne et les Autrichiens.
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"Mélodrames romantiques", interprétés par Daniel Mesguich & Cyril Huvé (Liszt, Schumann, Schubert)
Mélodrames romantiques

Lu par Daniel Mesguich
Sur une musique du pianiste Cyril Huvé
Office du 18/05/2006
Frantz Liszt : Le moine triste, Helge, Le roi fidèle, Léonore, L’amour du poète défunt.
Robert Schumann : La belle Hedwige, L’enfant de la lande, Les fugitifs
Frantz Schubert : Adieu à la terre
Daniel Mesguich et Cyril Huvé se sont rencontrés en 1986 dans les studios de France-Musique.
A l’occasion de fréquents concerts en France et à l’étranger, ils ont exploré ensemble le répertoire du mélodrame, la « déclamation avec accompagnement de piano » dans les œuvres de Schumann, Schubert, Liszt, Richard Strauss.
Célèbre acteur de théâtre et de cinéma, Daniel Mesguich a été l’élève d’Antoine Vitez au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris, où il enseigne depuis 1983, Metteur en scène de Théâtre et d’Opéra, il a dirigé le Théâtre Gérard Philippe, puis le Théâtre National de Lille Nord-Pas de Calais.
Disciple de Claudio Arrau, Cyril Huvé joue un rôle de pionner dans l’interprétation sur instruments historiques, une spécialité dont il transpose les enseignements en jouant du piano moderne. Ces dix dernières années, professeur-assistant au CNSM de Paris, Cyril Huvé a joué dans de nombreux festivals et en soliste avec orchestre. Son enregistrement des Paraphrases de Liszt sur les opéras de Verdi s’est vu décerner le « choc » du Monde de la Musique.
Vient de paraître chez Cyprès son enregistrement de l’intégrale des Sonates pour pianoforte et violon de Beethoven avec la violoniste Jorja Fleezanis.
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"La vie parfaite", lu par Catherine Millot elle-même
Catherine Millot
La vie parfaite
lu par l'auteure
1 CD - 18 €
« Ce sont de belles âmes, si l’âme veut dire le courage à supporter l’intolérable de son monde. C’est à leur manière d’y faire tête que les amis se reconnaissent, disait Lacan. Ainsi les ai-je toutes trois choisies : ce sont des amies. Avec chacune je me suis embarquée comme pour une traversée, me laissant transporter sans savoir vers quel port ou quel naufrage. J’ai connu avec elles de grands bonheurs, mais aussi d’amères déceptions et des chagrins sans consolation. (...) Guyon, Weil, Hillesum nous serviront-elles de guide vers le pays respirable, le pays du réel dont elles eurent la passion ? »
Catherine Millot
Trois portraits, trois femmes exceptionnelles : trois vies marquées par l’expérience mystique. Jeanne Guyon, directrice spirituelle de Fénelon, enfermée à la Bastille sur ordre de Louis XIV pour avoir voulu enseigner la mystique aux plus humbles. Simone Weil, morte à Londres en 1943 de désespoir de ne pouvoir retourner se battre en France. Etty Hillesum, déportée à Auschwitz où elle mourut en 1943.
Chacune emprunte le long chemin du délaissement de soi, du dénuement, du renoncement à toute forme de satisfaction, pour parvenir à une parfaite «indifférence» : non pas un désintérêt, mais une disposition à ne pas faire de différence, à ne pas avoir de préférence pour un événement, un lieu, une personne… apprendre à tout accueillir avec la même générosité désintéressée, au-delà du bien et du mal. L’évanouissement du moi permet l’avènement d’un espace infini, consacré à tout ce qui vient de l’extérieur. Dès lors, la soumission au réel (à la volonté divine), sans aucune résistance, permet paradoxalement de conquérir la plus grande liberté. C’est l’avènement de la « vie parfaite ».
Catherine Millot, écrivain et psychanalyste, est l’auteure de plusieurs essais tels que Freud antipédagogue (1979), La vocation de l’écrivain (1991), Gide Genet Mishima (1996), Abîmes ordinaires (2001).
