16/05/2007
"Gravidanza" d'Antoinette Fouque, préfacé par Alain Touraine - Essais de féminologie II
"Gravidanza" - le second tome des essais de féminologie d'Antoinette Fouque - Préface d'Alain Touraine
Antoinette Fouque est une figure éminente de la lutte des femmes depuis les années 70. Son livre, "Gravidanza", regroupe une série d’essais de « féminologie » qui retracent le combat mené depuis la création du MLF (mouvement de libération des femmes) qui fut à l’origine d’une avancée sociale, culturelle, politique et symbolique.
La grossesse est au centre de la pensée d’Antoinette Fouque. Ses essais de « féminologie » permettent l’émergence d’une nouvelle pensée sur la femme. Elle critique la théorie freudienne de « l’envie de pénis » en affirmant, face à celle-ci, l’existence de l’envie d’utérus, qui se traduit notamment, chez les hommes, par la tentative de maîtriser et de contrôler ce qui leur échappe : l’engendrement, cette expérience unique que la femme découvre dans la grossesse par le biais de ce lieu utérin qui porte la mémoire humaine de la nuit des temps. Ce livre nous propose de revisiter la psychanalyse : il critique l’affirmation d’une libido unique, mâle, qui donne lieu au célèbre postulat de Lacan : « La femme n’existe pas. » Antoinette Fouque affirme que faire un enfant existe, a existé et existera, et rappelle que les femmes, avec une sereine et muette insistance, continuent le mouvement infini de l’humanité.
"Gravidanza" nous permet de percevoir, par le biais d’une analyse historique et conceptuelle, la possibilité de mutation d’une culture à une autre. Antoinette Fouque signe un acte de création et de libération à caractère révolutionnaire pour notre société. Cette voie nouvelle, d’une rare ouverture et modernité, est l’espérance d’un nouveau contrat humain, comme le souligne Alain Touraine dans la préface.
Cofondatrice du MLF, créatrice du groupe « psychanalyse et politique » et des éditions Des femmes, directrice de recherche à Paris VIII et psychanalyste, Antoinette Fouque a été députée au parlement européen (1994-1998). Elle a publié "Il y a deux sexes", premiers essais de féminologie en 1995 (Gallimard, « Le Débat », édition revue et augmentée en 2004).
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"Am See" de Catherine Weinzaepflen
Am See
Catherine Weinzaepflen
Première édition : 1985 (Flammarion)
Office 16/05/2007
Am See est un roman épistolaire : un échange de lettres entre deux personnages, Camille et Dominique. On ne connaîtra jamais ni la nature de leur relation, ni même leur identité sexuelle : le texte, en évitant les accords d’adjectifs ou de participes passés, prendra soin de ne pas lever l’ambiguïté des prénoms choisis.
Les deux personnages essaient de convenir d’un lieu pour se retrouver. Tout au long des lettres seront décrits des maisons, des paysages, des villes : à chaque lettre son lieu, son atmosphère, son charme propre. Mais la rencontre ne se produira pas : les paysages décrits constituent alors l’espace virtuel de la relation entre Camille et Dominique.
Am See, (« Au bord du lac », cliché germanique de la villégiature) est une invitation au voyage, ou plutôt une rêverie autour du voyage : autour de lieux attirants, mais jamais rejoints ; autour d’une rencontre désirée, mais pourtant toujours évitée.
La première version du texte Am See, intitulé La Parole nomade, a été mise en onde sur France Culture en 1980. Am See a été publié pour la première fois en 1985 aux éditions Flammarion.
« Catherine Weinzaepflen cultive la simplicité du style, les phrases courtes, l’économie, le dépouillement. » Josyane Savigneau, Le Monde des livres, samedi 12 janvier 1985.
« L’art et le talent de Catherine Weinzaepflen résident dans son écriture, créatrice d’une atmosphère captivante où tout est suggéré et rien précisé, où les mots coulent comme l’eau (omniprésente dans le livre), s’insinuent, murmurent ou s’enflent et nous tiennent sous le charme. » Michelle Gautheyrou, Le Figaro, 8 mars 1985.
« Seule l’idée de partir et de s’établir ailleurs se dégage avec force dans ces lettres sensibles et oniriques. » Michel Ehrsam, La Croix, 9 février 1985.
« Pas une description qui ne nous émeuve. Nous ne pouvons nous retirer de cette lecture qui nous balade d’un point à l’autre de notre univers intérieur. Quel voyage ! » Jean David, VSD, 1985.
Catherine Weinzaepflen a publié ses premiers livres aux Éditions Des femmes : Isocelles (1977) et La Farnésine, jardins (1978). Romancière et poète, elle est également l’auteure, entre autres, de Portrait et un rêve (Prix France Culture 1983), L’Ampleur du monde, Totem (Flammarion), Ismaëla (Atelier des Brisants), Les Mains dans le jaune absent (Éditions du Scorff). En 2006, elle a reçu le prix Brantôme pour son roman Orpiment (Des femmes-Antoinette Fouque).
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"Accrochages, conflits du visuel" de Jean-Joseph Goux
Accrochages. Conflits du visuel
Jean-Joseph Goux
Office 16/05/2007
Accrochages est un recueil d’articles écrits entre 1989 et 2005. Suivant différents angles d’attaque, mais reliés par le même fil conducteur théorique, ils ont tous pour but d’élucider les conflits du visuel qui ont traversé le siècle qui vient de s’écouler et se prolonge dans celui qui commence. Y est abordée la question de l’image dans sa dimension esthétique, mais aussi politique, philosophique, théologique. L’image au XXe siècle, un siècle explosif : secoué par l’art moderne avec ses défigurations cubistes et ses échappées non-figuratives, décontenancé par la psychanalyse avec ses forages dans la profondeur des images oniriques, bouleversé par la nouveauté des moyens mécaniques de saisie de l’apparence des choses et des êtres (photographie, cinéma), le siècle passé a connu la refonte complète de la visualité gréco-romaine et renaissante. Ces articles s’attachent tous à montrer comment, en quelques décennies, le régime visuel a basculé dans une nouvelle ère.
Jean-Joseph Goux est philosophe et professeur à l’université de Rice (USA). Il a été directeur de programme au Collège International de Philosophie et professeur associé à l’École des Hautes Études en sciences sociales. Il a publié de nombreux ouvrages, parmi lesquels Économie et symbolisme (1973), Les iconoclastes (1978), et Œdipe philosophe (1990). Entre philosophie, économie, psychanalyse et esthétique (littérature et arts plastiques), son travail trace le champ d’une « économie symbolique ».
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