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"La dernière femme", lu par Jean-Paul Enthoven lui-même
Neuf femmes (neuf muses ?) font l’objet d’un portrait dans la galerie privée, intime, de Jean-Paul Enthoven. Huit femmes célèbres qu’il a bien, peu ou pas du tout connues, mais qui n’ont cessé de l’accompagner pendant sa vie. Et une rencontre amoureuse, relation intime qui vient clore une série de mythes au féminin.
Pour le livre audio, trois portraits ont été retenus : celui de Louise de Vilmorin, auteure à succès, séductrice insatiable, femme au charme fascinant dont l’auteur tente de percer le secret. Celui de Françoise Sagan, dont il décrit surtout les dernières années de la vie : des années difficiles, où l’auteure qui avait tant plu au tout-Paris se retrouve presque seule. Tout le monde semble attendre la mort de l’écrivain pour que ressuscite le « mythe Sagan ». Celui de la « dernière femme » enfin : rencontrée lors de l’enterrement d’un ami commun, Flaminia ne semble d’abord promettre qu’une aventure sans lendemain. Et pourtant, le contexte de la rencontre fait planer sur elle une question : et si Flaminia était la « dernière femme » ? Est-ce cette question qui rend l’auteur plus attentif à la blancheur des mains de Flaminia ?
Jean-Paul Enthoven, éditeur et critique littéraire, est l’auteur d’un essai littéraire, Les Enfants de Saturne (1996), et d’un roman, Aurore (2001).
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"Trois femmes" de Sylvia Plath (trop beau pour en parler !)
Trois femmes" de Sylvia Plath (argumentaire en pièce jointe) (SUICIDEE A L'AGE DE 31 ANS)
Perso, "Trois femmes" est l'un des plus beaux livres que j'ai lus dans toute ma vie ! Un concentré de beauté ! Faites-moi confiance !!!!
Sylvia Plath, née le 27 octobre 1932 et morte le 11 février 1963, est une écrivaine américaine ayant produit essentiellement des poèmes. Depuis son suicide, Sylvia Plath est devenue une figure emblématique dans les pays anglo-saxons, les féministes voyant dans son œuvre l'archétype du génie féminin écrasé par une société dominée par les hommes, et les autres voyant en elle une icône dont la poésie, en grande partie publiée après sa mort, fascine comme la bouleversante chronique d'un suicide annoncé. Dans cette rentrée littéraire, Claire Fercak lui rend hommage avec "Rideau de verre".
(Source Wikipédia)
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29/03/2007
"Femmes, race et classe" de Angela Davis
"Femmes, race et classe"
Angela Davis
Traduit de l'américain par Dominique Taffin.
Office 29/03/2007
En hommage aux femmes noires qui « ont légué à leurs filles, nées libres, un héritage de travail, d'autonomie, de ténacité et de résistance... », Angela Davis, historienne et militante, entreprend dans Femmes, race et classe une analyse critique et comparative du féminisme du siècle dernier et du féminisme contemporain en regard des luttes d'émancipation et de libération du peuple noir.
Elle explore les liens idéologiques qui existent entre le pouvoir esclavagiste, le système des classes et la suprématie masculine, et pose la nécessité d’articuler les trois niveaux de contradiction de race, de classe et de sexe dans les luttes de libération. Elle montre comment ces luttes ont porté leurs fruits à chaque fois qu’elles ont été solidaires et qu’elles ont ciblé la double oppression : celle du système et celle du sexe. A. Davis explique notamment comment les féministes blanches ont pu se rallier au mouvement pour l'abolition de l'esclavage, soutien qui rejoignait leur propre lutte contre l’oppression.
Angela Davis est née en 1944 en Alabama. Grande figure du mouvement Noir américain, elle adhère au Parti Communiste vers dix-huit ans et devient membre des Black Panthers en 1967. Militante révolutionnaire, se battant pour l’égalité des noirs et des blancs mais également pour l’émancipation des travailleurs, elle comprend très vite que seule l’unité des mouvements sociaux et politiques entre blancs et noirs, hommes et femmes permettra de combattre la classe dirigeante. C’est cette compréhension qu’elle paiera en étant condamnée à mort en 1972. Une mobilisation d’une ampleur internationale permit sa libération.
Aujourd’hui, elle est toujours militante des luttes sociales et politiques aux États-Unis.
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